Memphis. -Grandes Pyramides. Dioiile
Vers le côté sud-est du Grand Sphinx de Giseh, il exisie un édifice, tout entier de granit et d'albâtre, qui servait de temple à la divinité ( Hor-em-Khou. Armachis), adorée sous la forme du Sphinx. C'est dans l'une des chambres de ce temple que se trouve un puits à eau qui devait servir aux ablutions sacrées, et c'est du fond de ce puits, où elle avait été précipitée à une époque inconnue, que nous avons retiré la statue de Chéphren.
Les inscriptions gravées sur le socle ne laissent, en effet, aucun doute sur l'identification de ce monument, qui représente 5(?/««/>'«, ou Chéphren, le fondateur de la deuxième Pyramide.
Le roi est représenté assis, dans l'attitude des lois religieuses de l'Egypte; deri-ière sa tête est debout un épervier, les ailes ouvertes, en signe de protection; le roi a la main gauche étendue sur la jambe ; la main droite tient une bandelette plovée. On remarquera les détails du siège. Les bras
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se terminent par des tètes de lion. Sur les côtés sont fifrurées en relief épais les tiges des deux plantes qui désignent la Haute et la Basse-Egypte, enroulées autour du caractère sa>n, symbole de réunion.
L'ensemble de cette statue est empreint d'une certaine majesté tranquille (}ui charme et qui étonne. La tète, d'une ainservation incroyable, doit être le portrait du roi dans son âge mùr. Les épaules, les pectoraux, les genoux surtout trahissent un ciseau puissant que la difllcultéde la matière n'a pas rebutté. Plus qu'à aucune autre époque peut-être, la nature a été observée et rendue. Au milieu de tant d'admirables statues de l'Ancien-Empire que possède le Musée, notre Chéphren, comme œuvre d'art, n'occupe sans doute pas le premier rang; mais que l'art égyptien ait déjà pu, il y a soixante siècles, produire une statue qui, sans être absolument un chef-d'œuvre, dépasse cependant le niveau ordinaire de la sculpture égyptienne; que cette même statue, à travers tant de siècles et tent de causes de destruction, soit venue jusqu'à nous à peu près intacte, c'est là un fait dont se réjouiront tous les amis des études archéologiques. Je n'ai pas besoin d'ajouter que la découverte de la statue de Chéphren sera une révélation pour ceux qui, encore aujourd'hui, nient obstinément les résultats de Cliampollion et accusent les fondateurs des Pyramides de n'avoir pas même connu l'écriture.
Huit autres statues, toutes gravées au nom de Créphren, ont été trouvées avec la précédente dans le même temple du Grand Sphinx. L'une d'entre elles, quoique déjà très-mutilée, a pu être exposée dans la Salle de l'Est, où on la trouvera (n" 792); les autres n'existent plus qu'en débris plus ou moins méconnaissables.
L'époque de Chéphren correspondant au troisième règne de la IV* dynastie de Manéthon, notre statue n'aurait pas moins de six mille ans. Après les dévelopi)ements que j'ai cru devoir consacrer à la chronologie égyptienne dans V Avant-propos, on voit avec quelle réserve je présente ce chiffre.