Memphis. -Grandes-Pyramides
Hauteur 0 70
A en juger par sa forme, cette pierre -a fait partie de quelque mur dans lequel elle a du être primitivement encastrée. Elle provient, en effet, d'un édifice dont nous avons retrouvé les ruines au ))ied de la plus méridionale des trois petites [)yramides qui bordent la grande, du côté de l'est.
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Le monument porte des inscriptions sur la face principale et sur la partie supérieure du socle qui fait retour en avant. La première de ses inscriptions est d'une excellente conservation, quoique d'un t^tylo médiocre ; l'autre ne laisse plus voir que quelques signes auxquels il est impossible de donner un sens.
La face principale ressemble à un naos qui aurait perdu sa corniche. Sur la bande plate qui lui sert d'encadrement est une inscription au nom de Cliéops vivant (nom et bannière). Le vivant Ilonis, le , i^oi de la Haute et de la Basse- Egypte, Khoufou, vivant, dit le texte gravé sur la tranche droite, a déblayé le temple d'isis, rectrice de la Pyramide (située) à l'endroit où est le Sphinx, à la face nordouest du temple d'Osiris , seigneur de Kosqtou. Il a bâti sa Pyramide là où est le temple de cette déesse, et il a (aussi) bâti la Pyramide de la princesse Hentsen là où est ce temple. On lit sur la tranche gauche : Le
vivant Horus, le , le roi de la Haute-Egypte et de
la Basse Egypte,, Khoufou vivant, a fait (ceci) à sa mère Isis, la divine mère (qui est Hathor, rectrice des memnonia, ayant prescrit de le faire (graver) sur une stèle. Et il leur a t^enouvelé (les fondations) des divines offrandes, et leur a bâti son temple en pierre, et 2f.ne seconde fois il a aussi restauré les dieux (de ce temple) dans son sanctuaire.
Les statues de ces dieux sont, en effet, représentées au registre principal. Elles sont en assez grand nombre ; on y remarque le dieu générateur, les deux chacals Horus, Thoth, Isis sous plusieurs formes, fs^ephthys, Selk, Horus vengeur de son père, Harpocrate, Phtah, Pascht, Osiris, Apis ; près de ces dieux, l'emblème de Nefer-Toum, qu'on portait dans les grandes processions sacrées, est couché sur un autel, suivi d'un urœus à tête humaine.
Un court renseignement placé après le nom de chacune de ces statues ajoute à l'intérêt de notre monument, On y voit, par exemple, que la statue du dieu générateur avait une coudée et une palme de hauteur, et que le socle en était doré ; que l'épervier d'Horus, l'ibis de Thoth étaient en bois doré ; que la barque trois fois belle d'isis était aussi en bois doré avec inscrustations de pierres ; que la statue de risis principale était d'or et d'argent ; ([ue la statue de Nephthys était de bronze doré, et avait trois palmes de hauteur ; que celle d'Horus, vengeur de son père, était de bois avec
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des yeux travaillés en pierre (tradition d'art conforme à ce que nous observons sur quelques statues de l'Ancien-Empire) ; que Pascht était en bronze, etc., etc. Un renseignement d'un autre genre accompagne l'image du colossal monument, connu sous le nom de Grand Sphinx de Giseh. Le lieu du Sphinx de Hor-em-Khou (Armachis), dit la légende, est au sud du temple d'Isis, rectrice de la Pyramide fce même temple dont il est parlé plus haut), et au nord fdu temple) d'Osiris, seigneur de Rosatou. Les peintures du dieu de Hor-em-Khou sont conformes aux prescriptions.
J'ai à peine besoin de faire ressortir l'importance exceptionnelle des faits que nous révèle le monument des Pyramides. Que la pierre soit contemporaine de Chéops ( ce dont il est permis de douter), ou qu'elle appartienne à un âge postérieur, il n'en est pas moins certain que Chéops restaura un temple déjà existant, lui assura des revenus en offrandes sacrées et renouvela le personnel des statues d'or, d'argent, de bronze et de bois qui en ornaient le sanctuaire. Nous voyons par là qu'à cette époque si prodigieusement reculée, la civilisation égyptienne brillait déjà du plus vif éclat.
Il n'est pas inutile d'ajouter que le Grand Sphinx des Pyramides, après avoir été attribué à Thoutmès lY, puis à Chéphren, est ici cité comme antérieur à Chéops lui-même, puisqu'il figure comme un des monuments que ce prince aurait restaurés.