‹ Notice des principaux monuments exposés dans les galeries provisoires du Musée d'antiquitiés égyptiennes de S. A. le Khedive á BoulaqChapitre 306 sur 337 · Grand Temple. Grès rouge · texte numérisé non relu

Grand Temple. Grès rouge

Hauteur totale. 1 02.

Profondeur, 1 88.

Largeur , 2 68.

Naos en forme de sarcophage voûté. Il est gravé sur toutes les faces, en dedans et en dehors, de belles légendes au nom

Ajypendice-T ASis, 15-10.

de Ramsès II, et dédié au dieu Soleil sous ses formes principales. On devait, à certaines fôtes, enfermer dans ce naos quelque emblème sacré devant lequel les prêtres venaient accomplir des cérémonies.

Les monolithes de ce genre ne sont pas rares. Le Musée du Louvre en poss(\lo deux. Edfou en a donné un au Musée de Boulaq de proportions colossales (voy. Appendice, Edfou). Les plus célèbres sont la chambre verte vue par .\bd-el-Latyf au XIII" Siècle de notr«; ère dans les ruines de Mempliis, et l'immense monolithe de Sais qui ne pesait pas moins de 484,000 kilog. « Ce que j'admire encore davantage à Sais, dit Hérodote, « c'est un édifice d'une seule pierre qu'Amans fit apporter « d'Eléphantine. Deux mille hommes , tous bateliers , furent « occupés pendant trois ans à ce transport, »

16, — Grand Temple. Granit rose. ^

Hauteur, 2 18.

Largeur, 1 38.

Grande et belle stèle, célèbre dans la science parla date inusitée qui y est gravée.

Ramsès II , casqué et vêtu de sa longue robe de cérémonie, se présente devant Sutekh, le dieu national des Hycsos. Derrière lui s'avance le gouverneur de la province dont Tanis fait partie.

Le premier fait l'offrande du vin au dieu étranger, et en même temps il se fait reconnaître par lui pour le légitime descendant des souverains qui depuis Menés, son premier ancêtre, jusqu'à Sôti, son propre père, ont gouverné l'Egypte. Quant au second, il annonce, par la date extraordinaire qui donne à la stèle de San un si vif intérêt . son arrivée à Tanis pour présider à la fête ordonée par Ramsès. L'an 400, et le 'imésori du roi Noubti, dit-il, est venu à Tanis le noble, le général de cavalene, le gouverneur de la foi'teresse de Tsor, pour dire : Salut à toi, à Sutekh, fils àeNout! etc., etc.

L'intérêt de la stèle est en effet dans la date que nous venons de rapporter. Cette date n'est pas égyptienne, elle est égypto-

Appendke-T.K N is . 1 G- 1 9 .

asiatique, comme les habitants eux-mêmes de Tanis. Quatre cents ans auparavant, un roi pasteur, le Noubti de notre stôle, avait doté les Hyesos d'un calendrier régulier, calqué sur l'année sacrée des Egyptiens, C'est à ce calendfier que la date du monument de San est empruntée, ce qui prouve une autre fois que, sous Ramses II, le Basse-Egypte nourrissait un fond de populations étrangères auxquelles la civilisation égyptienne n'avait pas enlevé leur complète autonomie. N'oublions pas que, parmi ces populations , vivaient , confondus avec les descendants des Hycsos , ces mêmes Israélites que , quelques années plus tard, Moïse devait entraîner à sa suite , et qui , eux aussi, avaient conservé sans doute une partie de leurs institutions nationales.

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