Memphis.-Saqqarah (sérapéum). Bronze
Hauteur 0 16
' Un très-joli groupe représentant Osiris assisté de ces deux sœurs, Isis et Nephtliys.
Originairement Osiris est le soleil nocturne ; il est la nuit primordiale ; il précède la lumière ; il est par conséquent antérieur à Ea, le soleil diurne.
De ce rôle principal découlent une multitude d'allégories qui se groupent autour d'Osiris, et font de ce personnage un des types divins les plus curieux à étudier,
La vie de l'homme a été assimilée par les Egyptiens à la
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course du soleil au-dessus de nos tètes ; le soleil qui se couche et disparaît à l'horizon occidental est l'image de sa mort. A peine le moment suprême est-il arrivé, qu'Osiris ^'empare de l'âme qu'il est chargé de conduire à la lumière éternelle. Osiris, dit-on, étaitautreibis descendu sur la terre. Être bon par excellence , il avait adouci les mœurs des hommes par la persuasion et la bienfaisance. Mais il avait succombé sous les embûches de Typhon , son frère , le génie du mal , et pendant que ses deux sœurs , Isis et Nephthys , recueillaient son corps qui avait été jeté dans le fleuve , le dieu ressuscitait d'entre les morts et apparaissait à son flls Horus , qu'il instituait son vengeur, (''est ce sacrifice qu'il avait autrefois accompli en faveur des hommes qu'Osiris renouvelle ici en faveur de l'âme dégagée de ses liens terrestres. Non-seulement il devient son guide, mais il s'identifie à elle, il l'absorbe en son propre sein. C'est lui alors qui, deven.u le défunt lui-même, se soumet à toutes les épreuves que celuici doit subir avant d'être proclamé juste ; c'est lui qui , à chaque âme qu'il doit sauver, fléchit les gardiens des demeures infernales et combat les monstres compagnons de la nuit et de la mort ; c'est lui enfin qui , vainqueur des ténèbres , avec l'assistance d'Horus, s'assied au tribunal de la suprême justice et ouvre à l'âme déclarée pure les portes du séjour éternel. L'image de la mort aura été empruntée au soleil qui disparaît à l'horizon du soir : le soleil resplendissant du matin sera le symbole de cette seconde naisssance à une vie qui , cette fois, ne connaîtra pas la mort.
, Osiris est donc le principe du bien. « Osiris, dit Plutarque, » aime à faire du bien , et son nom , entre plusieurs accep- » tiens, exprime , dit-on , une qualité active et bienfaisante. * Le second nom qu'on donne à ce dieu est celui à'OmpMs
» {Oun-nefer), qui signifie bienfaisant Isis, dit encore
» Plutarque , a un amour inné i>our le bon principe ; elle le » désire ; elle s'offre à lui pour qu'il la féconde. » Osiris, roi des enfers , n'est donc pas le vengeur des fautes ; au contraire, chargé de sauver les âmes de la mort définitive, il est l'intermédiaire entre l'homme et Dieu , il est le type et le sauveur de l'homme.
La division de l'Egypte en nomes ou provinces a pour base sa division antérieure en districts religieux. Chaque nome reconnaissait en effet un dieu qui n'était pas le protecteur des nomes voisins , tandis que chaque ville accueil-
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lait à son tour une divinité à laquelle elle rendait plus particulièrement ses hommages. C'est ainsi qu'Osiris est, dès la plus haute antiquité , le dieu local d'Abydos. Osiris dut pourtant à son caractère propre de ne pas rester cantonné dans le district qui , à une époque inconnue , lui avait été assigné. « Tous les Egyptiens , dit Hérodote , n'ado- » rent pas les mêmes dieux ; ils ne rendent tous le même » culte qu'à Osiris et à Isis. » Ce passage est à remarquer pour sa netteté. Tlièbes, Memphis, Elephantine, reconnaîtront séparément Ammon , Phtah , Chnouphis , pour les représentants de l'être invisible , et de nomes en nomes les dieux égyptiens se succéderont dans une perpétuelle révolution. Mais Osiris protecteur des âmes sera de la Méditerranée aux cataractes le dieu de tous les Egyptiens.