‹ Notice des statues, bustes, bas-reliefs et autres ouvrages de sculpture de la Renaissance et des temps modernesChapitre 33 sur 79 · Tête d’un ange dont le corps a disparu · texte numérisé non relu

Tête d’un ange dont le corps a disparu

Haut. 0,23. — Pierre. — Fig. de gr. nat.

NOTICE

Même provenance que la sculpture précédente. Gala'. Ms.^ même n^

79. Père de TÉglise debout, tenant de la inain gauche un livre ouvert. La main droite et la majeure partie de la tête manquent.

Haut. 0,40, y compris le socle. — Fig. 1/4 de nat.

Statue en terre cuite, donnée en 1844, par M. Victor Chambaud, conservateur du Musée-Calvet. Catal. Ms., n“119 A.

PÉRU (Attribué à Jean-Baptiste II).

80. Groupe de trois femmes presque entièrement nues, debout sur une estrade et adossées à une tribune courbe.

Celle du milieu est sur un gradin plus élevé ; elle a perdu sa tête et une partie de ses bras. Il en est de même de celle de gauche. Il ne reste de celle de droite que les deux pieds, qui suffisent à caractériser une femme et dont un est posé sur le gradin du milieu.

Sur ce gradin, on lit la date i76i, et au-dessous, sur la tranche de l’estrade, le vers suivant :

« Non alibi riupsere Deæ felicius urnquam. »

Il serait difficile de faire l’application de ce commentaire épigraphique au groupe de trois personnages féminins que nous avons sous les yeux, à moins de supposer qu’il se rapporte à l’alliance conclue en 1761 entre la France et l’Espagne et connue sous le nom de Pacte de famille. On sait que le roi des Deux-Siciles, qu’on avait voulu comprendre dans ce pacte bourbonnien, n’y adhéra jamais. Il n’y avait donc, à vrai dire, que

DES SÎAtUËS, B ESTES J ETC.

deux parties contractantes. La figure du milieu représenterait alors, suivant l'opinion probable de M. J. Richard, sous-bibliothécaire du Musée- Calvet, la Concorde unissant la France et l’Espagne personnifiées par les deux autres figures.

Groupe en terre cuite.

Haut, des figures mutilées 0,125 à 0,135.

Haut, totale du monument 0,18 ; larg. 0,22.

Ce petit monument, légué en 1872, par M. Augustin Boudin et attribué à Bernus, ne saurait être de ce sculpteur comtadin mort depuis 1728; il est probablement l’œuvre de Jean-Baptiste II Péru.

PÉRU (Michel), chef d’une grande famille de scuip» leurs avignonais, originaires d’Italie, né en Lorraine, venu^de bonne heure à Avignon, où il se maria en 1641 et se rendit célèbre par d’excellents ouvrages de sculpture (1).

81 . Tombeau de Gaspard de Simiane de la Cosle, abbé d"Aucb}G vicaire général du prince et cardi-

(l) Tels sont les renseignements fournis par la Généalogie de la maison Péru, que Galvet a insérée dans le tome V de ses manuscrits autographes, fol. 362 et suiv. C’est aussi sur la foi du môme savant auteur, qui par ses relations avec la famille Péru était en mesure d’être bien informé, que nous attribuons le monument funéraire ci-après décrit à Michel Péru. Nous devons toutefois faire observer que ce sculpteur, marié en 16il, ne pouvait guère être âgé de moins de 75 ans à la mort de Gaspard de Simiane, et il est dès lors permis de conjecturer que, s’il est l’auteur de la composition, il a dû se faire aider, pour l’exécution d’un travail aussi important, de ses deux fils Jean et Pierre, tous deux héritiers du talent de leur père, ainsi que l'atteste Calvet {Ibid ).

NOTICE

nal de Bouillon, abbé de Cluny, et recteur du monastère de St-Martial d’Avignon, mort le 4 septembre 1686 (H.

Sculpture sur pierre, en haut relief, avec des figures de grandeur naturelle.

11 se compose d'une grande draperie soutenue par deux anges et sur laquelle est gravée l’inscription suivante :

Rev^ in Ghristo Pater D.

Gaspar d [SimiJane d la Coste

Abbas d’A|vchy] Seren. Principis

AC EmINEN[t, (iAR]DIN, BVLLIONII,

Electi Glvniag [enJsivm Abbatis

ViCARIVS GENER ALIS, HVIVSCE

Monasterii Gollegii Pr0gvrator ET Rector. Post restitvtam in eo

PRIMITIVAM ORDINIS OBSERVANTIAM

' SVARVMQVE VIRTVTVM EXEMPLIS ROBORATAM, POST AMPLIATOS REDDITVS

Temporales, Altare maivs erexit,

ET HVNG TVMVLYM IN QVO CVM MOERORE

Fkatrvm CONDITVS REQVIEVIT DIE Q vaut A SEPTEMBRIS ANNI M.DC.LXXXVI.

Immédiatement ou dessous, l’ange du jugement sonne de la trompette et appelle les morts devant leur dernier Juge, comme l’explique l’inscription du phylactère qu’il tient de la main gauche.

Dans le bas, deux anges sont occupés à soulever les couvercles des tombeaux.

îja base du monument manque, aussi bien que le sarcophage, sur lequel devait être couchée la

(1) Oraison funèbre de Gaspard de Simiane, par le R. P- Paul, a été publiée à Lyon, chez Thomas Amaulry (1687), in-4° de 47 pages.

DES STATUES, BUSTES, ETC

statue de Gaspard de Simiane. Cette partie du monument a péri, et le reste, affreusement mutilé et composé de fragments rapprochés, témoigne de la fureur aveugle des iconoclastes révolutionnaires. Une pareille destruction doit d’autant plus exciter nos regrets que le monument ainsi maltraité était un de ceux qui faisaient le plus d’honneur à notre cité et au talent d’un grand sculpteur du pays. M. Calvel, qui l’avait vu intact, le cite parmi les œuvres remarquables de la famille Péru qu’on voyait à Avignon : « Le mausolée de l’abbé de la Cosle-Simiane, élevé dans l’église de Saint-Martial, vers l'an 1686, n’était qu’en pierre de Pernes, dit-il, mais plusieurs maîtres ont prononcé qu’au marbre prés, il le disputait au tombeau du cardinal de Richelieu, en Sorbonne. » (Mss. autog. t. V, f 364). Il confirme ailleurs ce même jugement et ajoute : « Tout le feu, toute la force du génie de l’auteur s’étaient développés dans cette composition. On y voyait en haut un ange sonnant de la trompette, avec ces mots sur un cartouche volant :

SURGITE MORTVI ET VENITE AD JVDIGIVM, Ct, aU-

dessous, l’abbé de la Coste couché sur le tombeau, dans une attitude décente et noble, qui levait la tête, épouvanté. Cette heureuse idée, dont l’exécution était admirable, avait un effet piquant et terrible, qui inspirait une sorte d’effroi aux spectateurs. Ce chef-d’œuvre n’est plus ; on l’attrilDue à Michel Péru, qui était un des premiers hommes de son siècle pour l’architectecture et pour la sculpture. » {Ibid. f. 379).

Les débris de ce tombeau ont été donnés par la mairie d’Avignon au moment même de la découverte. Depuis la mutilation qu’il avait subie, le monument funéraire, ainsi que l’arcade à plein cintre qui l’encadrait, était resté masqué par un mur de moellons ; il fut remis au jour en 1869, lors de l’ouverture que l’on fit d’une porte dans le mur méridional de la nef de Saint- Martial, pour la faire communiquer avec le non-

NOTICE

veau cabinet des instruments de physique et de chimie. Cinq ans plus tard, l’administration du Musée-Calvet, voulant rétablir de son mieux le tombeau, lit exécuter des fouilles sous le plancher actuel de l’église de Saint-Martial, qui sert aux cours publics de la ville. Mais les excavations, poussées avec soin jusqu’à l’ancien sol de la nef, ne rendirent que quelques fragments de sculpture, mêlés avec toutes sortes de ruines et plus ou moins altérés par Thumidité. Tout ce qui, après un minutieux examen, avait été reconnu appartenir à l’œuvre de Péru fut utilisé pour la restauration, qui eut lieu dans la galerie lapidaire du Moyen-Age et de la Renaissance.

La statue et le corps de Gaspard de Simiane ne furent pas retrouvés. Mais ce qui restait du monument a permis à M. Gayet, maître maçon chargé des fouilles, de dresser un croquis de l’ensemble. Le monument, autrefois accosté de deux colonnes dont les fouilles n’ont mis à découvert que la place de la base, mesurait en hauteur 4,60, dont 1,30 en contrebas du plancher actuel. La restauration faite au Musée-Calvet par le même maître maçon ne comprend que la partie supérieure, qui a 3,30 de hauteur et 1,96 de largeur

PRADIER (James), élève de Lemot, né à Genève le 23 mai 1792, mort à Bougival, le 4 juin 1852.

82. Gassandre tombant contre l’autel de Minerve^ après avoir subi les violences d’Ajax.

Statue colossale en marbre, signée : J. PRADIER MDGCCXLIII.

Haut. 1,15, y compris une base adhérente de 0,12. Fixposée au Salon de 1843, cette statue a été donnée par l’Etal, la même année.

DES STATUES, BUSTES, ETC

PUGET (Pierre), peintre, sculpteur et architecte, élève de Pierre de Cortone, né à Marseille, en 162?, mort en 1694.

85. Tète de Vitellius, en marbre de Carrare, d’après l’antique.

Haut. 0,32, y compris un socle adhérent. — Fig. 3/4 de nat.

Provient de Calvet, qui par erreur la désigne sous le nom de Vespasien. (Mss. t. III, f. 220). L’abbé Dejean, dans son catalogue Ms. p. 61, ir 42, a substitué avec raison le nom de Vitellius, dont on ne saurait méconnaître les traits dans cette belle œuvre du sculpteur marseillais.

PUGET (Pierre). — Voyez DESPREZ (Louis).

PUGET (Attribué à Pierre).

84. Tête d’un jeune homme, en marbre, ceinte d’une bandelette.

Haut, totale 0,32, y compris le piédouche. — Fig. 3/4 de nat.

Provient de Calvet, qui la d^5signe en ces termes : « Tête inconnue, ornée d’un diadème. » (Mss., t. III, f. 220).

PUGET (Attribué à Pierre).

85. Saint Pierre debout, lurgement drapé et portant les clefs.

Statue colossale en pierre, d’un travail remarqua* quable, mais très mutilée et sans tête.

Haut. 1,75.

NOTICE

Provient de la Métropole d’Avignon et a été donné par la Fabrique de cette église, en 1836. — Gat. Ms. n° 119 B.

PUGET (Attribué à Pierre).

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