DONT LES NOMS SONT CONNUS
BORDE (André), sculpteur de la première moitié du XVU siècle, que nous avons tout lieu de croire avignonais. II résulte en effet de plusieurs notes, en partie inédites, qui nous ont été obligeamment communiquées par M. Paul Achard, ancien archiviste du département (1), qu’il existait, à Avignon, un siècle plus tard, un sculpteur appelé Jean-André Borde qui, de 1628 à 1643, avait exécuté pour la ville d’Avignon divers travaux de sculpture, notamment une statue de saint Agricol et une autre de Notre- Dame. Cet artiste, dont M. Achard place la mort entre l’année 1665, où il jouissait d’une pension sur l’hôtel de ville, et l’année 1667, où il est question de sa veuve, Marie Orneras, pouvait être, selon nos conjectures, un arrière petil-üls d’André Borde, qui se serait établi dans notre ville, lui et sa postérité.
(1) Notes historiques sur les peintres et les sculpteurs du département de Vaucluse insérées par M. P. Achard, dans son Ânnuairô pour 1865, p. 280 et 281.
DES SCliLPTEURS CONNUS.
s’il n’y était pas né lai-même. C’est du moins ce que permet de supposer la conformité de nom, de prénom, de profession et de lieu de résidence.
Le bas-relief que nous allons décrire, dû au ciseau d’André Borde l’ancien, est plein de mouvement et d’une exécution hardie. îl dénote un sculpteur de l.ilt'Rt, qui méritait mieux que l’oubli où il est tombé depuis plusieurs siècles. La signature de notre basrelief qui aurait pu le faire avantageusement connaître, étant malheureusement fort mutilée, est passée inaperçue jusqu’à ce jour. Nous sommes bien aise de la signaler ici, en appelant sur un artiste ignoré l’attention de ceux qui s’occupent des documents de lart et de l’histoire locale.
105. Combat de cavalerie livré près d’une ville fortifiée, bâtie sur des rochers, d’où descend un cours d’eau qui traverse un moulin.
On remarque dans la mêlée des cavaliers brandissant leur épée, quelques guerriers à pied armés de boucliers ovales, et, dans un char, une Victoire ou une jeune femme qui paraît animer les corn-, battants. Le conducteur du char est sur le point d’en être renversé.
Bas-relief en calcaire compact, un peu fruste, sur la bordure supérieure duquel on lit :
[A]WûR.BORDESCVL[psüanno] MD. XXXV.
Haut. 0,550 ; larg. 1,215; épaisseur 0,230. -- Fig. 1/6 de nat.
Ce bas-relief, qui provient de l’ancienne église des Cordeliers d’Avignon, où il était encastré dans le mur delà chapelle qui renfermait le tombeau du brave Crillon, a été acquis par échange de M. Catet, en 1842. — Catal. Ms. n" 139.