‹ Notice des tableaux, dessins, gravures, statues, objets d'art anciens & modernes, curiosités, etc. composant les collections de la Ville de PoitiersChapitre 12 sur 212 · Antigone conduisant Œdipe aveugle · texte numérisé non relu

Antigone conduisant Œdipe aveugle

T. H. 2,60. — L. 1,80. — (Don de l'État en 1875.)

L'infortuné vieillard, appuyé d'une main sur un long bâton et de l'autre sur l'épaule de sa fille, chemine péni-

blement dans un site sauvage, l'un et l'autre pauvrement vêtus.

C'est 5 cette mise en scène que se rapportent plus particulièrement ces vers de La Harpe :

« Errant de ville en ville, aveugle je maudis » L'aliment nécessaire à ma pénible vie, » Et je l'aurai perdue, hélas! depuis longtemps, » Si ma fille, prenant pitié de mes vieux ans, » N'avait de mamisère accepté le partage. »

Dans cette page, inspirée par les malheurs du roi de Thèbes, Bonnat s'est placé à un autre point de vue que Pajou. La résignation de la victime principale, et le dévouement absolu d'Antigone guidant les pas de son malheureux père, c'est là une piquante élégie traitée d'une manière éminemment réaliste et formant le contraste le plus complet avec la recherche et le fini de la toile de Pajou.

Fig. grandeur naturelle.

Cette toile a figuré au Salon de 1865. (Est signée: Bonnat.)

BOUCHER (François), peintre, graveur et sculpteur, né à Paris en 1704, mort dans la même ville le 30 mai

Boucher, fils d'un dessinateur de broderies, fut élève de Lemoine pendant quelques mois, puis il alla demeurer chez le père de L. Cars, le graveur pour lequel il composa un certain nombre de dessins qui furent reproduits par la gravure. Boucher a été un des artistes du xvni« siècle les plus favorisés par la fortune. Sa réputation, surfaite de son vivant, tomba après samort, mais aujourd'hui cette réputation, si discréditée par ses envieuT, a. repris le rang honorable qu'elle a toujours mérité. Boucher a été un peintre agréable et gracieux, d'un caractère .aimable et désintéressé, doué ■ d'une imagination féconde, d'une facilité d'exécution extraordinaire. Il a produit un nombre considérable d'œuvres qui furent presque toutes reproduites parla gravure.

Il ne put, cependant, obtenir le brevet de pensionnaire du roi pour aller à Rome, mais il obtint son titre

d'académicien le 30 janvier \73h et celui de directeur de l'Académie des Beaux-Arts le 53 août 1765. A la mort de Cari Van Loo, il fut nommé premier peintre du roi aux appointements de 6,000 fr.

10 — 277. La chaste Suzanne.

T. H. 0,70. — L. 0,90. — (Fonds du Musée de 1828.)

« Suzanne, femme de Joakim, fut surprise dans lejar- » din de son habitation à Babylone, au moment où elle » allait prendre un bain vers l'heure de midi, par deux )) vieillards, juges du peuple hébreu, qui s'étaient épris » d'amour pour elle : pour se venger de sa vertueuse » résistance, ils l'accusèrent devant le peuple d'adultère » avec un jeune homme et la firent condamner à mort ; » mais le jeune Daniel déjà rempli de l'esprit de Dieu, >^ confondit ces infâmes accusateurs de mensonge et le » sang innocent fut sauvé. » Daniel, chap. xiii.

Suzanne est nue et assise sur le bord d'uti bassin dans lequel elle s'apprête à descendre, les deux vieillards qui l'ont surprise sont placés de chaque côté «l'elle, l'un à droite, l'autre h gauche. Toile d'un coloris harmonieux et frais, d'une touche habile. Signé : 1^. Boucher, 1740.

Figure \\h grandeur nature.

BR.OUILLET (Pierhe-Aristide-André), artiste poitevin, né à Chcirroux [VieyineJ, le J^^ septembre 1856.

Destiné par sa famille à être ingénieur, il fit ses études au lycée de Poitiers La même année qu'il obtenait son diplôme.de bachelier ès sciences, il était admis à l'Ecole Centrale des Arts et Manufactures où il resta trois ans. Entraîné par son goût pour la peinture, il entra dans l'atelier de Gérôme" à l'Ecole des Beaux-Arts, eusuite il fut dans celui de Jean-Paul Laurens

Il débuta an Salon de 1^79 ]^{iv un portrait : en 1880, il exposa un A'ccc homo ; en 1881, il envoya un portrait de femme, puis une grande toile représentant la Violation dutombeaa de V évèqiic cV U rgel , quiobtint dujury une mention honorable et fut achetée i)ar l'Etat ; en 188!J, il exi)osa un grand tableau, les Femmes de Paris allant demander diz pain à Versailles (5 octobre 1789), et le portrait en pied de jyjme g p . i883j il euyoya encore un portrait et un&

grande toile, intitulée : Au chantier, qui fut achetée par l'Etat. Cette dernière œuvre et la violation du tombeau de l'évêque d'Urgel, l'une et l'autre données au Musée de Poitiers par l'Etat, ont eu l'honneur d'être admises à l'exposition triennale nationale de 1883; en outre de cela, cet artiste a produit un certain nombre de toiles de moindre importance qui ont liguré à des expositionspubliques des Beaux-Arts.

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