‹ Notice des tableaux, dessins, gravures, statues, objets d'art anciens & modernes, curiosités, etc. composant les collections de la Ville de PoitiersChapitre 5 sur 212 · MUSÉE D'ARCHÉOLOGIE & DES BEAIX ARTS · texte numérisé non relu

MUSÉE D'ARCHÉOLOGIE & DES BEAIX ARTS

Origine, Accroissements successifs , Donateurs Conservateurs des Collections de la Ville.

FONDATION DU WUSÉE

Le bénédictin dom Mazet, bibliothécaire de Poitiers, avait collectionné, dès le début de ce siècle, un certain nombre d'objets d'art lui appartenant, qui furent achetés par la ville en 1817, grâce à l'insistance de J'abbé Gibault, son successeur. Ce dernier ne cessa, jusqu'à sa retraite, •en 1832, d'augmenter cette collection soit par des acquisitions, soit en faisant opérer des fouilles, soit en provoquant des dons en sa faveur. C'est donc du premier tiers seulement de notre siècle que date réellement le groupement d'un premier contingent qui occupa, un peu dispersé et imparfaitement installé, trois salles à l'Ecole de Droit, et diverses pièces de l'ancienne Mairie, jusqu'en 1877, époque à laquelle les salles du Musée du nouvel Hôtel-de- Ville étant prêtes, on put enfin y réunir et y installer tout ce qui avait été collectionné jusqu'à ce jour.

De 1817 à 1832, l abbé Gibault étant conservateur du Musée, les collections se composèrent de 12 tableaux et de quelques gravures, d'inscriptions antiques et du moyen âge, de l'autel gallo-romain de Bapteresse, des tombeaux de saint Hilaire, des débris provenant des fouilles d'Andillé, de statuettes égyptiennes en émail, du bas relief de saint Hilaire et sainte Triaise, des précieux bas-reliefs du château de Bonnivet, de la belle statue de marbre de Jeanne de Vivonne, provenant de l'éghse des Cordeliers et qui figura un instant au Musée des Petits-AugusUns à

Paris, d'une foule de menus débris de céramique, d'arme& variées de l'âge de la pierre, du bronze, du fer, gaulois,, romain, mérovingien et du moyen âge, et surtout des meubles d'art, armoires de boule, buffets d'ébène sculptés,, console Louis XIV, tables Louis XIII, enfin des débuts de la collection de médailles.

Les principaux donateurs de cette période furent : l'abbé Gibault, Fabbé Pestre, MM. Mauduyt, Pontois, le ch. Moreau, de Monsabré, Montaubry, Laurendeau, Lesourd-Vaillant et Moître.

De 1833 à 1838, M. Mazure étant conservateur, les collections furent augmentées d'une tombe mérovingienne, d'une arquebuse à rouet, d'ivoires sculptés, d'inscriptions, d'anneaux et de clefs antiques, de fragments de mosaïque romaine et de fresques, d'armes, d'objets d'Orient et de peuplades sauvages, d une cartouchièreen fer repoussé.

Les principaux donateurs furent : MM. Thibaudeau,. de Béchillon, Doussaint de Lys, de Theil, de Vareilles et Gué.

De 1838 à 1864, M. Mauduyt étant conservateur, on constata, en 1843, que le Musée possédait '■26 tableaux,, dons de l'Etat ou de particuliers. Une partie de ces toiles dataient du précédent exercice. Ces collections s'accrurent de statues et cippes antiques, de bas-reliefs du moyenâge, de plusieurs tableaux, d'armes préhistoriques, du moyen âge, des îles de l'Océanie et de l'Algérie, d'une statuette, de montres anciennes, de débris de céramique romaine, du moyen âge, moderne et d'une collection céramique du Musée Gampana, don de l'Etat, plus de cinq tableaux de la même provenance.

Les principaux donateurs furent: l'Etat, MM. de Chièvres, Mauduyt père, le Tourneur, Bonsergent, Roblin, de Curzon, Moître, Roy, A. Brouillet, Dhomé, Servant, Dupré, Servant-Moreau, Saint-Evre, Lecointre, Surènes, de Vézien, Laurendeau, Thiphonneau, de Mascureau.

De 1864 à 1872, M. Guilteau étant conservateur, les col-

Jections reçurent des silex taillés de Saint-Acheul, des brèches à silex et ossements des Aizyes, 20 tableaux, une l éduction en liège de l'église de la Madeleine, des cachets en pierre gravés, une meule romaine, des fragments de céramique, 14 saints sur fond^ d'or provenant d'un rétable italo-bizantin , des portraits divers , des cuivres émaillés, une statuette en ivoire, des bas-reliefs du moyen âge, des balles d3 fer, des médailles et des vitraux. La collection de tableaux avait atteint, en 1872, le chiffre de 80 toiles.

Les principaux donateurs furent: l'Etat, MM. Lartet et Christy, Boucher de Perthes, Ghantran, de Netlancourt, Durand du Pessau, Hastron, Barbarin, Wittoz, Despoïs et Girault.

De 1872 à 1881, M. de Longuemar étant conservateur, le Musée s'accrut du grand legs Charbonnel, d'environ 500 pièces, comprenant des tableaux, des armes, une belle collection de céramique, des bronzes, des ivoires, des miniatures, de la ferronnerie, des médailles, des émaux, des vitraux, etc. ; en outre, le Musée a reçu de& sculptures et inscriptions romanes, des tombes historiées, des médailles, des vases romains, des statues en plâtre, en terre cuite, en bois, des moulages de bas-reliefs des monuments d'Egypte, de l'Alhambra, le modelage de la tour de Maubergeon, le tableau du siège de Poitiers en 1569, des gravures et des photographies, des collection& d'armes et objets usuels de l'Océanie, Sénégambie, Algérie, etc., et enfin un grand nombre d'objets d'une importance et d'un intérêt divers.

Les principaux donateurs furent : l'Etat, MM. Charbonnel, de Longuemar, de Curzon, Brouillet Amédée, Brouiliet fils, Lecointre, général Margadel, le colonel Gérard, Servant, Gaudonnet, le P. de la Croix, Mousset, Grillon, Ferrand, Poumailloux, Lacroix, de Rogier, Ch. Barbier, Logé, M"'e Bruyères, Léon Perrault, J.-B. Brunet, Penchaud, Fau, Pervinquière, Perlât, Pellain, de Nettan- -court. Charron, Barroux, Augé, Andreotti, Gomy, Martin, Tabbé DeschâteHiers, Wittoz, Perlât, Coreillier, Mauduyt lils, Pascault, Mirebeau, Rothmann, baron de Girardot,

Fradet, Maréchal, de Marçay, les Dames Hospitalières, Drouault, Augé, l'abbé Dauphin, de Sapinaud, Dubois- Bastien, de Rochebrune, de Touchimbert, La Genest, Métayer, Mallet, Giaot, Lefrançois de Laurencez, Barraut, l'abbé Chabauty, de Groy, Gauthier, Maurice, Belly, Mauflastre, Lucas et Martiiieau.

De 1881 jusqu'à ce jour, M. Brouillet étant conservateur, les collections de la ville ont reçu : un relief en plâtre des montagnes des Vosges, un tableau de M. de Curzon acheté par la ville, un grand buste en plâtre de Oay-Lussac, une statue en plâtre, une collection de 614 objets de l'âge de la pierre trouvés dans les cavernes et les ateliers en plein air du Poitou, une statuette en terre cuite de Glovis, un fragment de fût de colonne romaine, deux sagayes de ia N>'UvelIe-Galédonie, des vases et des carreaux en terre cuite émaillés, provenant de l'abbaye de Charroux, d'un legs de M'"« la marquise de Gircé, six tableaux à l'huile, d'un legs de M. Massé, président de chambre à la Gourde cassation, quatre tableaux à l'huile, d'un legs de M. Babinet de Paris, trente-neuf tableaux à Phuile, trois cent deux dessins originaux de différentes . écoles, deux cent quinze médailles grecques et autres, neuf olDjets divers en bronze, marbre et terre cuite, deux grands tableaux de M. André Brouillet donnés par l'Etat, un portrait en pied du comte d'Herlon, maréchal de France, une vue du vieux Poitiers et un grand paysage de M. Béni-Gruié de Poitiers, et enfin plusieurs autres objets de moindre importance, tels que sculptures sur pierre, ferronnerie, médailles, bustes en plâtre, etc.

Les principaux donateurs sont : la ville, l'Etat, MM. de Longuemar, Brouillet, Gharron, la marquise de Gircé, Massé, Babinet, vicomtesse Hurault de Gondrecourt, Poumailloux, Martin, Lucas, Béni-Gruié

Parmi tous ces bienfaiteurs, deux surtout se distinguent par l'importance de leurs dons ; ce sont : MM. Babinet, dont le legs s'élève à 565 objets, et M. Charbonnel, dont le legs est de 500 objets de toute nature.

Coilections d'objets d'art et d'archéologie

Appartenant à la Ville de Poitiers

Les diverses pièces, statues, bas-reliefs, tableaux et autres objets composant ces collections variées, occupent une partie du grand vestibule de l'Hôtel-de-Ville , la grande Sdlle des antiques, la grande salle du moyen âge et des derniers siècles, l'une et l'autre largement éclairées par les grandes baies de la façade ; enfm les trois salles éclairées en plafond, plus particulièrement réservées aux tableaux et accQssoirement à quelques statues et bustes supportés par des socles.

L'installation des différentes choses qui forment l'ensemble de l'avoir artistique et archéologique de la ville de Poitiers n'étant pas terminée, de nouveaux objets s'ajoutant encore de temps à autre aux diverses séries et obligeant à d'incessants remaniements pour les installer convenablement, nous les passerons en revue dans cet inventaire en les groupant par grandes familles : tableaux, dessins, gravures, statues, bas-reliefs, émaux, céramique, médailles, armes, meubles d'art, etc.

Collection de Tableaux

Conformément aux instructions de la circulaire émanée de la direction des Beaux-Arts, nous mentionnerons les tableaux et dessins en les subdivisant par écoles^ mais avant d'entamer leur description succincte, nous dirons quelques mots de l'origine de cette partie de nos collections et des péripéties qu'elles ont subies à diverses époques.

Le point de départ de la collection de tableaux du- Musée de Poitiers fut la fondation de l'Ecole royale académique de peinture, sculpture et architecture, sous letitre modeste d'Ecole gratuite de dessin. Ce fut grâce à 1 impulsion donnée dans toute la France par Boucher, premier peintre du roi et directeur de l'Académie royale de Paris, que cette fondation eut lieu. Boucher envoya effectivement dans les provinces un certain nombre de ses élèves destinés à devenir les directeurs des Ecoles à établir dans les principaux chefs-lieux ; ce fut Aujolley- Pagès qui reçut la mission de fonder celle de Poitiers en 1774. En 1801, il s'adjoignit son gendre, M. Hivonnait, et deux des fils de ce dernier furent tour à tour directeurs de l'Ecole communale de dessin de cette ville.

Cette fondation avait du reste été provoquée dès l'année 1772 par M. de Blossac, intendant de la générahté,

à qui la cité doit l'un de ses principaux embellissements (la grande promenade dite de Blossac, située à l'extrémité sud de la ville), et ce fut l'abbé Terray, alors ministre d'Etat, qui expédia en 1774 à M. Fallu du Parc, maire de Poitiers, l'autorisation nécessaire, par lettres patentes.

L'année suivante, le même ministre confirmait cette a«torisation en accordant à l'autorité municipale un règlement qui fixait la composition du personnel de ce nouvel établissement (Almanach provincial de 1778).

Ce fut en septembre 1793 que, par suite des confiscations exécutées à cette époque dans les églises et les établissements religieux de Poitiers, l'Ecole de dessin se trouva pourvue de la première collection de tableaux réunie dans les salles de l'hôtel du Puygarreau.

Elle se composait de 113 tableaux de grandes dimensions et de chevalets, offrant principalement à l'étude des sujets de piété.

La loi du l''' mai 1802, et le décret du 28 janvier 1803, qui reçut à Poitiers son exécution au mois de mai, ayant aboli les Ecoles centrales, les tableaux réunis au Puygarreau furent en presque totalité restitués aux établissements et aux divers propriétaires à qui on les avait enlevés.

Une note conservée de M. Hivonnait père et datée de 1828, constate qu'il ne restait plus dans la collection de la ville que neuf toiles.

Une autre note de M. le conseiller Pilotelle, datée de 1843, alors qu'il était un des adjoints du maire de Poitiers, témoigne que le chiffre des tableaux était remonté à 26, auxquels s'étaient adjointes 4 gravures. Ce petit contingent fut transféré partie dans la salle des mariages,

à l'ancien Hôtel-de-Ville , qui était lui-même l'ancien siège et librairie de l'Université de Poitiers au xy"" siècle, et partie dans un cabinet attenant à la Bibliothèque publique, dans les bâtiments de la Faculté de droit.

Aujourd'hui, grâce à de nonibreux dons de l'Etat, des particuliers et à quelques acquisitions faites par les conservateurs, cette partie importante des collections de la ville comprend un grand nombre de tableaux sur toile, sur cuivre, sur bois ; des aquarelles, des dessins, des gravures, etc., que nous allons examiner successivement.

Quant aux sculptures, objets d'art et d'archéologie, nous avons donné plus haut l'origine de ces collections ; il est donc inutile d'y revenir.

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