Œdipe maudissant Polynice
T. H. 2,60. — L. 3,30. — (Prêt du Louvre en 1873.)
Cette scène dramatique, empruntée à la tragédie d'Œdipe à Colonne de Sophocle, peint le moment où Po-^
lynice, chassé à son tour de Thèbes par son frère Etéocle^ implore le pardon de son père.
Œdipe le repousse du geste, et malgré les supplications d'Antigone, sœur de ce lils coupable, lui adresse en malédiction ces paroles :
« Perfide, c'est toi seul, c'est toi qui m'as banni
5> Tu m'as chassé de Thèbes, et les dieux t'ont puni
» Je rends grâce à ce^ mains, qui, dans mon désespoir
» M'ont .l'avance affranchi de l'horreur de te voir (1).
»> J'ai prononcé sur toi, en présence du ciel,
w Les imprécations du courroux paternel ;
« Je les [»rononce encore! ma voix, ma voix funeste,
» Appelle encore sur toi la vengeance céleste ! »
La Harpe, Œdipe à Colonne.
(Signé : Pajou )
PATEL (Pierre), né en Picardie vers 10^0, mort vers^ i616.
D'après une liste manuscrite des maîtres peintres possédée i)ar Mariette, il fut rec-u m;iitre de cette communauté en 1635; |)assa dans les charges en 1650, et fut un des anciens qui, en 1651, signèrent le contrat de jonc- ,tion de l'Académie avec les'maîtres peintres.
On croit que Patel fut élève de Vouet. H fut contemporain de Le Sueur et de Lebrun et travailla avec eux à la décoration de l'hôtel du {)résident Lambert. Il fut aussi employé nu Louvre, ainsi que llonianelli, à l'embellissement des appartements de la reine Anne d'Autriche. Patel fut un imitateur de Claude Lorrain. Sa touche est légère et fière; il se plaisait à introduire des ruines et des monuments dans ses compositions, qui se font remarquer, par une couleur généralement brillante. On prét^^nd qu'il fut tué en duel. Il eut un fils, Pierre Patel, qui fit exactement son genre et avec lequel on le confond souvent.