Adum et Eve auprès du corps d^Abel
A leui*s pieds la victime est étendue sans vie et encore sanglante. Gain s'enfuit chargé de la malédiclion de son père^ Eve, partagée entre la douleur que lui cause la mort de son fils et le sentiment des conséquences de sa faute dans le paradis terrestre, semble vouloir conjurer celte malédiclion.
Toile, haut. 2 m. 80 c., larg. 3 m. 22 c. — Figures
grandeur naturelle. — Signé et daté, Rome 1821.
— Acquis en 1826.
135. La Princesse Ihermutis fille du Pharaon (PEgypte^ présente à son père lejewu enfant quelle vient de trouver exposé dans les eaux du Nil et parmi les roseaux.
Le Pharaon, épouvanlé de l'accroissement du peuple hébreu et des prédictions sinistres de l'un de ses devins, avait ordonné de faire périr au moment de leur naissance tous les enfants mâles des Israélites, et de punir de mort les parents qui tenteraient de les sauver. Aram, père de Moïse et Jocabed, sa mère, après ravoir caché pendant trois mois, craignant enfin d'être découverts et de voir frapper leur famille entière, exposèrent leur fils sur le Nil, dans une corbeille de joncs, et laissèrent près de lui Marie, sa sœur, pour veiller à ce qu'il deviendrait.
Thermutis, fille de Pharaon, allant se baigner dans le fleuve avec ses compagnes, trouva Tenfant, le fit retirer de l'eau, quoiqu'elle le reconnût comme hébreu, et demanda une nourrice. La jeune sœur de Moïse, feignant de se renconter là par hasard, offrit à la princesse de lui procurer une femme Israélite pour allaiter l'enfant. Thermutis, y ayant consenti, Marie alla chercher Jocabed, sa mère, et tous deux suivirent la princesse au palais, sans qu'on sût que Tenfant leur appartint.
Dans le tableau, Thermutis montre le jeune Moïse au Pharaon, et demande sa grâce, en exprimant le désir de l'élever dans le palais. Marie se réjouit déjà en pensant au bonheur de son frère; Jocabed réprime la joie de sa fille, dans la crainte d'être toutes deux reconnues, et attend avec anxiété la résolution du roi à l'égard de son enfant. L'une des deux compagnes de Thermutis présente Moïse, l'au-
tre rapporte les effets qui ont servi au bain de la
princesse. Le fils de Piiaraon (depuis Ramsès V)
ayant un prêtre à sa droite, se tient derrière son
père et semble réfléchir sur cet événement. Ce fut
lui dont l'armée, bien des années après, périt en