Les noces de Cana
H. 6, 66. — L. 9, 90. — T. — Fig. plus gr. quenat
Le Christ et la Vierge, ayant tous deux la tête entourée d'une auréole, sont assis âu centre d'une immense table en fer à cheval, autour de laquelle se pressent un grand nombre de convives. Les nouveaux époux occupent l'extrémité de la table , à gauche. Entre les deux parties en retour, des musiciens forment un concert. Derrière la table , un balcon élevé, garni d'une balustrade, est occupé par des serviteurs qui découpent des viandes ou apportent des mets et des vases ; plus loin et de chaque côté, on aperçoit des portiques d'ordre corinthien garnis de spectateurs, et au fond un campanile.
Gravé par Milelli ; par Jackson. — Filhol, 1. 10, pl, 601. — Landon, L 8, pl. 42, 43, 44 et 45.
Musée Napoléon. — Paul Véronèse a introduit dans cette immense composition les portraits d'un grand nombre de personnages célèbres D'après une tradition écrite, conservée dans le couvent de Saint- Georges, et communiquée à Zanetti, il paraît que l'époux assis à gauche, à l'angle de la table, et à qui un nègre, debout de l'autre côté, présente une coupe, serait don Alphonse d'Avalos, marquis du Guast, et la jeune épouse placée près de lui , Eléonore d'Autriche, reine de France. On remarque un fou derrière elle. François I^r, coiffé d*une façon bizarre, est assis à ses côtés; vient ensuite Marie, reine d'Angleterre, vêtue d'une robe jaune. Soliman I^r, empereur des Turcs, est près d'un prince nègre qui parle à un des serviteurs; plus loin, Victoire Colonna, marquise de Pescaire, tient un cure-dents. A l'angle de la table, l'empereur Charles V, vu de profil, porte la décoration de l'ordre de la Toison-d'Or. Paul Véronèse s'est représenté lui-même avec les plus habiles peintres de Venise, ses contemporains, au milieu du groupe de musiciens qui occupe le devant du tableau. Il est en habit blanc, et joue de la viole : derrière lui, le Tintorel Paccompagne avec un instrument semblable ; de l'autre côté, Titien joue de la basse ; le vieux Bassan joue de la flûte ; enfin, celui qui est debout, vêtu d'une étoffe brochée, et qui tient une coupe remplie de vin, est Benedetlo Caliari, frère de Paul. — Ce tableau, cité par Vasari (dans la vie de Michèle Sammichele) comme une merveille, était placé au fond du réfectoire du couvent de Saint-Georges-Majeur, à Venise.
CALIÂRI.
D'après le contrat conservé dans les archives du couvent, et passé
le 6 juin 1362 , on voit que l'arliste s'engagea à l'exécuter moyennant 324 ducats courants ou d'argent, outre les dépenses de bouche et le don d'un tonneau de vin. La peinture l'ut terminée, suivant les conventions, le 8 septembre 1563. Le ducat d'argent valait alors 6 liy. 4 sous de Venise, environ 3 fr. de noire monnaie, et la somme de 324 ducats correspond à 972 fr., qui, à la puissance actuelle de l'argent, ne représentent pas 6,000 fr. Ce tableau vint en France à la suite des campagnes d'Italie : le gouvernement autrichien , en 1815, consentit, en raison de la difficulté et des dangers du transport, à réchanger contre une peinture de LeBrun, représentant le Repas chez U Pharisien^ gravé par de Poilly.