Prédication de saint Êtienne, à Jérusalem
H. 1, 52. — L. 1, 95. — T. — Fig. de 0, 65.
A gauche, saint Étienne, monté sur un piédestal où l'on remarque un médaillon d'empereur, annonce l'Evangile au milieu de Jérusalem. 11 est entouré des sénateurs de la synagogue, desaffranchis, des Cyrénéens, des Alexandrins, des Ciliciens et de différents peuples de l'Asie qui écoutent sa parole. Dans le fond, la ville et de nombreuses figures. A l'horizon, des montagnes.
Musée Napoléon. — On croit que fartiste s'est peint parmi les spectateurs, sous les traits du personnage ayant un habit bleu, un bonnet violâtre et une longue barbe, à laquelle il porte la main. — Ce tableau , qui vient du Musée de Breraà Milan (voir Beltraffio), faisait partie d'une suite de cinq compositions représentant des sujets empruntés à la légende de saint Etienne, et exécutées à la Scuola de ce saint, à Venise, pendant les années 1511-1520. — Une de ces peintures est au Musée de Brera, l'autre à Berlin.
CARRA.CCI (LoDOVico).
CARRACCI (LoDOvico), peintre, graveur, sculpteur, né à Bologne le 21 avril 15o5, mort dans la même ville le 13 décembre 1619. (École bolonaise.)
Son père, Vincenzo Carracci, boucher à Bologne, le plaça d'abord chez prospero Fonlaiia, qui, prenant la sage lenleur de Lodovico pour un défaut d"intellii,^enoe , l'engagea à renoncer à la peinture. Ayant quitté l'atelier de Fontana, le jeune artiste, que ses camarades avaient surnommé le bœuf, par dérision, passa à Venise, étudia les œuvres des maîtres et fréquenta l'atelier du Tintoret, qui lui donna le même conseil que Fontana. Loin de se décourager, Lodovico redoubla d'efforis et entreprit de nouveaux voyages pour examiner et analyser les ouvrages des artistes célèbres des dilTerentes écoles. A Florence, il entra chez le Passignano et copia les peintures d'Andréa del Sarto, puis il étudia les tableaux du Parmesan et du Coarège, à Parme, et ceux de Jules Romain, à Mantoue. De retour enfin à Bologne, il ne larda pas à être mis au rang des meilleurs artistes, et toutes les villes de la Lombardie voulurent avoir de ses peintures. Il fut appelé à Rome avec Annibale Carracci par le cardinal i arnèse pour décorer son palais; mais, ne pouvant se décider <à quitter sa patrie, il envoya Ag )Stino à sa place, et ne passa quelques jours dans cette ville que lorsqu'Annibal, ayanl terminé son travail , "le pria de venir lui donner ses avis. Lodovico ne se montra pas seulement un artiste au génie élevé, à l'exécution gracieuse, il fut aussi un réformateur. Aidé de ses deux cousins, Annibal et Agostino, dont il avait dirigé les études, il fonda en lo89 une école où l'on opposa à la manière expédilive et libre, si fort en vogue alors dans la Lomt^ardie, l'étude rénéchie de la nature et de l'antique. Son académie compta un nombre considérable d'élèves distingués, et eut la gloire de former des artistes tels que le Dominiquin, Guide, l'Albane, etc.