Saint François d'Assise recevant les stigmates
H. 3, U. - L. 1, 62. - B. - Fig. pet. nat.
Saint François s'étant retiré en 1224, deux ans avant sa mort, sur le mont délia Vernia pour y jeûner quarante jours , vit apparaître pendant ses prières un séraphin
GIOTTO
ayant six ailes lumineuses et enflammées, entre lesquelles il distingua la figure d'un homme qui avait les pieds et les mains étendus et attachés à une croix. Ses ailes étaient disposées de façon que deux s'élevaient au -dessus de sa téte, deux s'étendaient pour voler, et les deux autres lui couvraient tout le corps. En cet instant , les marques des plaies du Sauveur parurent sur les mains et sur les pieds du saint, et son côté droit reçut aussi une cicatrice rouge semblable à celle qui résulterait d'un coup de lance. Giotto a rendu toutes les circonstances de cette légende : le saint est agenouillé à gauche, la vision va s'évanouir, et déjà la croix a disparu. Dans la partie inférieure du tableau, le peintre a représenté trois autres sujets de la vie de saint François :
l*' Vision du pape Innocent III ,
Fig. de 0, 30.
Pendant son sommeil, saint François lui apparaît portant l'habit de son ordre, et soutenant l'église de Saint- Jean-de-Latran, qui tombe en ruines. Saint Pierre, debout à droite, près du lit, inspire au pape de protéger l'ordre des Frères-Mineurs, fondé par saint François.
2** Saint F rançois, suivi de ses douze premiers compagnons, reçoit du pape Innocent III, en 1210, V habit et les statuts de son ordre,
Fig. de 0, 30.
Le pontife, assis à droite, est assisté par Guy, évêque d'Assise, et par le cardinal Jean de Saint-Paul, évèque de Sabine.
3** Saint François parlant à des oiseaux^
Fig. de 0,30.
Les oiseaux écoutent attentivement la prédication de saint François, debout à gauche, accompagné d'un autre
GIOTTO
religieux. Souvent, disent les légendaires, ils chantaien! alternativement avec lui quand il récitait son office, e! se taisaient à son commandement. On lit sur la partit inférieure de la bordure de ce tableau : opus. iocti,
FLORENTINI.
Landon, t. 4, pl. 30 et 31.
Musée Napoléon. — « Ayant terminé ce saint François (à Assise), i revint à Florence , où , à peine arrivé , il peignit avec un soin extrême pour l'envoyer à Pise, un tableau représentant saint François au milieu des affreux rochers de la Vernia. En effet, outre un paysagf rempli d'arbres et de rochers, choses nouvelles pour l'époque, oi remarque, dans l'attitude expressive de saint François agenouillé, re cevantles stigmates, un ardentdésirde les recevoir, etun amour infin pour Jésus-Christ qui, apparaissant dans le ciel entouré de séraphins exauce les prières du saint. Sa ferveur est si bien exprimée, qu'or ne peut rien imaginer de mieux. Au-dessous du même tableau s< trouvent trois sujets tirés de la vie du même saint François. C( tableau, qu'on voit aujourd'hui à Saint-François de Pise, sur unpiliei voisin du maitre-autel , est tenu en grande vénération comme ouvrag( d'un si grand homme, et fut cause que les Pisans, qui venaient d(
finir les constructions du Campo-Santo , donnèrent à Giolto \i
peinture d'une partie de la façade intérieure, n (Vasari.) Ce tableai est peint sur fond d'or, et les armes du donateur sont représentées sui les côtés de la bordure.