Les obsèques de saint Bernard
H. 0, 31. - L. 0, 40. - B. — Fig. de 0, 20.
11 rendit son âme à Dieu le 20 août 1153, en présence d'un grand nombre d'évêques, d'abbés et de religieux qui étaient accourus de toutes parts pour recevoir sa dernière bénédiction. Il fut enseveli dans la tunique de saint Malachie, qu'il portait toujours lorsqu'il célébrait les saints mystères. Avant qu'on le mît en terre, un de ses religieux, qui depuis plusieurs années tombait du haut-mal, s'étant approché de son corps, fut guéri à l'instant. (Vies des Saints, par le P. Giry.)
Musée Napoléon. — Ce tabîeau est donné par les inventaires et les notices précédentes à Andréa di Clone, dit Orcagna; mais il n'appartient pas à ce maître, et semble être plutôt i'œuvre d'un peintre de l'école de Giotto. On trouve dans VEtruria pittrice, t. i, pl. 13, une composition analogue donnée à Spinello Aretino. Elle est peinte à fresque dans la sacristie de San-Miniato-al-Montef pr^s de Florence, et représente la mort de saint Benoît.
rlOYAl^M (Fra) da IP'I'esole , l'Angelico ou il Beato Angelïgo, né en 1387, prés du bourg de Vicchio^ dans la province de Mugello {en Toscane); mort à Rome en 1455. (Ecole florentine.)
•Son nom, avant d'entrer dans les ordres , était G«ido ou Guidolino. On ignore qui fut son maître. En 1407, il prit, ainsi que son frère, l'habit des frères Prêcheurs dominicains, et tous deux prononcèrentleurs vœux à Ficsole. Les troubles qui éclatèrent en Ualie, lorsque Grégoire XII, Benoît XIII et Alexandre V se disputèrent le trône pontifical, les forcèrent à abandonner leur couvent et à se réfugier, en 1409, dans celui de leur ordreétabli à Foligno (en Ombrie).EnUU, lapeste ravagea Foligno ; ils vinrent d'abord à Cortona, puis à Fiesole en 4418. Pendant les dix-huit ans de séjour que fit l'Angelico dans ce lieu, il exécuta «n ^rand nombre de peintures tant à fresque qu'en détrempe. Appelé à Florence en 1436, il resta neuf ans dans cette ville, décora le couvent de San-Marco et plusieurs édifices publics. Vers 1445, le pape Eugène IV invita Fra Giovanni à revenir à Rome, et lui donna des travaux dans la chapelle papale du palais de Saint- Pierre. En 1447, sur la demande de Nicolas V, il commença des peintures dans le dôme d'Orvieto , qu'il ne termina pas, et qui furent achevées plus tard par Luca Signorelli. Il était alors à l'apogée de sa réputation, et il est probable qu'il avait la direction des travaux de ce dôme célèbre, car on lui donne dans les actes le titre de magister fnagistrum. De retour à Rome, dans le mois de septembre de la même année, l'Angelico acheva la chapelle d'Eugène IV, peignit une autre chapelle pour Nicolas V, et exécuta d'dmirables miniatures pour des livres de chœur. — Benedetto, frère du précédent, mourut en 4448,
130 GIOVANNI (Fra).
âgé de 59 ans, à ce qu'on croit, et fut surtout un habile miniaturiste .
214. Le couronnement de la Vierge et les miracles de saint Dominique.
H. 2, 13. - L. 2, 11. — B. - Fig. pet. nat.
Le Christ, revêtu d'habits royaux, est assis sur un trône à colonnettes d'une riche architecture et exhaussé de neuf marches de marbre de différentes couleurs, probablement symboliques. Une place à sa droite est réservée pour sa mère. Il tient des deux mains une couronne qu'il va déposer doucement sur la tète de la Vierge agenouillée devant lui , les mains croisées sur la poitrine. De chaque côté du trône, douze anges, avec des grandes ailes de pourpre, des robes flottantes et des petites flammes rouges sur la tète, tiennent des tronapettes, différents instruments, et célèbrent par leur concert le moment solennel. Un seul de ces anges, à gauche, est en prière. Au-dessous des anges senties saints et les saintes , dix-huit à gauche , vingt-deux à droite.
Pour désigner avec précision les élus représentés , Ifti^te « écrit le nom des uns autour de rauréole ou sur le bord du vêtement, et a donné à d'autres des symboles qui les font reconnaître. Ainsi, à gauche, on lit le nom de Moïse, de sa n Jean-Baptiste, des apôtres saint André, samt P ' erre , saint Barthélémy, saint Jacques-lc-Mineur, saint Simon. Les évano^élistes saint Jean et saint Marc ont un livre a la main Saint Au4justin,évéque d'Mippone , tient une plunie. Les chefs d ordre, saint Benoît, saint Antoine, saint François d Assise , ont des manteaux parsemés d'étoiles ou de ûeurs d or. Sam Dominique porte une tige de lis et un livre. Un soleil sert d'agrafe au manteau de saint Thomas d Aqum L empereur Charlemagne a sa couronne décorée de fleurs de l>s Enfll saint Nicolas, évéque de Myre, a pour symbole, près de luii trois boules d'or qui font allusion aux trois bourses d or qu U jeta à un pauvre gentilhomme pour établir ses trois filles qu il était prêt à abandonner à la séduction.
\ droite, au-dessous des anges, on ht autour des auréoles les noms du roi David , des apôtres saint Mathias saim Paul, saint Thaddée, saint Jacques-le-Majeur, samt Philippe ,e^t de révangéliste saint Mathieu. On reconnaît saint Pierre-le-Dorni.
GIOVANNI (Fra).
iiicain à la blessure qu'il reçut à la tête; saint Laurent au gril. Saint Étienne, une palme à la main , est revêtu d'une dalmatique ; saintGeorges est armé ; la Madeleine, à genoux, présente un vase de parfiuDs; sainte Cécile est couronnée de roses; le voile de sainte Claire est parsemé de croix et d'étoiles d'or; sainte Catherine d'Alexandrie s'appuie sur la roue, instrument de son supplice; enfln sainte Agnès tient un jeune agneau dans ses bras.
Les petits tableaux de la partie inférieure représentent :
Le prem.ier à gauche : la vision du pape Innocent III. Ce pape hésitait à approuver le plan de l'ordre que saint Dominique lui présenta en 1215. Une nuit le pape vit en songe l'église de Saint-Ji an-de-Latran qui menaçait de s'écrouler ; saint Dominique accourut et soutint l'édifice. Frappé de la signification de ce rèse, Innocent favorisa l'entreprise du pieux fondateur. Il est représenté couché dans le château Saint-Ange, dont on aperçoit la tour telle qu'elle était à l'époque où vivait l'artiste. - H. 0,22. — L. 0,29. — Fig. 0,15.
Le deuxième : le saint, après avoir obtenu la confirmation de son ordre des Prêcheurs, était en prièredans la basilique de Saint-Pierre quand les apôtres saint Pierre et aint Paul lui apparurent et lui remirent, le premier un bàlun, le deuxième un livre, symboles de la prédication et des voyages en pays étrangers, lin moine qui accompagne saint Dominique est aussi à genoux, mais tourné de coté, en sorte qu'il ne voit pas l'apparition et continue sa prière. — H. 0,22. — L. 0,30. — Fig. 0,15.
Le troisième , divisé en deux parties : un jeune homme nommé Napoleone, neveu du cardinal Stephano dit FossaNova, se promenant à cheval dans Rome, tomba sur le pavé et se tua. Saint Dominique se trouvait avec le cardinal au chapitre, dans un couvent de religieuses qu'il avait fondé. Le cardinal en apprenant l'accident de son neveu s'évanouit dans les bras du saint. A la sollicitation de son confrère Tancrède, saint Dominique fit apporter le corps du jeune homme, se mit en prière, puis s'avança vers le jeune cavalier qui était resté étendu et lui ordonna au nom du Christ de se lever, ce qui eut lieu. — H. 0,22. — L. 0,31. — Fig. 0,15.
Le quatrième : le Sauveur ressuscité, debout dans le tombeau entre les instruments de sa passion , regarde sa mère et son disciple bien-aimé qui sont assis et pleurent. — H. 0,22. — L. 0,23. — Fig. 0,15.
Le cinquième , partagé en deux parties : à gauche , une place devant une église. Saint Dominique , accompagné d'un de ses disciples, remet à un envoyé des Albigeois
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un livre dans lequel il avait fait une profession de foi des vériU's chrétiennes et réfuté la doctrine de cette secte. — A droite dans lintérieur d'une maison, plusieurs Albigeois sont rassemblés autour d'un feu dans lequel ils ont jeté le livre. Selon
10 légende, un livre contenant la doctrine hérétique avait été promptement consumé , tandis que celui de saint Domini(iue sMtait élancé trois fois des flammes et était resté intact. — H. 0,22. — L. 0,30. — Fig. 0,15.
Le sixième: les légendaires rapportent que la confiance de saint Dominique dans la Providence était si grande, qu'il faisait mettre ses disciples à table lorsqu'il n'avait ni pain ni viande, ni d'autres aliments à leur donner, et que des anges leur apport^ent en abondance la nourriture dont ils avaient besoin. — ir. 0,22. — L. 0,31. — Fig. 0,12.
Le septième : saint Dominique mourant dans sa cellule, en 1221. Il bénit ses disciples et leur adresse ses exhortations. Les paroles du saint, écrites sur une banderole, sont les mêmes que celles qui se lisent dans le livre du grand tableau. Au dehors de la cellule, on aperçoit l'accomplissement d'une vision qu'eut le prieur du couvent des Dominicains de Brixen, à l'instant où son maître spirituel rendit le dernier soupir. Il vit deux ér' elles portrnt du ciel et touchant la terre; le Sauveur et la Vierge en tenaient les extrémités, et des anges montaient et descendaient. Il y avait un trône sur lequel le saint était assis , la figure resplendissante. Les échelles ayant été ensuite enlevées au ciel, le trône y monta avec elles. A l'exception de la particularité du trône , le peintre s'est conformé à la tradition, — H. 0,22. — L. 0,28. — Fig. 0,14
Mnsée Napoléon.— « Mais le tableaiidans leque^Fra Giovanni, se surpassant lui-même , montra une grande habileté et une haute intoUigencedc l'art, fut surtout celui placé dans la même église (Samt-Dominique de Fiesole) , à coté de la porte, en entrant à mani gauche, tl a représenté Jésus-Christ couronnant la Vierge au milieu d'un chœur d'anges, d'une multitude intinie de saintes et de saints, si nombreux , si bien faits , avec des tètes et des poses si variées, que Ton éprouve uïi plaisir d'une douceur incroyable à les contempler.
11 semble même que les esprits des bienheureux no peuvent être autrement dans le ciel, ou, pour mieux dire, ils seraient ainsi s us avaient un corps; car non-seulement ces bienheureux sont vivants, leurs traits délicats et doux, mais le coloris entier de ce tableau paraît l'ouvrage d'un saint ou d'un ange semblable à ceux qui y sont retracés. C'est donc avec bien grande justice que ce bon religieux a toujours été appelé frère Giovanni Angelico. Dans le gradin, les sujets de l'histoire de la Vierge et de saint Dominique sont également divins dans leur genre. Aussi, quant à moi, je puis affirmer avec vérité que je ne vois jamais cet ouvrage sans qu il me paraisse nouveau, et lorsque je le quitte il me semble que je ne l ai pas encore assez vu. n (Vasari.) — Ce tableau a été l'objet d une publication intéressante de A.- G. de Schlegel, intitulée : Le C ouronnement de la Sainte-Vierge et les miracles de saint Dominique^ tableau de Jean de Fiesole; Paris, 1817, in-f«, 15 planches.
GIOVANNI Dl PIETRO.
rIOVANNI DI PIETUO, dit Lo Spagna ou Lo Spa- GNUOLO, d'origne espagnole y né à la fin du xv« siècle, établi en Italie peut-être déjà en 1503, certainement en 1507. On ignore la date de sa mort, mais il travaillait encore e« 15,30. (École ombrienne.)
On n'a presque aucun renseignement biographique sur cet élève distingué du Pérugin. Les seuls documents authentiques connus nous apprennent que le 7 décembre 1546 il obtint le titre de citoyen de Spolelo, pour lui ainsi pour sa descendance mâle, et que le 3 août 1517 il fut nommé chef de la corporation des peintres (capitano deir arte dei pittori) de cette ville. Il n'est donc pas vrai, comme on Ta prétendu, qu'il partit de Pérouse après la mort du Pérugin, arrivée en 1520. Le Spagna a imité avec succès le style de son maître, celui de Raphaël dans sa manière péruginesque ; mais ses derniers ouvrages, où il chercha à copier trop servilement le style romain du Sanzio-, accusent une grande décadence dans son talent.
Îl4 bis. La Nativité de Jésus-Christ.
H. 1, 50.. - L. 1, 36. — B. — Fig. pe! . nat.
La Vierge, saint Joseph et trois anges sont à genoux autour de l'Enfant-Jésus, qui est couché à terre sur un linge blanc , les jambes croisées et portant à sa bouche rindex de la main droite. Derrière, saint Joseph, à droite, deux bergers : l'un tient un agneau ; l'autre, plus loin, garde son troupeau sur un monticule et écoute la parole d'un ange. On aperçoit dans le fond le cortège des rois mages et la ville de Bethléem. Trois anges placés dans le ciel tiennent une banderole.
Collection de Louis-Philippe. — Ce tableau, offert en 1814 par la ville de Pérouse au baron de Gérando, chargé de la direction des affaires civiles dans les Etats-Romains, a été acquis en 1843 de ses héritiers pour la somme de 25,000 fr. La composition est analogue à celle du tableau connu sous le nom du Presepe délia Spineta^ placé noaintenant au Vatican.
»UUO ROMAINO. — Voir Pippi.
WBBO (IL) DE' CARACCI. — Voir BoNZi.
vOZZOLI (Benozzo). — Voir Benozzo.
iU GRIMALDI.
GRIMALDI (Gio-Francesco), dit il Bolognese, peintre, graveur et architecte^ né à Bologne en i606, mort à Rome en 4680 (Ecole bolonaise.)
Il fui élève des Carrache, se fit remarquer d'abord par son habileté à dessiner la figure, puis il se livra entièrement à l'élude du paysage. Il prit pour guide, dans ce genre, Annibal et Titien; mais il resta toujours bien inférieur à ses modèles. Etant venu à Rome pour continuer ses études, il vit bientôt rechercher ses peintures. Innocent X devint son protecteur, le fit travailler au Vatican el dans la galerie de Monle-Cavallo. En 1648, il se rendit en France, el le cardinal Mazarin l'employa pendant trois ans à embellir son palais ainsi que celui du Louvre. Comblé de bienfaits par Louis XIV, il retourna à Rome, et trouva, après la mort d'Innocent X, de nouveaux protecteurs dans Alexandre VII el Clément ÏX. Il fut deux fois prince de l'académie de Saint-Luc , el mourut à l'âge de 74 ans, laissant des biens considérables à six enfants, dont le plus jeune, nommé Alessandro, fui assez bon peintre.