‹ Notice des tableaux exposés dans les galeries du Musée impérial du Louvre (volume 2)Chapitre 35 sur 483 · INTRODUCTION. LUI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. LUI

lions pendant les années 1848-1 851. Le Louvre, durant cette période, n*a eu que 50,000 fr. par an pour acheter des objcls d'art. Comment avec une somme aussi modique pourrait-on accroître les collections de peintures, de dessins, de sculptures antiques et modernes, de vases, d'antiquités assyriennes et égyptiennes? Une belle statue antique, un seul tableau de grand maître absorberait, et audelà, les 50,000 fr. destinés aux besoins de tous les déparlements. Lorsque l'on annonça la vente du feu roi des Pays-Bas, le directeur général, M. de Nieuwerkerke , estimant qu'il serait honteux pour la France que le Musée ne fût pas représenté à La Haye , s'empressa de demander à M. liaroche, alors ministre de l'intérieur, qu'on mît 100,000 fr. àladisposition du Louvre pour acquisition de tableaux et de dessins. Le ministre prit sur lui d'accorder cette somme, et l'Assemblée nationale raliOa plus lard la dépense. Il en fut de même pour l'achat des deux tableaux deGéricault, le Chasseur et le Cuirassier : la Chambre accorda 25,000 fr. sur la demande de M. Faucher, ministre de l'intérieur. Enfin, la Commission du budget , reconnaissant l'insiiîTisance de l'allocation de 50,000 fr., porta ce chiflre à 100,000 fr. pour l'année 1852. On se rappelle que la Convention vota, le 27 juillet 1793, pareille somme pour faire acheter dans les ventes particulières les tableaux ou sta-^ tues qu'il importe à la République de ne pas laisser passer dans les pays étrangers ; mais l'argent avait alors une valeur bien supérieure à celle qu'il a à présent, et les tableaux ne sVlevaient pas à beaucoup près aux prix qu'ils ont atteints de nos jours. Un simj'le coup d'œil jeté sur les catalogues de ventes comprenant l'espace d'une cinquantaine d'années sera plus instructif que tout ce que nous pourrions dire à ce sujet. Aussi, en 1852, le prince Louis-Napoléon vint-il généreusement au secours du Musée lors de la venle du maréchal Soult, en décrétant une somme de 615,300 fr. pour l'acquisition du célèbre tableau de la Conception de Murillo. L'Empereur a continué magnifiquement l'œuvre entreprise par le Président de la République, et les Musées, devenus apanage de la couronne, ont été dotés à profusion d'objets les plus précieux. Sans parler des collections Campana , des œuvres acquises pourYersailles ou le Luxembourg, ni des toiles données par Sa Majesté et par des personnes généreuses dont les noms figurent sur les cadres des tableaux exposés et dans les articles de ces notices, nous rappellerons ici que depuis 1854, c'est-à-dire dans une période de 10 années à peine , le Louvre a pu acquérir

IIV INTRODUCTION.

pour ses galeries 28 peintures qui ont coûté 761,817 fr. En voici le relevé :

École Vénitienne : Portrait d'homme d'armes ( 3,000 fr.). — Martin: Remise des Invalides à Louis XI Y (5,000 fr.). — L. Lotto: Saint Jérôme (995 fr.). — F. Millet : Paysage (1,050 fr.).— Rembrandt : Bœuf à l'étal d'un boucher (5,000 fr.). — Roslin : Offrande à l'Amour (3,000 fr.). — Greuze : Portrait (300 fr. ). — P. Potter : Cheval en liberté (7,000 fr.). — Murillo : La Nativité de la Vierge (150,000 fr.). — Idem : Le Miracle de saint Diego (80,000 fr.). — Zufbaran : Saint Pierre Nolasque (25,000 fr.). — Idem : Funérailles d'un évêque (20,000 fr.). — Herrera le Vieux: Saint Basile (25,000 fr.). — A. Scheffer : Mort de Géricault (4,500 fr.). Rubens : 2 esquisses (5,567 fr.). — École Vénitienne : Portrait de femme âgée (1^680 fr.). — G. Rellini : La Vierge, l'Enfant Jésus et deux saints (15,000 fr.). — H. Rigaud : Portrait de R. Cotte (1,500 fr.). — École Flamande : Triptyque (14,175 fr.). — Bobbema : Paysage (52,500 fr.). — Velasquez : Portrait de Philippe IV (23,000 fr.). — B. Luini : Deux enfants, fresques (3,000 fr.). — Idem : Vulcain forgeant les ailes de l'Amour^, fresque (8,000 fr.). — Borgognone : Présentation au Temple (7,000 fr.). — F. Francia : La Nativité (2,500 fr.). — Idem : Christ en croix (8,000 fr.).

Nous n'ajouterons rien à l'éloquence de ces noms et de ces chiffres; nous renverrons le lecteur désireux de connaître l'étendue des travaux d'accroissement réalisés dans les Musées impériaux, au Rapport si instructif et si intéressant adressé en 1863 à S. Exc. le Ministre de la Maison de l'Empereur par M. le Surintendant des beaux-arts, rapport où Ton trouvera le relevé complet de tous les objets d'art entrés dans les collections depuis 1849 jusqu'en 1863.

25 mai 4864.

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