La naissance de la Vierge
H. 0, 33. - L. 0, 70. - B. - Fig. de 0, 23.
Sainte Anne, couchée dans son lit, remet à unefemine l'enfant qui vient de naître. Un vieillard, vu de dos, s'appuie sur le pied du lit. Une femme se baisse pour prendre un vase et un bassin. A droite, saint Joachim, assis par terre, écrit sur ses genoux. A gauche, un homme entr'ouvre la porte de l'appartement.
Collection de Louis XVÏII. - Acquis de M. Mauco (Musée européen), en 1824,
SOLARl.
OLARI ou SOLARIO (Andkea di), dit il Gobbo, né eniUSy mort après 1^09, (Ecole lombarde.)
Cet arliste, appelé aussi par différents hisloricns Solario, Solarc ^alan ,^ Salario, a été surnommé // Gobbo (!e bossu), ainsi que son Irére trisloCoro, qui était sculptour. Vasari lui donno le norn d'Andréa del Gobbo; Zani, celui de il Gobbo da Milano; Lomazzo et les auteurs qui l ont copié le disent élève de Gaudenzio Ferrari - mais comme Gaudenzio est né en im et qu'il existe des peintures de Solari datées de 4507, le renseignement de Lonjazzo est évidemment inexact : on ne trouve, du reste, aucune trace de l'inlluence de Gaudenzio dans le style de Solari, qui appartient, par les ouvrages authentiques que I on connaît de lui, entièrement à l'école de Léonard. Les biographes ne donnant presque aucun détail sur la vie de ce peintre, nous croyons utile d'insérer ici des documents fournis par les comptes manuscrits du château de Gaillon-, documents que nous devons a l'obligeance d:- M. Deville, et dont ce savant antiquaire va faire l'objet d'une publication intéressante. Dans ces comptes I artiste est apeelé Andi^é de Solario, quelquefois Andréas ou maUfi André; mais jamais le de n'est omis devant Solario. Tout porte à croire que l'appellalion de Solario n'indique pas un nom de famille mais provienldu lieu de sa naissance; car, outre Castel-Solaro, bourg du premier district de Milan, il existe encore maintenant dans la Lombardic une dizaine de petites villes ou- villages du même norii dont Andréa pourrait être originaire. Quoi qu'il en soit, Andréa se rendit en Normandie, à la sollicitation de Charles d'Amb^iise appelé le grand-mailre dans les comptes de Gaillon. L'artiste dut' partir de Milan le 6 août 1507, et reçut70 écus d'or au soleil, qui représentaieni 129 livres 10 sous du temps (ou une somme de 3,496 fr. 50 c. à la puissance de l'argent à notre époque). Il fit la route à cheval accompagné d'un valet ou élève que l'on appelle son homme. IlVesta au château de Gaillon jusqu'à la fin de septembre de l'année 1509 et employa ces deux années presque entières à peindre ia chapellc'du^ château. Le cardinal d'Amboise lui donna 370 liv. (9,990 fr ) de ga^es par an, payables par 4 mois, plus iOO liv. (2,700 fr.), également par an, pour sa dépense et celle de son homme. Solari touchait donc 20 sous (27 fr.^ par jour, tandis que les autres artistes employés au château, et qui étaient Français, ne recevaient que 4 sous (5 fr. 22 c.^ par jour. Les comptes du château ne donnent aucune indication sur les compositions et sur les peintures dont Andréa embellit la chapelle du cardinal d'Amboise. Celte chapelle fut cortiplétement rasée en 4793, et il ne reste plus de traces des travaux de l'élève de Léonard. Comme dernier renseignement, nous ajouterons que dans un inventaire du mobilier du château de Gaillon dressé en 1550 on trouve la mention d'un tableau d'Andréa, désigné de la manière suivante : « Ung beau tableau de la Nativité de Notre-Seigneur que a raict maistre André de Solario, peintre de Monseigneur. » Nous ignorons ce^que ce tableau est devenu, yt. le comte de Pourtalès possède une peinture de ce maître, signée et datée de t507, entièrement analogue par le style et l'exécution à celui du'Louvre.