‹ Notice des tableaux exposés dans les galeries du Musée impérial du Louvre (volume 2)Chapitre 416 sur 483 · Portrait de François roi de France · texte numérisé non relu

Portrait de François roi de France

H, 1, 09. - L. 0, 89. - T. - Fig. à mi-corps de gr. nat

Ce prince , vu de profil , tourné à droite, est coiffé d'une espèce de toque de velours noir ornée d une plume blanche et d'un bouton de diamant. Il porte un cordon d'or d'où pend une médaille. Son pourpoint. tailladé de satin rouge, est recouvert d'un habit doublé de fourrure, également tailladé. Sa main est posée sur la garde de son épée.

Gravé par Gilles-Edme Petit ; par ^f^' "

Musée françai$; par M. Leroux. - Filhol, t. 6, pl. 430.

rnllpction de François - La date de l'exécution de ce portrait

VECELLIO

quand il était jeune, portrait possédé par le duc d'Urbin. Dans un autre endroit de sa biographie on lit : « On doit encore à Titien les admirables portraits de Loredano eldu princeGriniani. Peu de temps après, il ht celui de François 1er, lorsque ce roi quitta i'Italie pour retourneren France... Il est impossible d'établir au moyen de ces renseignements, qui ne s'accordent pas avec les dates fournies par l'histoire,

I époque ou le portrait de François 1er fut peint. Ce roi ne vint en Italie que deux fois : la première, en 1515, lorsqu'il eut une conférence a Bologne avecLéon X ; il n'avait alors que -21 ans. La deuxième en 15-25 ; mais après la fatale bataille de Pavie, luin de rentrer en * rance, 1 1 fut fait prisonnier, et passa de Pizzighetone en Espagne. D'un autre coté , si Titien peignit François \ t peu de temps ap< ès le doge (ïrimani , il ne put faire ce portrait d'après nature , car Antonio Grimani fut élu doge le 6 juillet 1521 et mourut le 7 mai 152 . Or, François ier n'était pas en Italie à cette époque. L'âge que le roi paraît avoir dans ce portrait peut faire présumer qu'il a été exécuté vers 15 0, et la particularité de la tête , vue de profil, rend très vraisemblable la supposition de Mariette, qi.i, dans le texte du Cabinet Lrozat, dit qu'il pense qu'elle a été peinte d'après une médaille. —

II exist^ plusieurs répétitions de ce portrait. Ridolfi en cite une possédée par la famille Barbarighi de San-Polo, à Venise — « Un portrait de François 1er, habillé de n ir et de rouge avec une plume blanche au chapeau (H. 3 pieds 2 pouces L. 2 nieds 8 pouces), .. est porte sur 1 inventaire de Mazarin au n;)m de Dossi Dosso et estimé 500 livres tournois. Ces dimensions et cette description pourraient taire croire que celui du Musée est celui cité dans cet inventaire ; cependant Lepicié dit que ce portrait est conservé dans le Cabinet du roi depuis François 1er.

470. Portrait d'Alphonse d'Aralos, marquis de Giiast, et d*une jeune femme, accompagnés de trois figures allégoriques.

H. 1, 21. - L. 1, 07. - T. - Fig. à mi-corps de gr. nat.

Avalos, debout, la tête mie, revêtu d'une armure, pose h ni;iin sur le sein d une jeune femme assise à ^'a iche, qui tient sur ses genoux nne boule de verre. Adroite, \n\ amour apportant un faisceau de flècbes; une femme vue de profil , la tête couronné e de myrte , la main droite posée sur sa poitrine, dans une attitude respectueuse; par derrière, une figure dont on ne voit que !a lèie en raccourci el les m iins élevées qui soutiennent une C(»rbeillede fleurs.

Gravé par M. Natalis, — Fithol, t. 10, pl. 674.

Collection de Louis XIV. — Cette composition , suivant la version afdoptée par les notices de l'Empire, représente Alphonse d'Avalos et sa maltresse, à qui l'Amour, Flore et Zéphyre rendent hommage.

VECELLIO

D'autres personnes, supposant que la femme tenant le globe de verre est Marie d'Arag n, épouse du céh''bre guerrier, ont construit sur cette hypotln^se une allégorie peut-être trop ingénieuse. — Lepicie en parlant de celte peinture dans son catalogue des tableaux du roi ajoute : u L'explication des sujets allégoriques est si arbitraire , quand l auteur lui-même n Cn a pas découvert le sens , que dans rmcerlitude de ne pas rencontrer jusU- , j'aime mieux en laisser le mérite aux curieux; le me conlenlerai donc d*' leur décrire exactement l'attitude et l'action de chaque figure. Nous partageons l'opinion de Lépicié et nous imiterons sa réserve. — Alphonse d'Avalos , ma-quis de Guast, ne â Naples le 2.> mai 1502, mort à Vigevano le 3i mars 1546 , se montra le protecteur éclairé des poètes et des grands artistes df son temps, il fullieiilenant-général des armées de l'empereur Charles V en Italie, el perdit la célèbre bat illede Cerizoles , gagnée par François de Bourbon comte d'Enghien, le U avril 1.544. — Une lettre du marquis adressée le 8 octobre 15:M à Pietro Aretino lettre où il lui témoigne ledési-d'nvoir liiien pour qu'il fasse son portrait, celui de sa femme et de son fils sous ie> traits d'un petit amour, semblerait se rapporter au tableau inscrit sous ce numéro.

471. Portraits d'nne jeune femme à sa toilette, et (Tun homme tenant deux miroirs.

H. 0, 96. — L. 0, 76. — T. — Fig. à mi-corps de gr. nat,

La jeune femme, vue de trois qtiar s, tournée à gauche, debout, sa robe à moitié défaite, tient d'une uiain ses cheveux et de l'autre une petite fiole de parfum. Ua homme, placé derrière elle, à gauche, lui présente deux miroirs.

Gravé par Fnrsler rt par Henri Dancken.-^ Filhol, t. 7, pl. 455 — Landon, t. 8, pl. 21.

Collection de Louis XIV. - Ce tableau, estimé 100 livres sterl. dans rinventaire de Charles hr , fut acheté à ce prix par Jabach , et cédé ensuite |)ar lui à Louis XIV. - Une répétition de cette composition mais avec des différences , après avoir appartenu a Christine , reine de Suéde , se vovait dans la galerie du duc d'Orléans. En 1815, on trouva à F<'rrare^jn troisième tableau représentant les mêmes figures et la même action , mais encore avec des différences importantes dans les accessoires, [l fut acquis par lord Stevar. — Cette peinture représdile, suivant les anciens inventaires et les notices précédentes T ticn et sn maîtresse. Rien absolument ne justifie celte dénonii'uali u. M. Ticozzi , s'appuyant sur le témoignage de médailles

épousée et surnommée Eusioehia par Alphonse, pour dosigner l'excellence de son choix. Le récit de Vasari, qui , après avoir parle, dans la vie de Titien, des Bacchanales faites par lui pour Alphonse de

VEGELLIO,

Ferrare , ajoute : « On lui doit aussi le merveilleux portrait de la signora Laura, que le duc épousa plus tard, » donne à l'hypothèse de M. Ticozzi une grande valeur. Lucrezia Borgia, première femme du duc, mourut en 1519, et le portrait de Laura dut être exécuté vers 1520. — Lépicié fait observer que le tableau du Louvre , haut de 2 pieds 10 pouces et large de 2 pieds 4 pouces , a été agrandi sur la hauteur de 1 pied et sur la largeur de \ pied 6 lignes.

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