Porirails de Jean et de Gentil Bellin
H. 0, 44. — L. 0, 6:i. — T. — Bustes de gr. nal.
Ils sont placés en regard l'un de l'autre , et portent tous deux une toque et un vêtement garni de fourrure. Jean, vu presqiie de profil, tourné à droite, a de longs cheveux noirs ; ceux de Gentil , vu de trois quarts , dirigé vers la gauche, sont roux. Derrière eux et au milieu, une tapisserie; de chaque côté, fond de paysage.
Collection de Louis XIV. - Félibien (l. i, p. 488 édit. de 1666) dit : « L'on voit dans le cabinet du roy les portraits de ces deux Irères (Jean et Gentil) dans un même tableau que Gentil a fait. » L ancjennelé de cette attribution nous a fait restituer a Gentile ces deux admirables portraits donnés depuis à Giovanni Bellini. Il existe dans le musée de Berlin une répétition ou une copie de ce tableau, d une exécution moins fine; elle a les mêmes dimensions, mais le tond est uni et sans paysage.
BELLINÎ (Giovanni).
BELLIIM (Giovanni), né à Venise en 1426, mort dans ta même ville le 29 novembre 1516.
Ainsi que Gentile, son frère aîné, il fut élève de Jacopo, son père, et reçut des conseils de Mantegna. Il fit des progrès rapides, et un tableau de lui, daté de \kk'i (il n'était alors âgé que de 17 ans), prouve combien il avait déjà profité des leçons de ses maîtres. Après avoir travaillé avec ses parents à Padoue, il revint à Venise et exécuta plusieurs peintures en détrempe qui furent très admirées. Ridolfi prétend que c'est lui qui répandit la pratique de la peinture à l'huile, dont il avait surpris le secret en faisant faire son portrait par Antonello de Messine, secret que ce dernier tenait, dit-on, de Jean de Bruges ou van Eyck. Vasari ne rapporte pas ce fait, qui est loin d'avoir un caractère d'authenticité, car Antonello ne cherchait nullement à cacher ses procédés, et il eut à Venise une foule de disciples. Parmi le grand nombre d'ouvrages en tout genre exécutés par Giovanni, ses peintures dans les salles du palais ducal, auxquelles il consacra douze années de travail, furent surtout célèbres. Elles devinrent la proie des fiammes en 1577 avec tant d'autres chefs-d'œuvre. Ce grand artiste est regardé à juste titre comme le principal fondateur de l'école vénitienne. A 62 ans il devint le maître de Giorgione et de Tiziano. Les progrès de ses deux illustres élèves l'animèrent d'une nouvelle ardeur; il agrandit sa manière, et ses meilleurs ouvrages sont ceux qu'il produisit à partir de cette époque jusqu'à celle de sa mort, arrivée à 90 ans. On cite encore parmi ses disciples Rondinello de Ravenne, Benedetto coda de Ferrare. Outre «facopo, père de Gentile et de Giovanni, élève de Gentile da Fabriano, peintre estimé, surtout pour les portraits, plusieurs artistes ont aussi porté le nom de Bellini, entre autres : Bellino Bellini, peintre de la même famille, et Andréa Bellini, dont on cite une tête de Christ à la gouache, signée.
69 his. La Vierge, VEnfant-Jéms, saint Pierre et saint Sébastien ^
H. 0. 84. — L. 0, 61. — B. — Fig. pet. nat.
Au milieu de la composition, la Vierge vue de trois quarts, tournée à gauche , la tête couverte d'un voile, tient l'Enfant- Jésus debout, les pieds posés sur le rebord d'une espèce de balustrade, et dans l'attitude de bénir. A gauche, saint IMerre tenant deux clés. Adroite, saint Sébastien les mains jointes. Dans la partie supérieure, trois chérubins sur des nuages.
Signé : iohannes bellinvs.
CoUecUon de Napoléon III. — Ce tableau, acquis en 1859 de M. Van Cuyck pour la somme de 15,000 fr., appartint successivement à M. Nieuwenhuys père, au roi des Pays-Bas lorsqu'il n'était encore que prince d'Orange, à M.Brentano et à lord Nortwich. La partie postérieure du panneau porte les cachets de ces différents possesseurs.