Une mère dans sa cuisine avec deux de ses enfants
H. 0, 56. — U 0, 46. — T. — Fig. de 0, 50.
Une femme, en costume de Cauchoise, est assise dans une cuisine auprès d’une grande cheminée. A sa droite, un petit garçon, qui pleure, porte sous son bras une cage vide. De l'autre côté, une petite fille tient un oiseau dans la main.
Musée Napoléon. — Tableau donné par l’artiste pour sa récepUon à l’Académie le 7 avril 1764.
DESPORTES (François ),né le 24 février 1661 au village de Champigneul ( en Champagne), mort à Paris le 15 avril
Il était fils d’un riche laboureur, qui l’envoya, à l’âge de 12 ans, chez un de ses oncles â Paris. Ayant témoigné des dispositions pour le dessin, on le plaça chez Nicasius, artiste flamand, qui avait eu de la réputation comme peintre d’animaux, mais qui, vieux, infirme, ivrogne, ne put guère donner de bons conseils à son unique élève, réduit à copier des gravures d’après Pierre Testa. Nicasius étant mort le 16 septembre 1678, Desportes résolut de ne plus prendre pour guide que la nature et les figures antiques qu’il allait assidûment copier à l’Académie. Afin de subvenir à ses modestes dépenses, il dut d’abord se mettre à la solde d’autres peintres, Ips aider dans
DESPORTES (François).
leurs travaux, faire des plafonds et des décorations de théâtre. N’étant point encore parvenu, malgré l’habileté dont .1 avait fait preuve dans la peinture de portraits, à être occupé convenablement, il passa, en 1695, . en Poloime oü il avait des amis, après avoir obtenu du roi un congé de deux ans Amvé à Varsovie, il peignit le roi Sobieski, la reine et les seigneurs de\a cour. Il continuait avec succès ses travaux quand Sobieski mourut. Louis XIV le fit alors rappeler, ctil revint en France vers la fin de 1696. A cette époque il renonça presque entièrement à la peinture de portra,ts pour ne plus représenter que des chasses et des animaux. 11 fut reçu i l’Académie royale de peinture le 1" août 1699, et donna pour tableau de réception son portrait en costume de chasseur, avec des chiens et du gibier (n« 162). K roi lui accorda une pension, un logement au Louvre, et le l^ mars 1704 cm le nomma conseiller de l’Académie à la place deParrocel.il travailla longtemps au château d’Anet pour le duc de Vendôme, à Clichy pourle grand-prieur, son frère, à l’hôtel de Bouillon, à la ménagerie de Versailles. En 1702 il commença à peindre les plus belles chiennes de la meute de XIV qu’il accompagnait habituellement dans ses parties de chasse, afin de mieux rendre les attitudes des animaux. Les tableaux de ce genre étaient placés à Marly. Le 17 mars 1700, Desportes fut élu conseiller. Dans la même année et en 1705, Monseigneur, fils du roi, lui fit faire nour Meudon un grand nombre de travaux ; puis, le prince de rondé le duc du Maine, les autres princes l’occupèrent successivement.’ Ce fut vers ce temps qu’il se mit à peindre des fleurs, des fru ts des vases d’or et d’argent, et qu’il représenta les quatre saiinns caractérisées parles différentes productions de la nature; ces peintures étaient destinées à lord Stanhopc, et Louis XIV voulut en avoir de semblables. En 1712, il obtint du roi un congé de six mois, passa en Angleterre emportant un grand nombre de tableaux qui furent achetés avec empressement. Revenu à Paris, il reprit ses travaux et peignit firé- «uemment les animaux rares dont le roi faisait acquisition pour la ménagerie Après la mort de Louis XIV, Desportes jouit également près du récent d’une grande faveur, fit des tableaux pour le Palais-Royal et le hsteau de la Muette, composa des dessins coloriés pour des paravents et des meubles, exécutés à la Manufacture royale des tapis de Turquie, A rhaillot Louis XV et tous les grands seigneurs de la cour occupèrent tour s tour son pinceau. Assidu au travail, doué d’une grande facilité, il a , «rndnit. mmiau’il terminât ses tableaux avec beaucoup de
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de renouveler aux Gobelins les tentures des tapisseries des Indes iuîintps dans le pays par des artistes hollandais, compositions qu’il avait déü retouchées auparavant. Il fit ensuite, dans le même goût, huit tamia, ix très remarqués aux expositions de 1758, 1739, 1740 et de 1741. En liai le roi lui accorda une nouvelle pension, et vers la fin de 1742 il eiériita nour le château de Cboisy une grande chasse au cerf et des dessus 7i» nnrte oui furent ses derniers ouvrages. Joullain a gravé son por- ,7-,ii et deux tableaux de chasse. Il a exposé aux salons de 1699, 1704, VTV7 1758 1759, 1240, 1741 et de 1742. Desportes a peint les animaux, le nivsace avec une grande supériorité. Ses œuvres, qui se distinguent par lin dessin aussi vrai que savant, une couleur vive et harmonieuse, une Parution ferme cl moelleuse, peuvent soutenir, sans désavantage, la comparaison avec les meilleures peintures flamandes de ce genre. Il ne lui manque niielnuefois qu’un peu de finesse, surtout dans la représentation des oîcaor il eut Dour élève son fils Claude-François Desportes, et son neveu Wtenia» nesnortes, né en 1718, mort le 26 septembre 1787, qui, s’étant îvmsacré au portrait exclusivement, devint, le disciple de Rigaud. Il fut Kçuà l'Académie le 50 juillet 1757, et donna pour sa récepuon un tableau de Chiens poursuivant un sanglier. Il a exposé aux salons de 1755, 1757, 1759, 1701, 1703, 1765, 1769 et de 1771.
DESPORTES (François).
162. Portrait d’ Alexandre-François Desportes , membre de l'Académie royale de peinture.
Il s’est représenté la tête nue, vue de trois quarts , tournée à droite, avec un costume de chasse et des guêtres. Il est assis au pied d’un arbre et tient son fusil de la main droite; de la gauche, il caresse son chien qui le regarde. Par terre, à droite, un lièvre, trois perdrix, un canard, une gibecière ; à gauche, un lévrier. Dans le fond, la campagne.
Gravé par Franf oit Joullain en 1755 [Cale. imp.).
Musée Napoléon. — Ce portrait fut peint par Desportes pour sa réception il l’Académie royale de peinture, le 1" août 1699, et exposé au salon de la même année.