‹ Notice des tableaux exposés dans les galeries du musée impérial du LouvreChapitre 152 sur 583 · Intérieur d’une cuisine · texte numérisé non relu

Intérieur d’une cuisine

H. 0, 66. — L. 0, 81. — T. — Fig. de 0, 30.

Dans une cuisine, éclairée au fond par une fenêtre ouverte qui donne sur un jardin et à côté de laquelle travaille une jeune fille , une femme assise, son ouvrage à la main et vue de dos, se retourne vers le spectateur. A ses pieds, un enfant jouant avec un chat ; une poupée et un panier sont à terre auprès d’elle. — Signé, à gauche, sur la porte : Drolling p‘. 1815.

Filhol, t. 2, pl. 63.

Collection de Louis XVIII. — Ce tableau, exposé au salon de 1817, fut acquis, la même année, de M. DioHing dis pour la somme de 4,000 fr.

DKOUAIS (François-Hubert), né à Paris le 14 décembre 1727, mort dans la même ville le 21 octobre 1775.

Les premiers éléments de la peinture lui furent donnés par son père Hubert Drouais. Il étudiaensuite successivement sous Vonolte, Carie van Loo, Natoire et Boucher. Il se présenta à l’Académie, fut agréé à l’âge de 27 ans, et reçu le 25 novembre 1758, sur les portraits de MM. Coustou et Bouchardon (le premier est & Versailles, le deuxième à l’École des beauxarts). Le succès qu’obtinrent scs portraits le fit appeler à Versailles. Il débuta à la cour, en 1757, par ceux du duc de Berry et du comté de Provence, peignit ensuite toute la famille royale, et dès lors il n’y eut pas de personnages célèbres, de femmes remarquables par leur beauté, dont il ne représenta les traits. Il fut peintre du roi, peintre de Monsieur et de Madame, et élevé par ses confrères au grade de conseiller de l’Académie, le 2 juillet 1774. Il a exposé aux salons de 1755, 1757, 1759, 1761, 17G3, 1765, 1767, 1769, 1771, 1775 et de 1775.— Hubert (trouais, père du précédent, né à la Roque, petite ville de Normandie, prèsde Pont-Audemer, en 1699, mort 1 Paris le 9 février 1767, était fils d’un peintre, étudia d'abord à Rouen, sous un artiste médiocre , puis vint 1 Paris à l’atelier de de Troy,qui lui fit faire beaucoup de copies à son profit. A la mort de de Troy, Jean-

DROUAIS (Jean-Germain). 111

Baptiste van l.oo, Alexis-Simon Belle, Oudry et Nattier l'employèrent. Il fut reçu à l'Académie royale, le 29 novembre 1730, sur les portraits de Christophe, peintre, et de le Lorrain, sculpteur (le premier est à l’Ecole des beaux-arts et le deuxième à Versailles). Non content des succès qu’il obtenait par ses nombreux portraits à l’huile, il en rechercha d’autres encore en exécutant des miniatures qui lui valurent une célébrité que ce genre procure rarement. 11 a fait aussi des pastels. 11 exposa aux salons de 1737, 1738, 1739, 1700, 1701, 1705, 1700, 1707, 1753 et de 1755.

187.* Portraits de Charles -Philippe de France, comte d'Artois ( depuis Charles X, né en 1757, mort en 1836), et de Marie- Adélaide- Clotilde-Xavière de France ( Madame Clotilde, depuis reine de Sardaigne, néeen 1759, morte en 1802) ; le prince à l'âge de 6 ans, la princesse à 4 ans.

H. 1, 28. — L. 0, 96. — T. — Fig. de gr. nat.

A droite, la jeune princesse, vue de face, vêtue de blanc, tenant de la main gauche une corbeille où sont deux pèches et du raisin, est montée sur une chèvre blanche, tournée de profil, à gauche, et portant au cou un ruban rose. Derrière la chèvre, le prince, représenté aussi presque de face, la tête nue, les cheveux poudrés et frisés, vêtu d’un costume gris, portant le cordon du Saint-Esprit , tient une poignée d’herbes de la main droite et pose la gauche sur l’épaule de la petite princesse. Au deuxième plan, à gauche, deux moutons couchés; à droite, un chêne. Dans le fond, des arbres. — Signé : Drouais le fils 1763.

Gravé par Beauvarlet.

Collection de Louis XV. — Ce tableau fut exposé au salon de 1763.

DROUAIS (Jean-Germain), né à Paris le 25 novembre 1763 , mort à Rome le 13 février 1788.

Plusieurs biographes le disent fils d’un Henri Drouais, peintre de portraits, sur lequel ils ne peuvent donner aucun renseignement et qui aurait eu pour père, ou Hubert Drouais, ou François-Hubert Drouais, car ils ne sont pas non plus d’accord sur ce point. M. Chaussant, qui a publié une notice sur Jean-Germain Drouais, etqui tenait tous tesfaitsqu’elle renferme

DROUAIS (Jean-Germain).

de David, dont l’attachement pour son élève fut vraiment paternel, le dit fils de François-Hubert Drouais. Le jeune Germain, dès son enfance, mania le crayon, et à 10 ans ses essais parurent déjà très remarquables. Son père, après lui avoir enseigné les premiers éléments, le plaça chez Brenet, d’oh il passa à l’école de David. Il concourut au prix de l’Académie en 1785; mais, peu satisfait de son ouvrage, il le déchira et en montra des fragments à son maître, qui, jugeant d’après le morceau du mérite de la composition, le blâma d’avoir volontairement renoncé à une victoire qu’il eût certainement remportée. Cette année il n’y eut pas de premier prix ; mais au concours suivant, en 178ft, il étonna toute l’Académie par son tableau de la Cananéenne aux pieds de Jésus-Christ, et obtint à l’unanimité le grand prix de peinture. Jamais un ouvrage de cette force n'avait jusque-là paru au concours ; aussi excita-t-il un véritable enthousiasme. Le jeune Drouais partit, en 1785, pour Rome, et David, qui, suivant son expression, ne pouvait plus se passer de son élève, l’accompagna et resta un an avec lui. Arrive en Italie, Drouais étudia l'antique et Raphaël, envoya comme étude un Gladiateur blessé, et peignit un Marius à Uinturnes, qui eut le plus grand succès à Rome et a Paris; enfin, un Philoctète exhalant ses imprécations contre les dieux fut son dernier ouvrage. Une fièvre inflammatoire saisit le jeune artiste au moment oü il retraçait sur la toile Graccbus sortant de sa maison pourapaiser la sédition dans laquelle il périt. Drouais succomba à 25 ans, pleuré comme un frère par ses camarades, qui le firent enterrer dans l'église de Sainte-Marie in via lata, et lui érigèrent un monument en marbre dont la sculpture fut confiée, à la suite d’un concours, à son ami Claude Michallon, pensionnaire de Rome.

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