‹ Notice des tableaux exposés dans les galeries du musée impérial du LouvreChapitre 217 sur 583 · La Nativité · texte numérisé non relu

La Nativité

H. 0, 95. — L. 1, 16. — a — Fig. de 0, 20.

Au milieu d’un temple ruiné, d’une architecture bizarre, rempli de colonnades, d’escaliers, de balustrades, la Vierge agenouillée contemple l’Enfant-Jésus couché sur une pierre devant elle. De chaque côté du Sauveur, deux petits anges. Derrière la Vierge, saint Joseph à genoux. A gauche, deux bergers avec de longs bâtons. A droite, un ange, assis sur un socle brisé, jouant de la vielle. Dans la partie supérieure, une foule de petits anges tenant une grande banderole et des instruments de musique de différentes espèces. Dans le fond, à

GRANET

gauche, une cour, deux bergers arrivant, une fontaine. «

Musée Napoléon. — Ce tableau, qui vient du château d’Ecouen, a été d’abord porté, sur les inventaires de l’Empire, b Carie van .Mander, puis aux inconnus de l’école flamande. On lit dans 1rs notes de Mariette à l'Abecedario pittorico du père Orlandi : • 11 y a dans la chapelle du château d’Escoucn, un petit tableau représentant Jésus-Christ nouvellement né, couché dans la crèche et adoré par la Sainte-Vierge, qui est peint par le même maître (Gourmont), d’après lequel sont les differentes pièces qui sont énoncées dans ce catalogue et marquées de ce monogramme J. G. 11 est composé de la même façon, même fond d’architecture, mêmes intentions de ligures, et si J. Gourmont, qui a fait les estampes, a fait aussi des tableaux, celui du château d'Escouen sera son ouvrage. •

GRANET (Fbançois-Mariüs), né à Aix (en Provence ) le 17 décembre 1775 , mort dans la même ville le 21 novembre 1849.

Son père, qui était maître maçon, cédant à sa vocation pour le dessin, le plaça d’abord chez un peintre italien en passage b Aix. il fréquenta ensuite une école gratuite dirigée par M. Constantin, paysagiste distingué, qui, après avoir quitté Rome, s’était fixé dans cette ville. C’est à cette époque

3 ue M. Granet eut occasion de voirpourla première fois M. de Forbin, dont devait bientôt devenir l’ami. Le siège de Toulon interrompit ses études. 11 accompagna comme dessinateur la Société populaire d’Aix qui voulait y prendre part, assista b l’incendie du port, et entra b l'arsenal en qualité de peintre, décorant des proues, des poupes, des canots, de badigeonnage aux trois couleurs ou d'emblèmes républicains. Obligé derevenir à Aix à la suite d’une sédition qui avaitéclaté dans l’arsenal, M. Granet retrouvait, de Forbin, qui partit quelque temps après pour Paris et l’appela dans celte ville. 11 lit le voyage b pied, muni d’une feuille de route qui le désignait comme conducteur de la chaîne des forçats. Arrivé à Paris, non sans avoir eu bien des obstacles à surmonter, M. Granet, grâce à son ami, obtint d’entrer b l’atelier de David. Après avoir exposé quelques tableaux représentant des vues d’architecture, qui furent très remarqués, il prit, ainsi que M.de Forbin, la résolution d’aller en Italie. Ils arrivèrent tous deux i Rome au mois de juillet 1802. Rome fut pour M. Granet une seconde patrie; il y passa une partie de sa vie et y peignit une foule de tableaux qui, envoyés aux expositions de Paris, jouirent d’un succès immense et mérité. La première fois qu’il revintà Paris, ce fut en 1819 ; il rapportait, entreautres ouvrages, une répétition de son fameux Chœur des capucins, qu’il fut obligé de refaire quinze ou seize fois avec des variantes nouvelles, pour satisfaire l'empressement des amateurs. Louis XVIU donna à M. Granet la décoration de la Légion-d’IIonneur à la suite du salon de 1819. Au Louvre, il retrouva M. de Forbin, qui avait succédé à M. Denon comme directeur général des Musées royaux. Enfin, i) fut nommé chevalier de l’ordre de Saint-Michel, conservateur des tableaux le 29 mars 1826, puis membre de l’Institut en 1830. Malgré ses fonctions, qui devaient l’attacher b la France, M. Granet retourna à plusieurs reprises, et pendant d’assez longs intervalles, à Rome, dont les monuments avaient pour lui un charme irrésistible. Après la révolution de 1808 il se relira b Aix, légua sa fortune b sa ville natale, lui donna des tableaux pour former un musée, institua une rente de 1,900 fr. pour l’entretien b Rome ou b Paris d’un jeune artiste de la ville d’Aix, et, en souvenir de l’humble profession de son père, fonda, b l’hospice des Incurables, deux lits pour les maçons. M. Granet a laissé par testament deux cents

GRANET

dessins à la collection du Louvre. Il a exposé aux salous de 1799, 1800, 1801, 1806, 1808, 1810, 1814, 1819, 1822, 1824, 1827, 1831, 1833, 1834, 1835, 1836, 1838, 1839, 1840, 1841, 1843, 1845, 1846 et de 1847.

Page 1