Portrait de l’auteur
IL 0, 88. — L. 0, 85. — T. — Fig. en buste de gr. nat.
Il s’est représenté la tête découverte et vue de trois quarts tournée à gauche ; il porte des lunettes, et tient dans la main gauche sa palette et des pinceaux.
Acquis en 1852 de M. Martin pour la somme de 800 fr.
GREUZE
GREUZE (Jea*-Baptiste), né à Toxirnus, près de Mâcon, le 21 août 1725, mort au Louvre le 21 mars 1805.
Un peintre lyonnais nommé Crotndon, père de M"* C.rétry, frappé des dispositions du jeune Greuze pour le des in, l’emmena à Lyon et lui donna graluilement des leçons qui le mirent bientôt à même de peindre des portraits. Il accompagna son maitre à Paris, travailla assidûment à l'Académie d’après le modèle et se forma seul, bon premier tableau du Père de famille expliquant la Bible à tes enfants, parut tellement au-dessus de ce qu’on pouvait attendre de son talent, qu’on hésita à l'en croire l’auteur. De nouvelles œuvres plus reinarquablesdissipèrent des soupçons injustes, établirent sa réputation et lui valurent la protection du célèbre amateur de La Livede Jully. (.reuze, présenté par Pigale, fut agréé à l’Académie, le 28 juin 1755, sur son tableau de P Aveugle trompé; il partit pour l'Italie vers la fin delà même année avec l'abbé Louis (.ougenot, conseiller au grand conseil, nommé le 10 Janvier 1756 honoraire associé libre î l’Académie. De retour à Paris, Greuze n’exposa, en 1757, que des sujets italiens, et ce voyage, qui ne dura guère plus d’un an, loin de lui être utile, altéra son originalité, sans lui faire acquérir des qualités nouvelles. Il lui fallut quelque temps et des efforts pour secouer le joug de l’imitation, pour redevenir lui-même. Quoique agiéé, G reuze, contre I usage, ne se pressait pas d’exécuter le tableau exigé pourêtie reçu définitivement académicien. Après l’avoir averti à plusieurs reprises de se conformer aux statuts, l’Académie lui interdit son exposition, et I on ne vit aucun ouvrage de lui au salon de 1767. Enfin, il se décida à faite un tableau dans le genre historique, afin d’avoir droit à toutes les dignités du corps et d’obtenir promptement le giade de professeur. Il choisit pour sujet l’empereur bévère reprochant à Caracalla, son fils, d’avoir voulu l’assassiner (n° 259) . L’artiste, en sortant complètement de scs habitudes, resta au-dessous de sa lâche et donna prise aux nombreux ennemis que ses succès et son caractère orgueilleux lui avaient suscités. 11 fut reçu académicien le 23 août 1769, mais comme peintre de genre seulement Cette nomination, dont Diderot, l’ami du peintre, parle longuement, lit beaucoup de bruit ; Greuze, ii rilé, ne voulut plus exposer et ne repat ut au salon que lorsque la Révolution eut ouvert â tous les artistes les portes du Louvre; mais il était trop tard pour sa gloire et pour sa fortune; sa main et sa vue, affaiblies par l’âge, ne secondaient plus son imagination, toujours vive et jeune; enlin, une révolution avait aussi éclaté dans les arts: l%> sujets héroïques, tirés des histoires grecque ou romaine, les dieux de l’Olympe , imités des statues antiques, avaient nétrûn - les scènes familières, les divinités de boudoirs. Greuze, après avoir gagné des sommes considérables, se trouva, à 75 ans, ruiné par des faillites, sans ressources, implorant en vain des commandes, et mourut dans l’indigence. Greuze a emprunté tous les motifs de scs tableaux à la vie privée de la bourgeoisie et mis en pratique, dans scs peintures, les préceptes du drame que Diderot tenta d’introduire au théâtre. I.c sentiment mélodramatique qui prédomine dans ses compositions a contribué autant, si ce n’est plus, que son talent réel à ses succès. Il a peint un grand nombre de fort beaux portraits, et des tûtes de femmes d’une expression quelquefois un peu exagérée, mais pleines de vie, de grâce et de fraîcheur. Il eut pour élèves M 11 * I,e Doux, qui a fait d’excellents pastiches de son maître, sa lillc Anna et sa filleule Caroline; cette dernière épousa M.de Valory et publia, en 1813, une comédie-vaudeville en un acte, intitulée : Greuze, ou l’ Accordée de village, précédée d’une notice sur l’artiste et scs ouvrages. Greuze a exposé aux salons de 1755, 1757, 1759, 1761, 1763, 1765, 1769, 1800, 1801 et de ISOft. Il s’était associé, pour la reproduction de ses tableaux, à quatre habiles graveurs, Massard, Gaillard, Klippart et l/cvasseur ; mais presque tous les autres graveurs de l’époque ont reproduit aussi ses compositions pem'-xou dessinées.
GREUZE
259. « Sévère reproche à Caracalla, son fils, d’avoir voulu l’assassiner dans le défilé a Écosse, et lui dit : Si tu désires ma mort, ordonne à Papinien de me la donner avec cette épée. »
(Livret du salon de 1769.)