II. 2, 15. - L. 1, CO. - T. - Fig. de gr. nat
Adonis est étendu au bord d'une fontaine, le visage tourné contre la terre, et tenant encore ses javelots. Derrière lui, à gauche, un chien noir.
Collection de Louis XVIII. — Ce tableau, envoi de Rome de troisième année et exposé au salon de 1812, après la mort de l’artiste, fut acquis en 1821, du frère de l’rjuteur, M. rélix Uolsselier, peintre paysagiste, pour la somme de 1,000 fr.
BOISSIEU (Jean-Jacques), peintre, graveur, né à Lyon en 1736, mort dans la même ville le 1 er mars 1810.
Il était d’une famille noble, originaire d’Auvergne, et eut pour aïeul paternel Jean de Boissieu, secrétaire des commandements de Marguerite de Valois. Quoiqu'il montrât de 1 tonne heure des dispositions pour le dessin, ses parents tic voulurent pas d’abord encourager scs essais et le destinaient à la magistrature. Cédant â regret â ses instances, ils lui permirent cependant de fréquenter l’atelier de i.ombaril, puis celui de rronUer, peintre d’histoire qui vint se fixer à Lyon. L’étude qu’il eut occasion de faire des ouvrages flamands et hollandais possédés par M. Vialis, son oncle maternel, lui fut un enseignement plus profitable que les leçons de son maître. A l’époque de la vente de la collection de M. Bathéon de Vcrrieux, on paya 1,000 écus un de ses dessins, exécuté d’après un tableau de Wouwerman. Ce succès acheva de vaincre les répugnances que ses parents témoignaient pour la carrière d’artiste que Boissieu persévérait i vouloir suivre. Il arriva à Paris à l’âge de 2!i ans, continua à étudier l’école hollandaise, qu’il préférait à toute autre, et devint l'ami de Joseph Vcrnet, de Watelct, de Greuxe et de Soufllot. Accueilli d'abord avec bienveillance par M. de Larochcfoucault, il fut bientôt admis dans la familiarité de ce grand seigneur, qui avait apprécié son extrême modestie et son talent. Boissieu, pondant son séjour à Paris, allait souvent travailler d’après nature i Fontainebleau, à Marly et à Saint-Germain, et retourna à Lyon avec la promesse de M. de Larochefoucautt de le prendre comme compagnon de voyage dans une excursion qu’il comptait faire en Italie. En attendant la réalisation de cette promesse, il s’occupa à dessiner des vues des environs de Lyon, et se mit, d’après l’instigation d’un marchand de tableaux de cette ville, nommé Pariiet, à faire des essais de gravures à l’eau-forte. Cependant, M. de Larochcfoucault, fidèle à sa parole, arriva à Lyon à l'époque fixée par lui, et emmena Boissieu en Italie en 1765. Il fit de nombreuses études à Florence, à Rome, oh il se lia avec Winkelinan, puis à Naples. De retour à Lyon, il peignit quelques tableaux; mais sa santé, fort délicate, l’obligea â renoncer 5 la peinture â l’huile. Il se livra alors exclusivement au dessin. Il exécutait des portraits i la sanguine avec une grande finesse, et des paysages à la mine de plomb ou au lavis qui étaient extrêmement recherchés, même à l’étranger. Après son mariage, en