LANCRET
prendre pour maîlrc Gillot, dont Watteau était l’élève, et i travailla plusieurs années cher cet artiste. Watteau, qui fut d'abord très lié avec Lancret, lui conseilla de quitter l’atelier, de ne plus prendre pour guide que la nature, de dessiner des vues de paysages aux environs de Paris, et d’inventer des compositions où il pourrait se servir de scs études. I.ancret suivit ce conseil, et les deux tableaux qu’il exécuta reçurent l’approbation de Watteau ainsi que celle de l'Académie, qui l’admit au nombre des agréés. Encouragé par un début si flatteur, 1 antre t redoubla de zèle, lit des progrès rapides, et exposa place Dauphine, comme c’était alors l’usage à l’octave de la Fête-Dieu, deux tableaux dans la manière deWatteau, qui furent trouvés si beaux qu’on les crut de Watteau lui-même et que plusieurs des amis de ce dernier lui en firent compliment. Ce succès, qui commença la réputation de Lancret, brouilla pour toujours les deux artistes. Lancret fut reçuà l’Académie, le 24 marst"19, au même titre que Watteau, comme peintre de fêtes galantes, et nommé conseiller le 24 mars 1735. Sa vie fut entièrement absorbée par la pratique de son art. Dans scs promenades 1 la campagne, il faisait descroquis de tout ce qui le frappait, et ce n’est que dans ses dernières années que ses amis obtinrent de lui de ne point aller dessiner à l’Académie l’hiver, d’après le modèle, avec les autres élèves. Lancret a peint un nombre immense de tableaux de genre, des noces de villages, des bals, des foires. 11 a fait aussi quelques portraits et des compositions historiques. 11 a joui, de son vivant, d'une grande réputation, et les plus habiles graveurs de l’époque ont reproduit ses œuvres. 11 a exposé aux salons de 1737, 1738, 1739, 1740 et de 1742.