‹ Notice des tableaux exposés dans les galeries du musée impérial du LouvreChapitre 318 sur 583 · La magnificence royale · texte numérisé non relu

La magnificence royale

H. 2, 70. — L. 1, 70 . — T. — Fig. plus gr. que nat.

Assise sur une terrasse ornée d’une balustrade, elle tient de la main gauche un caducée et appuie le bras droit sur une corne d’abondance d'où sortent des couronnes et des branches de laurier réunies par une chaîne d’or.

Collection de I.ouis XIV. — Ce tableau, indiqué comme étant de Mosnier sur l’inventaire de 1709 1710. dressé par lïailly, fut porté à tort, sur les inventaires postérieurs, aux inconnus de l’école italienne, et faisait partie des peintures exécutées par Mosnier au palais du Luxembourg, par ordre de la reine Marie de Médicis.

NAIN (les frères le), travaillaient vers le milieu du XF//” siècle.

Aucune biographie peut-être n’est plus obscure que celle des frères le Nain, dont les historiens pendant fort longtemps ne se sont point occupés du tout. En attendant que de nouveaux renseignements viennent jeter quelque lumière sur leur existence, nous nous bornerons à citer les dates et les faits fournis par des documents authenl.ques découverts depuis peu. Des mémoires manuscrits de M. le l.eu sur la ville de Laon, cités par Dom Grenier, religieux de la congrégaton de Saint- Maur, dans les papiers qu'il avait recueillis pour servir à une histoire de la Picardie, nous apprennent que les trois frères layuis, Antoine, Mathieu le Nain, nés & Laon, lurent formés dans cette ville par un peintre étranger, qui leur enseigna les éléments < e la peinture pendant une année. Ils passèrent ensuite & Paris pour s’y perfectionner, et demeurèrent dans la même maison. Antoine, qui était l’aine, fut reçu peintre le 16 mars 1629. dans l’enceinte de l’abbaye de Saiut-Germain-dcs-Prés, par le sieur Planlin, avocat, qui en était bailli. Il excellait dans la miniature et dans les portraits en raccourci (c’est-à-d.re de petites dimensions). Louis faisait des portraits en buste. ■Mathieu avait été nommé peintre de la ville de Paris le 22 août 1633, et le 39 du même mois lieuteuantde la compagnie bouigeoise du sieur Duré, en la colonelle de M. de Sève. Les trois frères furent reçus a l’Académie royale de peinture, instituée par un arrêt du Conseil d’Etat du 20 janvier 1648, le J"ipars delà même année. Leurs lettres de réception sont signées par le Brun. Louis mourut i tiuis jours d’Antoine, son frère aîné; l’un

NAIN (LES FBfeRES LE),

et l’autre ne furent pas mariés. Mathieu leur survécut, obtint, le 13 septembre 1602, des lettres de rommillimiit en qualité de peintre de l’Académie royale. On d.t qu’il lit le portrait de la reine, mère de l.ouis XIII. Tels sont les rcnseigncincntsfournis par Dont Grenier. Voici ceux donnés par les papiers de l’Académie et de l’Kcole des lieaux-arls : les trois frères Louis, Antoine et Mathieu sent portés sur les registres comme académiciens assistant à la séance du mois de mars 16'is. l'ois ces mêmes registres, 3 la date du G novembre MW, ne mentionnent plus comme académicien que Mathieu. Suivant un cahier manuscrit conservé à l’Ecole ries beaux-arts, Louis, l’aillé (et non Antoine, connue le dit (.renier) , peintre de bambochades, surnommé le Homain. inouï ut le 23 mars 1648 à Page de SS ans; Antoine, le jeune, dit le chevalier. peintre de bantbochades, mourut deux jours après lui, le 25 mars 1648 (un autre manuscrit porte le 25 mot 1658, mais c’est évidemment une erreur du copiste), à Page rie 70 ans. M. Huit?., secrétaire de l’Académie, dans une note, adopte bien la même date, mais ne donne que 60 ans à Antoine au jour de son décès. Enfin, Mathieu, le cadet, peintre de hamliocharies, vécut jusqu'au 20 août 1677. Les dates d’admission à l’Académie, celles rie mort, nous paraissent L contestables. Mais il n’en est pas de même de celtes de leur naissance, qu'on pourrait déduire de leur dge à l’époquo de leur mort, et il y a confusion sur les surnoms qu'ils portèrent, puisqu'on donne celui de chevalier tantôt 5 Antoine, tantôt à Mathieu II n’est point ri (Ticile de reconnaître un tableau sorti du pinceau des le .Nain. L’expression sérieuse et triste des figures introduites par eux, même dans des scènes rustiques, rie cabaret ou de corps de garde, le type des têtes, un ton général gris vcid.itre, des blancs vifs et multipliés, relevés par quelques draperies ordinairement d’un rouge clair, enfin une espece de reflet de l'école espagnole, sont des traits caractéristiques de leur manière. Néanmoins, jusqu’à présent, il nous semble impossible de p.mvoir attribuer un pot trait ou un tableau, soit de genre, soit d'h sloire, à tel le Nain plutôt qu'à tel autre. Les auteurs les ont toujours confondus lorsqu’ils ont parlé de leurs œuvres, et ceux qui ont cherché à établir quelque distinction dans leur manière ont rendu la question plus obscure. I)e nouveaux documents authentiques pourront seuls venir en aide aux biographes. Outre un assez, grand nombre de tableaux de chcialet, on cite des le Nain de grandes toiles pour des églises de Paris et de Laon, et enfin la voflte de la chapelle de la Vierge à Saint- Germain-des-Prés. *l.es trois frères le Nain (dit Sauvai, L l, page 346) excellaient à faire des têtes; aussi ont-ils réussi merveilleusement dans celles des ligures qu’ils y ont fait entrer, aux figures de l’Assomption et du Couronnement de la Vierge; toutes ces tètes, au reste, sont d’après nature, si belles et Si proprement app iqnées au sujet qu’il ne se peut mieux. ■ Enfin, la description historique des tableaux de l'église de Paris (Notre- Dame), page 38, nous apprend qu’on voyait u . crucifix sur l’autel de la cliap Ile de Saint-Jacques peint en 10i0 par le Vnim Ijt'c). Les ouvrages des le Nain ont été gravés par Daullé, Levasseur, Elisabeth Cousinet, Bannerman, Saint-Maurice, Claesseus, Hubert.

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