‹ Notice des tableaux exposés dans les galeries du musée impérial du LouvreChapitre 329 sur 583 · La foire de Vesoul · texte numérisé non relu

La foire de Vesoul

H. 1,115. — L. 1, 95. — T. — Fig. de 0,30.

Plusieurs groupes d’hommes et de femmes sont couchés sur le gazon. Au deuxième plan, à gauche, sous lin quinconce d’arbres élevés, un homme et une femme dansent au son d’un galoubet. A droite, au premier plan, trois cavaliers au galop se dirigeant vers la fête , et des tentes dressées en avant d’un château plus éloigné.

Musée Napoléon. — Tableau de réception de l’auteur à l’Académie, le 24 novembre 1725.

OUDttY (Jean-Baptiste), peintre, graveur, né à Paris 1$ 17 mars 1686, mort à Beauvais le 3 avril 1733.

Son père Jacques Oudry, maître peintre, établi sur le pont de Notre- Dame, oit il faisait le commerce de tableaux, lui enseigna les premier» éléments de l’art et l’envoya à l’école de la maîtrise de Saint-l.uc. Il y remporta plusieurs prix de dessin, et après avoir aussi travaillé avec

OUDRY

de Serre, peintre des galères du roi 5 Marseille, qui voulait l’emmener dans cette ville, il se mit sous la direction de Largillière. Ce peintre célèbre eut pour lui des soins paternels; il le faisait venir près de son chevalet lorsqu’il avait des tûtes intéressantes à peindre, et l’instruisait des motifs de ses procédés dont chaque coup de pinceau devenait la démonstration. Sous un pareil maitre les progrès d’Oudry furent rapides. I.e 21 mai 1708, son père le fit entrer, ainsi que scs deux frères, à la maîtrise de Saint-Luc, dont il était directeur; mais il ne présenta son chef-d'œuvre, c'est-à-dire son tableau de réception, que le 19 juillet de la même année. Ce chef-d’œuvre était un saint JérOme en buste, tenant un livre et appuyé sur une tète de mort. Oudry se livra d’abord à la peinture de portraits. Des fruits, des animaux,

3 u’il aimait à introduire comme accessoires dans ces compositions et Tenait avec beaucoup d’habileté, attirèrent l’attention de Largillière, qui lui conseilla d’abandonner le portrait pour se livrer uniquement à la représentation des animaux et de la nature morte. Quoique décidé à suivre ce conseil, la nécessité le força à accepter tous les travaux qui se présentaient. C’est ainsi qu’il lit à cette époque une Nativité et un saint Cilles pour le chœur de Saint-Leu, et une Adoration des Mages pour le chapitre deSaint- Marlin-des-Champs. Au mois de mai 1714, il fut adjoint en la maîtrise, et le 1 er juillet 1717 élu professeur. Le 26 juin de la même année, il se présenta à l’Académie royale, qui l’agréa. Reçu académicien comme peintre d’histoire, le 25 février 1719, il donna pour sa réception un tableau représentant l’Abondance avec ses attributs. Ce sujet lui avait été imposé, suivant l’usage, par le directeur. Enfin il obtint le grade d’adjoint à professeur le U juin 1739, et celui de professeur le 28 septembre 1743. Oudry n’était point encore parvenu à ces charges académiques, lorsqu’il eut occasion de faire un portrait en pied de Pierre 1 er . Le citar fut tellement satisfait de cette peinture, qu’il lui proposa de l’emmener en Russie. Le duc d’Antin détermina l’artiste à rester en France en lui commandant les tableaux d’une tenture des chasses du roi. Après avoir eu longtemps la fortune contraire, Oudry put enfin mettre en évidence les ressources de son talent flexible. Son ami Massé, habile miniaturiste, lui fit connaître le marquis de Bcringhen, premier écuyer du roi, qui le présenta à Louis XV. Iæ monarque lui commanda plusieurs ouvrages, lui donna un atclierdans la cour des Princes, aux Tuileries; puis plus tard, un logement dans les galeries du Louvre. Fagon, intendant des finances, fut aussi un des protecteurs d’Oudry. Il le chargead’une suite d’ouvrages considérables pour sa terre deVauri et pour sa maison à Fontenay-aux-Roses. La réputation d’Oudry augmentait de jour en jour. Le roi l’appelait fréquemment à la cour, lui faisait peindre en sa présence ses chiens favoris, lui envoyait à copier tous les animaux rares qu’il recevait avant de les faire porter au cabinet d’histoire naturelle. L’artiste suivait les chasses de Louis XV, et faisait de continuelles études danslcs forêts, afin de donner à ses tableaux toute l’exactitude possible. Les ouvrages d’Oudry furent extrêmement recherchés à l’étranger. Le prince de Slecklembourg fit bâtir une galerie dans son palais de Schwcrin pour y placer ses peintures. Le comte de Tcssin, envoyé extraordinaire de Suède, parla de lui si avantageusement au roi de Danemark, que ce prince lui offrit les conditions les plus avantageuses pour l’attirer à sa cour. Il refusa toutes ces propositions. M. Fagon, ayant résolu de relever la Manufacture de Beauvais, fondée par Colbert, de l’état de dépérissement oh elle était tombée, jeta les yeux sur Oudry. Il lui fit accorder, ainsi qu’au sieur Besnicr, son associé, par lettres-patentes du 23 mars 1734, un bail de vingt ans avec 4, OOP livres par année pour l’entretien de la maison, 900 livres pour former des apprentis, et 90,000 livres pour subvenir aux pertes quel es associés pouvaient faire. Il fallait, en quelque sorte, créer de nouveau cet ancien établissement. Oudry entreprit cette tâche difficile, et réussit, grâce à une activité infatigable. Pendant longtemps, il fit seul des modèles de tentures, telles que la chasse, la verdure, les amusements champêtres, les comédies de Molière, les fables de La Fontaine; puis il appela à sou aide Boucher et Maloire. Les succès qu’Oudry obtint à Beauvais I ui firent donner par M . de

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OUDRY

Toumehem la surinspection des travaux des Gobelins, avec 2,000 livres d’appointements. Malgré le temps considérable que lui prenait la surveillante de ces deux manufactures, il en trouvait encore assez, pour produire une foule de tableaux qui figuraient à chaque exposition; pour aller, les dimanches et fêtes, faire des éludes de paysages dans la forêt de Saint- Germain, ii Chantilly, au bois de Boulogne cl dans les beaux jardins d'Arcueil. Après avoir peint toute la journée, il consacrait ses soirées à dessiner ; c'est ainsi qu’il composa, pendant les années 1729 et 1730, 275 dessins sur papier bleu rehaussé de blanc pour une édition des fables de La Fontaine (0 vol. in-folio dont l’impression n’a été finie qu’en 1760). Oudry lut à l’Académie deux conférences extrêmement remarquables : l’une contenait des réflexions sur la manière d'étudier la couleur en comparant les objets les uns aux autres, et a été publiée; l’autre, encore inédite, concerne les soins que l'on doit apporter en peignant. Cet artiste remarquable a exécuté avec succès des chasses, des paysages, des animaux, des fruits, des fleurs, des imitations de bas-reliefs, des pièces de gibier ou de boucherie sur des fonds supposés de bois blanc qui font une grande illusion. Il a exposé aux salons de 1737, 1738, 1739, 1750, 1751, 1752, 1753, 1745, 1756, 1757, 1758, 1750, 1751, 1753, 1757 et de 1761. 11 a été gravé par Le Bas, Sylvestre, Aveline, Daullé, Basait, Tardieu. — Le second de ses fils, Jfarques-cliarles Oudry, peintre d’animaux, né en 1720, mort à lamsanne en septembre 1778, après avoir été reçu 5 l’Académie le 31 décembre 1758, voyagea à l’étranger, se fixa longtemps à la cour de Bruxelles, et fut premier peintre du prince Charles. 11 exposa aux salons de 1758, 1750 et de 1751.

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