Moïse sauvé des eaux
H. I, 21. — L. 1, 95. — T. — Fig. de 0, 50.
Composition de dix figures principales. — Sur le rivage, vers le milieu du tableau, Thermutis, vue de face, soutenue par une jeune fille placée derrière elle et dont on ne voit qu’une portion du buste, est accompagnée de six femmes. A droite, deux sont debout , une est agenouillée près de la corbeille de jonc où est couché le petit Moïse. A gauche, deux autres femmes également agenouillées, et une penchée. Du même côté, au second plan, le batelier qui a trouvé le berceau flottant s’éloigne dans sa barque. A droite, au premier plan, la figure allégorique du Nil, tourné vers le spectateur, couché sur une draperie, appuyé sur une urne, tenant une corne d’abondance, caractérisé par un sphinx. Dans le fond, sur l’autre rive, la ville avec des pyramides, de riches édifices, des palmiers, et sur le Nil une barque antique montée par neuf personnages , dont deux s’apprêtent à percer d’une lance un hippopotame qui nage.
Gravé par G. Rousselet (Cale, irrtp.); par F. Garnier; par Awiran. — London, I. 3, pl. 5.
Collection de Louis XIV.— Ce tableau, en 1709-1710, Otait placé h Mcudon dans les appartements frais. — Poussin a peint plusieurs fois le sujet du Moïse sauvé. Pendant le séjour que le banquier Pointel, son ami, fit à Rome de 1645 à 104G, il exécuta pour lui un tableau représentant ce trait de l 'Histoire-Sainte. Le tableau, rapporté en France par M. Pointel, excita la jalousie de M. de Chantclou, qui reprocha au grand artiste de négliger les Sept Sacrements, entrepris pour lui, afin de satisfaire à son détriment un autre ami. Poussin, dans une longue lettre, datée du 24 novembre 1647, se disculpa de ce reproche et exposa d’une façon remarquable la manière élevée dont il envisageait la théorie de l’art, lin autre Moïse sauvé, peint vers 1651 pour un sieur Reynon, négociant de Lyon, passa ensuite dans le cabinet du marquis de Seignelay. Enfin, Louis de Loménie, comte de Brienne, dans le catalogue de si s tableaux, écrit par lui en latin sous forme d’épltre datée du 29 octobre 1662, cite aussi un Moïse sauvé. Malheureusement, ni Poussin, ni Félibien, ni Loménie, ni d’autres auteurs ne décrivent ces compositions de manière à permettre de les distinguer les unes des autres, en sorte qu’on ne peut savoir avec certitude quel fut le possesseur primitiT du tableau du Louvre, ni pour qui il peignit une charmante composition renfermant dix figures de femmes, et dans le fond un homme agenouillé en adoration devant une statue d’Anubis. Cette dernière composition, gravée par A. Loir, eut aussi pour éditeurs Gantrel et G. Audran.
POUSSIN