Diogène jetant son écuelle; paysage
H. 1, 61. - L. 2, 20. - T. - Fig. de 0, SS.
Au premier plan, à droite, près d’une source ombragée par de grands arbres et des arbustes, Diogène debout, appuyé sur un bâton, regarde un jeune homme accroupi qui boit dans le creux de la main, et vient de jeter son écuelle. Un chemin sinueux conduit à un fleuve qui coule entre des montagnes sur lesquelles s’élèvent, à gauche, l’entrée de la ville d’Athènes, à droite, des maisons de campagne. De nombreuses figures sont répandues dans la campagne. Au second plan, des philosophes couchés sur la terre s’entretiennent avec leurs disciples ; plus loin, des hommes pèchent, d’autres se baignent.
Gravé par Étienne Baudet (C ale. imp.) ; par Ahlenwang dans le Musée rayai; par Grebert. — Filhol, t. 10, pl. 650. — London, 1.3, pl. 2».
Collection de Louis XIV. — Ce magnifique paysage, peint il Rome en 1608 pour Al. de I umagne, banquier de Gênes fut ensuite acbeté pour la
POUSSIN
collection de la couronne. Il était exposé en 1709-1710 à Versailles, dans le cabinet des tableaux, et fait partie, comme le précédent, d’une suite de quatre paysages gravés par Et. Baudet et dédiés à Louis XIV.
PRINCE (Jean-Baptiste le), peintre, graveur, né à Metz en 1733, mort à Saint-Denis-du-Port, prés de Lagny-sur-Mavne, le 30 septembre 1781.
Il apprit les éléments de peinture d’un peintre inconnu de Metz, et fut conduit à Paris par le maréchal de Belle-Isle, gouverneur de cette ville, qui s’était déclaré son protecteur, et le plaça quelque temps à l’atelier de Boucher, oit il fil de rapides progrès. Sa réputation était déjà établie lorsqu’il résolut, pour échapper aux fâcheuses conséquences d’une union disproportionnée, de se rendre en Itussie. Il s’embarqua en Hollande; le bâtiment fut capturé par des corsaires anglais, et après diverses aventures, il parvint à Saint-Pétersbourg, oit M. le marquis de l’ilûpital, à qui le maréchal de Belle-Isle l’avait recommandé, le présenta au czar, qui l’accueillit avec bonté. I.e Prince peignit des plafonds au palais impérial, et pendant les cinq années qu’il passa en Itussie, soit que les costumes de ce pays lui parussent favorables à la peinture, soit qu’il voulût surtout se faire un nom par la singularité d’un genre nouveau, il ne cessa de dessiner des vues et des scènes de la vie civile et religieuse des habitants de ce vaste empire. De retour en France, il fut reçu académicien le 23 août 1705, sur un tableau représentant un Baptême selon le rit grec (au Ministère de la justice). Le Prince exécuta un grand nombre de peintures et de dessins. Poussé par le désir de reproduire ses coni|>ositions et trouvant la gravure à l’eau-forte trop lente, il inventa le procédé beaucoup plus expéditif de la grav ure au pinceau et à l’aquatinta, dont il fft un secret, et dans lequel il n’a pas été surpassé. Son œuvre, dans ce genre, est considérable; ses estampes, d’une exécution pittoresque, imitent souvent .c lavis à faire illusion. Il a exposé aux salons de 1765, 1767, 1769, 1771, 1773, 1775, 1777, 1779 et de 1781 ; ses ouvrages ont été gravés par Baquoy, üelaunay, Bonnet, Demarteau, Godefroy, Gaillard, Hclman, Ilcniiqucz, l.iénard de Longueil, àlarni, Parizeau, Saint-Aubin. Tilliard, Leveau, Varin, etc.