‹ Notice des tableaux exposés dans les galeries du musée impérial du LouvreChapitre 399 sur 583 · Passage du Sasten (canton d'U ri) , en Suisse · texte numérisé non relu

Passage du Sasten (canton d'U ri) , en Suisse

H. Oi 81. — L. 1, 01. — T. — Fig. de 0, 35.

À droite, a» milieu des glaces, un troupeau de chèvres gardées par un jeune pâtre, et deux voyageurs tenant des parasols ouverts. A gauche, un autre voyageur dessine sur un album. Auprès de ce dernier se tient un guide portant les bagages sur le dos. Dans le fond, un troupeau de vaches. — Signé : 1824. A. X. Leprince.

Collection de Charles X. — Ce tableau, exposé au salon de 182!i, fut acquis en 1826 pour 1,506 fr.

PRUD’flOIY (Pierre) , né à Cluny ( département de Saôneet-Loire) le 4 avril 1758, mort à Paris le 16 février

Cest à tort que la plupart des biographes ont donné 1 Prud’hon pour date il" naissance l’année 1/760, et pour prénoms ceux de Pierre-Paul. La uate que nous rapportons ici est prise sur son acte de naissance même; il nousappre -d également qu’il s’appelait simplement Pierre; ce fut vingt ans plus tard qu’il prit le nom de PSnl. 11 était le treizième i nfant d’un maçon nommé Chiist Prud’lmn, qui mourut peu de temps après la naissance de son fils. I.es moines de l’a h ha y s'intéressèrent à lui et se chargèrent de son éducation. La vue des tableaux qui décoraient le monastère frappa vivement son imagination, et dès son enfance il montra pour les arts du dessin une aptitude singulière, qui lui valut la protection de M. Moreau, évéque de Mâcon. Ce prélat l’adressa à M. nesvoge», professeur dirigeant l’école de peinture de Dijon. Pcud’hon avait alors t6 ans. Ses progrès furent rapides, et probablement sa carrière eût été heureuse, si dès l’âge de 19 ans il n’eût contracté une union qui fut pendant toute sa vie la source de chagrins incessants. Quoique marié, Prud’hon sentit le besoin de continuer scs études ; il vint â Paris en 1780, recommandé à M. Wille, graveur, par M. de Joursanvault, qui avait su apprécier la nature de son génie. Trois ans après, Prud’hon concourait pour le prix trisannuel fondé par les états de Bourgogne. Touché des regrets d’uu des concurrents qui ne pouvait accomplir .sa tâche, il termina le tableau de son rival, qui obtint le prix. Le jeune élève, ému du généreux désintéressement de son ami, avoua quai lui devait uniquement son succès ; le jugement fut rectifié, et Prud’hou partit cour Rome en 1782. Les œuvres de Raphaël, d André del Sarte, de léonard et du Corrège surtout, furent pour lui l’objet d’études approfondies. Il se lia, danscette ville, imiinemcntavec Canota, qui essaya en vain de le fixer auprès de lui. Avant de quitter Rome, il copia le Triomphe de la Gloire, plafond de Piètre de Cor donc au palais Bai berini, et donna à la ville de Dijon cet ouvrage qui décore maintenant la salle des Etats. Prud’hon revint â Paris en 1789, pauvre, ignoré, faisant pour vivre des dessins de vignettes, des adresses de marchands, des têtes de lettres, des portraits au pastel et en miniature. Leoomte d' Mariai lui coaxnandh quelques dessins qui, reproduits par la gravure, commencèrent sa réputation. En 1795, il alla en Franche-Comté, passa deux années à Rigny, près de

PRUD’HON

Gray, et peignit un grand nombre de portraits, tant b l’huile qu’au pastel. C’est à cette époque aussi qu’il composa, pour M. Didot l’ainé, les illustrations de Daphnis etChloé et de Gentil-Bernard, cl qu’il lit la connaissance précieuse de M. Frochot, plus tard préfet de la Seine, qui fut son protecteur et son ami. De retour à Paris, Prud’hon continua ses travaux pour M. Didot. Un dessin représentant la Vérité descendant des deux et conduite par la Sagesse, lui valut un prix d’encouragement, puis un logement au Louvre et la commande de l’exécution decette composition, exposée en 1799, placée longtemps au plafond de la salle des g ardes de Saint-Cloud. Cette peinture avant souffert à la suite d’un incendie lors du mariage de Napoléon 1", fut transportée depuis au Louvre. M. de landyle chargea de décorer son bétel, rue Cérutti; il y représenta, sous des ligures allégoriques, la Richesse accumulant autour d’elle toutes les espèces de jouissances. L’hôtel appartint ensuite à la reine liorlcnse, puis à M. de Rothschild. En 1803, Prud’hon, cédant aux sollicitations d’un de scs amis, consentit à donner des conseils 1 M' 1 ' Mayer, qui devint son élève, et dont le dévouement apporta une douce consolation b ses nombreux chagrins de famille. Le plafond de la salle des Antiques du Musée, oit il retraça Diane implorant Jupiter, fut sa création la plus importante après le plafond de Saint-Cloud; il avait »5 ans lorsqu’il le peignit. Quelque temps après, M. Frochot, préfet de la Seine, lui fit peindre le Crime poursuivi par la Justice et la Vengeance, tableau destiné à la Cour criminelle (au Palaisde-JUstice), et exposé en 1808, en même temps que l’Enlèvement de Psyché par les Zéphyrs. Ces deux pages éminentes valurent à l’artiste la croix de la Légion-d’Honneur, et, dès lors, apprécié à sa valeur, Prud’hon reçut de nombreuses commandes de portraits et de tableaux. Il fut choisi pour donner des leçons de peinture b l’impératrice Marie-Louise, et en 1816, il entra à l’Institut. Estimé de tous, protégé par des amis puissants, lien ne semblait devoir manquer au bonheur de Prud’hon, lorsque la fin tragique de M 11 * Mayer, a. . ivée le 26 mai 1821, le frappa d’un coup affreux. A partir de cette époque, sa vie se passa dans la douleur. En vain il essaya d’échapper 1 de cruels souvenirs par le travail; sa santé, profondément altérée, ne put se rétablir, et il mourut deux ans après celle qu’il ne cessait de regretter. Prud’hon a exposé des dessins et des peintures aux salons de 1791, 1793, 1796, 1797, 1798, 1800, 1801, 1808, 1810, 1812, 181», 1817, 1819, 1822 et de 182» (exposition posthume ). Copia et Roger surtout ont gravé ses ouvrages avec beaucoup de talent.

Page 1