Portraits de deux femmes et d’un homme inconnus
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L’homme est placé à gauche, la tête vue de trois quarts, tournée à droite, coiffée d’une toque de velours rouge et jaune formant une espèce de turban. Sa che-
RIGAUD
mise n’est point fermée sur le cou , et il porte une robe de chambre. Au milieu, une jeune fille, tête nue, presque de profil, regarde à gauche ; une bandelette blanche passe au milieu de ses cheveux relevés. A droite , une femme plus âgée , également tête nue et avec les cheveux relevés, se tourne de trois quarts vers le même côté ; elle porte une robe violette et retient de la main droite, près de la poitrine , un manteau de velours bleu.
Ancienne collection. — Toutes les parties de ce tableau ne sont pas terminées.
ROBERT (Hubebt), peintre, graveur, né à Paris en 1733, mort dans la meme ville , le 13 avril 1808.
Ses paronls voulaient lui faire embrasser l’état ecclésiastique, et ce fut à l’intercession de Michel-Ange Sloodtz, sculpteur, qu’il d tilde pouvoir suivre enlin sa vocation pour la peinture et la permission de partir pour Home. L’éloge que de jeunes artistes revenant de cette ville firent de son talent, engagea M. de Marigny, alors surintendant des bâtiments du roi, à écrire i SI. de Choiscu), ambassadeur auprès du pape, pour demander à Itobert un tableau de sa composition. 11 fut tellement satisfait de la peinture que celuici lui envoya, qu’il lui accorda la pension d’élève sous le dircctorat de Siatoirc. Lorsque Jean-Claude I’.ichard, abbé de Saint-Non, vint à Honte en 1759, il se lia avec cet amateur distingué, et l'accompagna, ainsi que Fragonard, dans son voyage qu’il lit dans toute l’Italie et la Sicile. Pendant douze ans Hubert ne cessa de dessiner et de peindre les plus précieux monuments de l’Italie, et le nombre de ses études, durant celte période, est immense. Son ardeur pour le travail et sa témérité l'exposèrent plusieurs fois aux plus grands dangers. 11 escalada les murs du Colisée de Home, fit une excursion sur la corniche de Saint-Pierre et manqua périr dans le labyriutlie des catacombes. C’est ce dernier événement qui iuspira i Delille l’épisode qui termine le quatrième chant du poème de Vlmaijtnalion. Ilevenu en France, il fut reçu à l’Académie le 20 juillet 1700, comme peintre d’architecture, et donna pour sa réception le tableau inscrit sous le n" ItSh. L’impératrice Catherine II l’invita, en 1782 cl 1791, i venir s’établir i Saint- Péteisbourg ; mais malgré les odres avantageuses de l’impératrice, il ne put se décider à quitter sa patrie, et lui envoya des ouvrages qui furent magnifiquement pavés. Hobcrt était garde des tableaux du roi, conseiller de l’Académie et dessinateur des jardins royaux. C’est d’après scs plans qu’ont été construits les bains d’Apollon qui ornent le parc de Versailles, et on lui doit l’arrangement d’un grand nombre de jardins, entre autres de ceux de Méreville. A l'époque de la Révolution il perdit toutes ses places et fut incarcéré pendant dix mois. Durant sa captivité, son incroyable énergie et son amour pour l'art ne se démentirent point. On lui refusa d’aboiddes toiles et des couleurs; il trouva le moyen de se faire passer les couleurs dans des manches de poêlons de terre, et peignit sut les grossières assiettes destinées à son repas. l’Ius tard, ayant obtenu plus de facilités, il exécuta cinquante-trois tableaux et une foute de dessins qu'il distribua à ses compagnons d’infortune, Il fit le portrait que tu poète Houcher envoya à sa
ROBERT (Hubert).
femme la veille de sa mort, et seul, tranquille au milieu d'événements terribles, lorsque la nuit, à la lueur des torches, on transporta, dans des charrettes découvertes, les prisonniers de Sainte-I*élagie à Saint-I.ar.are, ü ne songea qu’à dessiner celte scène effrayante, dont il <it*un tableau remarquable. Il échappa à la mort par un hasard providentiel, et un malheureux prisonnier qui portait le même nom que lui périt à sa place. Robert ne cessa de peindre jusqu’au dernier moment. Il fut frappé d’une attaque d’apoplexie le pinceau à la main. Son œuvre est immense. 11 eut pour ain s les personnages les pins distingués du xviiU siècle : ViscoiUi, G mue, Vernet, Ilall, M“ le Brun, Grétry, Uelille, Le Kain, Voltaire, pour qui il peignit, ï Forney, les décorations de son théâtre. Robert avait son atelier au I .ouvre et occupait à Auteuil la maison de campagne de Boileau. On y voyait une galerie ornée de ses seuls tableaux. Ses ouvrages ont été grav és par Saint- Non. Châtelain, Janine!, l.iénard, Martini, Maugcin, Le Veau, etc. 11 a cxposéaux salons de 1107, 1169, 1771, 1173, 1775, 1779, 1781, 1783, 1785, 1787, 1789, 1791, 1793, 1795, 1790 et de 1798.