SANTERRE
de sénateurs, Romulus donnant le signal. Dans le fond, divers édifices.
Musée Napoléon. — Ce tableau, qui était porté aux inconnus sur les Inventaires, obtint en 1780 le grand prix de peinture à l’Académie.
SANTERRE (Jean-Baptiste', né à Magny, près Pontoise, en 1650, mort à Paris le 21 novembre 1717.
Après avoir eu pour premier maître François ï.emalre, peintre médiocre de portraits, il passa à l’école de Boulogne l’alné, et étudia avec beaucoup de soin la perspective et sur tout (’anatuure. Désireux d’assurer à ses ouvrages une longuedurée, il sc livra à de nombreuses observations sur la fixité des couleurs exposées en plein air, et réduisit à cinq celles qu’il crut pouvoir employer sans inconvénient; il mettait, en outre, sécher ses peintures au soteii et ne ies vernissait qu’au Ivout de dix ans. Travaillant avec une extrême lenteur, il peignit fort peu de tableaux d'histoire et n’aborda pasde compositions compliquées. Il lit d’abord des portraits; mais il abandonna bientôt ce genre, ne pouvant supporter patiemment les observations les plus contradictoires et souvent les plus fausses faites sur la ressemblance , les attitudes et les costumes des personnes qu’il avait représentées. Il déclara alors qu'il ne voulait plus peindre que des tètes de fantaisie et n’imiterait, dans les modèles, que les traits qui lui sembleraient agréables. Malgré la bizarrerie de cette condition , il trouva beaucoup de gens qui s’y soumirent. Santerre a exécuté aussi des demifigures allégoriques ou mythologiques qui étaient fort recherchées de son temps. Il fut reçu à l’Académie le 18 octobre 1704 , et donna pour sa réception une Suzanne inscrite sous le numéro suivant, ainsi que le portrait deCoypel, directeur de l’Académie. Le roi lui commanda une sainte Thérèse en méditation pour la chapellcde Versailles; cet ouvrage lui valut unepensiou et un logement au I .ouvre. Sa dernière peinture, et une des plus importantes, fut un Adam et Eve au milieu du Paradis terrestre. Santerre avait formé chez lui une académie de jeunes lilles qui lui servirent souvent de modèles. «Geneviève Illancliot, plus connue sous le nom de Vodou, était son élève de prédilection, et a été exclusivement occupée à faire des copies d’après ses tableaux. Santerre l’a peinte fréquemment dans ses compositions. 11 n’a exposé qu’une fois, en 170'i. Plusieurs de ses ouvrages ont été gravés par Château, Bricait, llocbefort, N. Tardieu et B. Picart.