‹ Notice des tableaux exposés dans les galeries du musée impérial du LouvreChapitre 447 sur 583 · L'ermitC. (Conte de La Fontaine · texte numérisé non relu

L'ermitC. (Conte de La Fontaine

H. 0, S0. — L. 0, 23. — T. — Fig. de 0, 22.

A gauche, la jeune fille que sa mère amène au frère Luce, épouvanté de la présence de ces deux femmes dans sa cellule.

Musée Napoléon. — (Voir la note du n° 511.)

SUElIIt (Elis r ac iie le), baptisé à l’église Saint-Eustache , à Paris, le i9 novembre 1617, mort le 30 avril 1653.

U était fils de Gitlielin le Sueur, de Montdidier, qui vint à Paris et y exerça la profession de tourneur. Son origine n’avait donc rien de noble, quoi qu’en ait pu dire le musicien I.c Sueur, dont le vrai nom était Sueur, et qui prétendait faussement desccndrcriu grand peintre français. Lejeune Eustache fut mis sous la d rcction de Voucl et fil des progrès rapides. U ne voulut jamais a, 1er à Home, mais il étudia les meillcursouvr âges qui venaicntd’ltaiie. Admis dans la confrérie dcsmailres peintres, pour laquelle il avait peint un Saint Paul à F.phèse chassant les démons, il s'en sépara lors de la création de l’Académie royale de peinture et de sculpture, !e t«' lévrier 1648. llf ut du

SUEUR (le).

nombre des douze artistes (pii prirent le nom d'ancien* et exercèrent les fonctions de professeurs. Parmi les derniers ouvrages qu’il exécuta dans la manière de Vouct, son maitrc, on cite huit tableaux dont les sujcis étaient tirés du Songe de Polypliile de Kr. Culumna, et qui furent reproduits en tapisserie aux (iobelins. Quelque temps après il entreprit la célèbre décoration de l’hôtel de VI. lambcrt de Thoriguy , président de la Chambre des comptes, situé à l’extrémité de l’Ile de iN o l re- l)a me ; ma Is il dut interrompre à différentes reprisesce travail, qui l'occupa pendant plusieurs années, alin de satisfaire à d’autres commandes. Il lit au Louvre, dans les appartements du roi et delà reine Anne d’Autriche, qui l’aiait en grande estime, des tableaux probablement détruits maintenant, et dout l'inventaire de Bailly, dressé en 1110, signale encore l’existence. Après ces ouvrages au Louvre, M. dcKicubct, trésorier de l’épargne , lui demanda des peintures pour sa maison de la rue des Lions, près de l’Arsenal. Il y traita des sujets tirés de l’histoire de Tobie et de Vloise. Ce fut en 10li5 qu’il commença, pour le petit eloitredes Chartreux de Paris, la célèbre suite des vingt-deux tableaux représentant l’histoire de saint Bruno, tableaux qui furent terminés en lüàS. il exécuta ensuite un grand nombre de peintures pour les hôtels de différents personnages, pour les églises de Saint- Ltienue-du-.Mout, de Sain t- Germaiu-l'Auxerrois, de Saint-Cervais et d’autres chapelles. Enliu, en 16U0 il peignit le tableau du mai de .Notre-Dame, représentant saint Paul à Eplièse. Le Sueur, une des plus grandes gloires de l'école fi ançaisc, mourut à 38 ans et fut enterré dans l'église de Saint-Etienne-dû- Moût. Ce fait semble prouver une certaine aisance et donner tort aux historiens qui prétendent que le Sueur en était réduit, pour vivre, à de-sincr des frontispices, des titres et des thèses. Les documents les plus authentiques nous permettent également de rétablir la vérité singulièrciHentaltéréc parles biographes. Que le Sueur ait connu l*oussin lois (ht voyage de ce dernier à Paris (161)1-1602), c’est possible. Cependant comme aucun des plus anciens biographes, soit de le Sueur, soit de Poussin, ne parle de la liaison de l’artiste, âgé de 23 ans seulement, avec l’illustre peintre que le roi faisait venir de llome et appelait à la cour, il y a tout lieu de penser. Jusqu'à preuve du contraire, qu'il n’exista pas entre eux d’intimité. Le Sueur a étudié les ouvrages de Poussin comme il a étudié ceux de Raphaël ; l’influence de ces deux inaitresest évidente chez lui ; mais on ne peut en inférer, ainsi qu'on l’a fait, que Poussin ait fourni des compositions à son jeune émule, il en est de même d’autres assertions : la place que le Sueur obtint comme inspecteur des recettes aux entrées de Paris; son duel; sa mélancolie après la mort de sa femme, dont il n'eut pas d'enfants (il en eut six, ainsi que le prouvent les registres des naissances de Saint-Louis-en-l’Ile) ; sa retraite et sa mort aux Chartreux; sont autant de failles dont il est temps de faire justice. Le Sueur a peint, ainsi que nous l’avons dit, un grand nombre de tableaux et a laissé une quantité de dessius et d'études presque incroyable. Il se faisait aider dans ses travaux par ses Lois frères Pierre, né le 12 octobre 1608, ■•lillippe et Antoine, nés probablement de 1608 à 1616; par sou beau-frère Thomas «.oussé , dont il avait épousé la sœur le 31 juillet 1600; par Patel, qui peignait souvent les paysages de scs tableaux, et Claude le Febvre. La plupart de ses compositions ont été gravées par L. Surugue, B. Baron, J. Colwyck, B. Picart, Séb. le Clerc, S.-F. Ravenet, Drevet, B. Audran, Ch. Duflus, Chauveau, F. Poilly, Desplaces, etc. A une époque de décadence, lorsque la peinture, en France, ne jetait plus qu’une lueur factice, pâle reflet des bonnes traditions qui s'éteignaient en Italie, le Sueur sut s'affranchir des procédés académiques auxquels son maitre l’avait d’abord astreint, et conserver inlacle, jusqu’à la lin de sa courte existence, celte virginité de sentiment qui caractérise les plus nobles g nies des beaux temps de l’ai t. Son style chaste et gracieux , sa naïveté exempte de convention et d’imitation rétrospective, son geste sobre et expressif, enfin la délicatesse et l’abondance de ses idées, lui assignent un des premiers rangs, non-seulement dans l’école française, mais parmi les maîtres qui font la gloire des autres nations.

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