‹ Notice des tableaux exposés dans les galeries du musée impérial du LouvreChapitre 473 sur 583 · La naissance de l’Amour · texte numérisé non relu

La naissance de l’Amour

H. 1,83. — L. 1, fl. — B. — Fig. demi-nat.

Portée par des nuages, Vénus, vue de profil, tournée à gauclie et placée sur un lit, regarde l’enfant à qui elle vient de donner le jour et qu’une des Grâces lui présente. Les deux autres compagnes de la déesse se tiennent derrière elle et paraissent admirer la beauté du jeune Amour, sur lequel une des Heures, planant dans le ciel, laisse tomber des Heurs.

Grtitu 1 pnr DeipUicei. — London, t. 2, pl. 51 .

Collection de Louis XVI. — Ce tableau et les cinq suivants décoraient le cabinet de l’Amour, situé au rez-de-chaussée de l'hôtel Lambert. On lit dans la notice sur le Sueur par Guillet de Saint-Georges : « Dans le cabinet de M. le président, M. le Sueur a peint, de la manière de M. Voueite, cinq tableaux pour le plafond et un sixième pour le dessus de la cheminée. Ils traitent tous six le i ujet de Cupidtm. Toutes les esquisses que M. le Sueur a faites pour les ouvrages de ce cabinet sont aujourd’hui a M. Vanclève, qui est du corps de l'Académie. » Cinq esquisses assez terminées de ces tableaux, et peintes sur bois, furent vendues, en 1771, à la vente de M.Randon de Boisset, 3,801 livres: la première, représentant la Naissance de l’Amour, avait 19 pouces3 lignes de haut sur 18 pouces de large; ladeuxièrae et la troisième portaient chacune 9 pouces de haut sur 22 pouces 6 lignes de large; la quatrième ainsi que la cinquième, 9 pouces de haut sur 18 pouces 6 lignes de large. L’esquisse de la Naissance de l’Amour se retrouve, en 1789, dans le catalogue Coclers (n° 181). Outre ces tableaux, le cabinet de l’Amour renfermait une grande quantité de panneaux, de pilastres, de trophées , d’arabesques, de figurines, se rapportant au même sujet, exécutés par le Sueur ou d’après ses dessins. Ces gracieuses compositions, dont on peut voir la description dans les Recherches sur la vie et les ouvrages de quelques peintres provinciaux , par M. de Chcnnevières- Pointel (t. l), et dans les Nouvelles recherches sur la vie et les ouvrages de le Sueur, par MM. L. Dussieux et de Montaiglon, se trouvent réunies maintenant au château de La Grange (en Berry), appartenant à M. le comte de Montalivet, dans une chambre consacrée à l’illustre artiste français. L’hôtel de Nicolas Lambert de Thorigny, président de la Chambre des comptes, fut construit, 5 l’extrémité de l’ile Saint-Louis, par Louis Levau. Les plus habites artistes de l’époque furent employés à le décorer. On y voyait des ouvrages de François Perrier, de Românelti, de Patel, de S wanevelt, de Francisque Millet, de Baptiste Monnoyer, de le Brun, qui y peignit la galerie d’Hercnle, et enfin de le Sueur, qui y travailla pendant plusieurs années et !< dillérentes reprises. Lépicié, dans une biographie manuscrite conservée à l’Ecole des beaux-arts, prétend que le Sueur a commencé ses ouvrages à l’hôtel Lambert en 1688, et qu’ils l’ont occupé neuf aua. Cette assertion est évidemment fausse, car quelques-unes de ses œuvres prouvent qu’il peignait encore dans la manié» e de Vouet quand il commença à y travailler; en 1685, lorsqu’il entreprit le cloître de Saint- Bruno . il avait abandonné le style de son maître , et il est facile de juger, par la beauté de l’exécution et le caractère des figures, que certaines compositions de l’hôtel Lambert so.it postérieures aux décorations du cloître

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des Chartreux. Le comte de Caylus nous semble avoir en parfaitement raison de dire, dans sa Notice manuscrite sur le Sueur, faisant aussi partie des archives de l'Ecole des beaux-arts : « Je conviens que tous le. morceaux qu’on y voit ne sont pas d’un mérite gai, parce qu’il y a travailléàdiverses reprises; ainsi l’on pourrait, en quelque façon, dire qu'il y a été occupé toute sa vie. » Le cabinet des Muscs, la chambre de l’Amour, le cabinet des (Sains étaient sut tout justement célébrés : si tout n’était pas de la main de le Sueur, son génie a v ai t évidemment tout dirigé. Après la mort du président de Thorigny, en 172!), l’hôtel fut acquis par le marquis du Châtelet, et Voltaire y occupa , pendant quelque temps, le cabinet des Bains. Il devint ensuite la propriété du fermier général Dupin, arrière-grandpère de H" Sand, puis de M. de la Haye. Ce fut la famille de ce dernier qui commença à détruite l’harmonieuse décoration si pittoresquement combinée par le Sueur. On lit dans le Mercure de France, août 1778: i Sa Majesté voulant offrir aux artistes de grands modèles et assurer 1 la nation la jouissance des chefs-d’œuvre qui ont illustré l’école française, vient d'autoriser le comte d’Angiviller i acquérir pour elle les tableaux dont le célèbre le Sueur avait orné l’hôtel l-amltert , situé dans l’tle Saint- Louis. les propt iétaircs (M“‘ de la Haye) se sont fait un devoir de sacrifier ii des vues si dignes de Sa Majesté le désir qu’ils avaient de garder ces tableaux. » En 1809, M. le comte de Montalivct , ministre de l’empereur, acheta l’hôtel Uunbert, qu’il n’occupa qu’en 1810; il le quitta vers 181# pour se retiierdans son ehateau de La Orange (dans le Berry), où , ainsi que nous l’avons dit, M. le comte de Montalivet, son fils, ministre sous le règne de l.onis-l’hilippe , a recueilli pieusement dans une pièce de charmantes peintures piovenant du cabinet de l’Amour. L’hôtel appartient maintenant au prince Czartoriski. Bernard l’icarl dessina, en 1710, avant de se fixer en Hollande, les compositions de l’hôtel ; il en grava une partie ; le reste fut confié au burin d'habiles artistes, et en 1700 (.aspard Duchange donna une nouvelle édition de ce recueil d’estampes, précieux inventaire qui permet de reconstituer l’ornementation des salles. Voici le titre de ce recueil oïi l’on trouvera des vues du cabinet des Muscs, de la chambre de l’Amour et de la grande galerie : « Les peintures de Chai les le Brun et d’Eustachc le Sueur qui sont dans l'hôtel du Chastclet, cy-devant la maison du président Lambert, dessinées par B. Picarl, etc. On y a joint les plans et les élévations de cette belle maison , avec sa description et celle de tous les sujets qui sont représentés dans les tableaux. »

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