‹ Notice des tableaux exposés dans les galeries du musée impérial du LouvreChapitre 552 sur 583 · II. 1, 94. — L. 1, 37. — T. — Fig. de gr. nat · texte numérisé non relu

II. 1, 94. — L. 1, 37. — T. — Fig. de gr. nat

Elle est assise, vêtue d’une grande draperie jaune, tenant un cœur de la main droite et une palme de la main gauche; au-dessus d’elle, un ange avec une couronne de lauriers. Fond de paysage.

Collection de Louis XIV. — Ce tableau était placé autrefois dans le chliea» neuf de Saint-Germain.

WATTEAU

WATTEAU ( Antoine ), 'pebtïrfi, gttivtur, ni à Valenciennes en 1684, mort à Nogcnt (au-dessus de Yincennes) le 18 juiltd 1721.

Son père. qui était maître couvreur, voyant que son fils manifestait dés son enfance de grandes dispositions pour le dessin, et mettait à profit ses moments de lilterlé pour aller crayonner, sur les places publiques, les scènes comiques improvisées parles charlatans, l’envoya étudier à l’atcder d’un mauva s peintre de Valenciennes, où nu surplus il ne resta pas longtemps- BientOt le père de \\ atieau se lassa de subvenir aux faibles dépenses de l’étudiant, et lui signifia de ne plu compter sur son secours. Watt eau, décidé à - Suivie sa vocation, quitta Valenciem es sans argent, sans habits, et tint se réfugiera Paris. I.e hasard le conduisit d’abord chez Métayer, peintre médiocre, qu’il abandonna promptement faute d’ouvrage, pour entrer chez un barbouilleur qui vendait par douzaines, à des marchands de province, des tableaux giossièrcmcnt exécutés. I.e maître employait à ces travaux un assez grand nombre de manœuvres ayant chacun leurs fonctions : l’un faisait le ciel, l’autre les têtes. celui-ci les di apories, celui-là touchait les blancs, fie tableau se trouvait fini quand il parvenait dans les mains du dernier barbouilleur, et paraissait toujours bon s’il avait été promptement expédié. Watteau se distingua bientôt de ses condisciples par sou aptitude à tout faire et par la rapidité de son exécution. Pendant longtemps il cul la Uclie de peindie des saint [Nicolas; aussi le savait-il par cœur et pouvait le peindre en se passant de modèle. Il recevait pour ce travail infime 3 livres chaque semaine, et on lui accordait, à litre de charité, la soupe tousles jours. De si viles occupai ions n’abattirent pas son courage, et il ne cessait d'étudier etdcdi ssinelle soir.ies dimanches et les jours (fe têtes. Watteau sortit enfin de celte boutique et se présenta chez (alllot te fut de cet artiste qu’il prit le goût des scènes comiques et des sujets modernes, et ce fut aussi à partir de cette époque qu’il donna des marques certaines du beau talent qu’il devait bientôt posséder. Mais son séjour chez tiillot ne fut pas non plus de longue durée ; le maître et le disciple avaient les mêmes défauts et devaient se séparer arec une satisfaction réciproque. En partant de chez Gillot, Watteau aida Audran du l.uxcmbourg, décorateur fort occupé à peindre Sur les boiseries et dans les plafonds des camaïeux et des arabe-ques, alors fort en vogue. Audran traita bien le Jeune artiste, qui fil preuved’une grande facilité dans ce genre d’ouvrage et en conserva te goût. Cependant, las de travailler pour autrui, il peignit, à ses moments de loisir, un petit tableau représentant un Départ de troupe. Il le montra à Audran et lui en demanda son avis. Audran, surpris du talcntde son élève, chercha en vain à le détourner de ces essais. Watteau ne prit point le change sur les motifs de ce conseil. Afin de conquérir sa liberté, il prétexta le désir de revoir sa famille et de faire un voyage à Valenciennes. Pour se procurer de l’argent nécessaire, ils’adres-a à un peintre de son pays nommé «.ponde, qui lui fit acheter, au prix de 60 liv res, ce premier tableau, gravé depuis par Cochin père : le marchand lui en commanda te pendant, que Watteau lui adressa de \ alenciennes; celui ci, représentant une llalle d’armée, exécutée d’après nature, fut pavé 200 livres, et a é'.é gravé aussi par Cocltfn. fie caractêie inconstant de Watteau ne lui pciinit pas de rester longtemps à Valenciennes; il revint à Paris, où ses deux premiers tableaux l’avaient fait connaître avantageusement. A cette époque il eut le Itonheur de rencontrer le célèbre amateur Crozat, qui mit à sa disposition l'inestimable collection de dessins rassemblés par lui. Ce fut à cette école que se forma vérilaMemeiit le goût de Watteau. line pouvait se tasser d’admirer tant de chefs-d’œuvre, de les copier a vec tout le soin possible. Il n’est pas difficile de voir que Rubens et Paul Véronèse exercèrent sur son talent une influence tente particulière.

WATTEAU

L’amour do l'indépendance le fit sortir de cbex son protecteur; il se retira dans un petit logement, où, par suite de sa mélancolie naturelle, il chercha à se soustraire aux recherches des visiteurs. Cependant la beauté des ouvrages Italiens <iu’il a \ ait admit és chei Crozat préoccupait vivement son esprit 11 désirait ardemment aller étudier dans leur patrie les grands maîtres et surtout ceux de Venise. Un fait que les biographes ont ignoré et que nous apprennent les registres de l'Ecole des beaux-arts, c'est que Waiteau, en 1709, concourut pour le premier prix et n’obtint que le second; le sujet donné était David accordant le pardon qu'Abigaïl lui demandait pour .Nabal son mai i. N’étant point assez, riche pour entreprendre ce voyage, il eut l’idée de solliciter la pension du roi, et pour appuyer sa prétention par des titres, Il fit porter, sans en parler à ses amis, sans s’étayer de protection, ses deux P» entiers ont rages dans une «les salles de passage de l’Académie. I,es académiciens admirèrent ces petites peintures; de la Fosse s’arrêta devant elles plus longtemps que les aunes, et, apprenant qu’elles étaient d’un Jeune lionimc solicitant des académiciens de vouloir bien intercéder en sa faveur pour obtenir la pension de Rome, il fit entrer Watlcau dans la salle des séances, lui reprocha avec douceur de se méfier de son talent, et lui donna l'assurance que l’Acadéuiie s’honorerait en le lece- Tant. En effet, Watlcau fut agréé immédiatement et reçu le 28 août 1117 (voir le nuuv io suivant). Ge succès ne changea lien à son genre d’uxistence, cl il continua à vivre dans la retraite, latin de croire à son mérité, il s’appliqua encore davantage à l’étude; mécontent de scs ouvrages, il passait un temps considérable à effacer cl à recommencer les parties qui lui semblaient mauvaises, et ce n’est qu’avec peine qu'on parvenait à les lui arracher des mains. En 1720, Watlcau fit un voyage en Angleterre ; mais le dimat de Londres étant contraire à la délicatesse de sa poili inc, il revint & Paris en 1721. Il débutai son retour par peindre une enseigne pour la boutique de (iersaint, son ami, marchand de tableaux. O: composition, ter-

ni, née en huit journées, el ilont toutes les figures avaient été faites d’après nature, eut un succès prodigieux. Elle passa dans le cabinet de SI. de Julienne, autre ami de Wntteau. Maintenant un fragment se trouve dans la possession de SI. le barou Schwiter; on ignore le sort de la deuxième moitié. Au bout de six mois, SS'atleau voulut quitter la maison de (iersaint, et, sa maladie augmentant, il désira v i veinent s’établir à la cau.pague, où il espérai! trouve) mi air plus favorable à sa santé. I.’alibé llarangcr, chanoine de SaintTiermain-PAiixerrnls, son ami, lut fit obtenir de SI. le Fcbvre un Ingemcnl dans sa maison de MogenE C’est dans cette demeure qu’il expira peu de temps après son installation. SS'alteou laissa pour toute fortune h, 000 livres et une grande quantité de dessins qu’il légua à ses quatre amis, Gersaint, l’abbé llaranger, SI. de Julienne et St. Ilcnin. \Satleau, du son vivant et longtemps après sa omi t, eut de n mbreux admiiatcurs. Plusieurs artistes imitèrent sa manière, et, malgré un incontestable talent, restèrent loin dénié ie lui. I.es graveurs les plus habiles reproduisirent à l’envi jusqu'à ses moindres croquis. Scs compositions, recherchées de tous, ornèrent les cabinets des carieux, les palais des grands seigncuis, les chambres de la bourgeoisie. Tant d'enthousiasme disparut tout à coup pour faire place à une réprobation méprisante. Cantique, bien ou mal compris, légua seul à son tour; des dieux el des héros de marbre chassèrent impitoyablement les bergers en habits de satin, les pierrots, les arlequins. Ceux-ci sont vainqueurs maintenant; chaque âge a ses idoles. Pourquoi ne pas rendre just ce en tout temps, quel que soit le genre, quelle que soit la forme, à l’originalité, à la force, au sentiment, en un mol au vrai génie? Watlcau est à la fois fin, spirituel, poétique. Son dessin, vif et savant, conserve toujours un sentiment naïf de la nature au milieu du monde de comédiens et de bergers de convention dont il aime ^s’entourer. Paul Véranèse et Rubens lui ont révélé les secrets d’une couleur éclatante, harmonieuse. Sa louche précise et moelleuse égale en légèreté celle de ïeniers et de Mctxu. Aucun Flamand, aucun Hollandais n’a su mieux que lui lairc étinceler une prunelle, chatoyer le satin. Ses paysages

WATTEAU

«ont pleins de profondeur et de mystère; en un mot, ses personnages vivent, et sous son pinceau magique la toile disparaît.

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