II. 3, 20. — L. 3, 20. — T. — Fig. de gr. nat
« Cette déesse avoit enseigné aux hommes la manière de faire venir le bled et d’en former du pain ; au milieu des sacrifices qu’on lui offroit, les femmes, vêtues de blanc, couroient avec des flambeaux allumés en ressouvenir de Cérès qui , à la clarté des torchesi enflammées , avoit parcouru la Sicile pour chercher sa fille Proserpine enlevée par Pluton. On lui oflroit des porcs pour victimes. » ( Livret du salon de 1789.)
Collection de Louis XVI. — Ce tableau, exposé au salon de 1789, »v»it été commandé par le roi pour la Manufacture des Gobelins.
CASANOVA
90. L’Automne ou les fêles de Bacchus, que les Romains célébraient au mois de septembre.
H. 3, 23. — U 3, 23. — T. — Fig. de gr. nat.
Un homme, tenant des femmes par la main, danse devant un autel sur lequel un prêtre fait un sacrifice. A droite, au premier plan, un sacrificateur égorge les victimes. A gauche, une bacchante succombe à l’ivresse. Dans le fond, des groupes d’hommes et de femmes ; à droite, un temple circulaire.
Collection de Louis XVI. — Ce tableau, exposé au salon de 1187, avait été commandé par le roi pour la Manufacture des Gobelins.
CASANOVA (FniNçois), peintre, graveur, ne à Londres en 1730, mort à Brühl, prés de Vienne (Autriche), au mois de mars 1803.
Sa famille était d'origine vénitienne, et l’on a prétendu qu’il était fils naturel de Georges II, roi d’Angleterre. 11 alla à Venise avant l’àge de 0 ans. reçut une éducation distinguée et montra beaucoup de dispositions pour le dessin. Guardi fut son premier maître; il étudia ensuite sous la direction de ftlmonelll, dit h Parmesan, peintre de paysages et de batailles. Il vint à Paris vers 1751, n’y resta guère qu’une année, voyagea en Allemagne et s’arrêta quatre ans à Dresde k copier les tableaux de Wouwerman et de batailles qui se trouvaient dans la galerie de I électeur. Il connut Dieterich dans cette ville et profita de ses conseils, devenu à Paris, il exposa au Luxembourg un tableau de bataille «fui lui fit beaucoup de réputation, et 1 partir de cette époque il produisit un grand nombre de tableaux chèrement payés, mais dont le produit ne pouvait suffire 5 son luxe et 5 scs prodigalités. Il Tut reçu à l’Académie le 28 mai 1763, sur un tableau représentant un combat de cavalerie, placé maintenant k Vincenncs. L’impératrice de Bussie, Catherine II, lui ayant demandé de peindre les victoinsque son armée avait remportées sur les Turcs, il saisit avec empressement cette occasion de quitter la France et d’échapper k ses nombreux créanciers. Il se fixa il Vienne et ne soitit plus de l’Allemagne. Outre les batailles, il a peint des paysages, des animaux et des scènes familières k l’imitation des maîtres hollandais. Cet artiste eut pour frère puiné Jean Casanova, peintre médiocre d’histoire et de put traits, qui travailla pendant quatorze •ns, i Borne, dans l’atelier de Baphaél Mcngs. Il était érudit et a fait des dessins pour des ouvrages de V\ inkclman sur les antiquités. Il devint directcuret professeur k l’Académie des bcaux-aits de Dresde, voyageaaux fiais de l’électeur de Saxe pour négmier l’acquisition de tableaux, et principalement de la riche galerie du duc de Modènc. Il mourut k Venise en 1795. François Casanova était aussi frère de Jacques Casanova, surnommé de Seingalt, célèbre aventurier qui a laissé des mémoires fort curieux. François a exposé aux salons de 1763, 1765, 1767, 1769, 1771,1775, 1779, 1781 et Je 1783.
CASANOVA
91. Le premier des trois combats de Fribourg, donné le 3 août 1644, de sept à huit heures du soir, entre l'armée de France commandée par le duc d’Enghien, depuis prince de Condé (le grand Condé), et l'armée des Bavarois sous les ordres du général comte de Mercy.
H. 3, 90. — L. i, 86. — T. — Fig. de 0, 65.
« Sur le devant du tableau, à gauche, on voit le débris d’un combat qui a été livré pour vaincre l’obstacle d’un abatis d’arbres qu’avait fait faire en cet endroit le général ennemi. Un peu plus haut et vers le milieu du tableau, on aperçoit le duc d'Enghien qui, voyant ses troupes , après avoir forcé les abatis , rester immobiles sous le feu des redoutes qu’elles ont encore à surmonter, est descendu de cheval, et, après avoir jeté son bâton de commandement dans les retranchements des ennemis, environné de plusieurs généraux, se met à la tète du régiment de Conti, qui est soutenu par celui de Mazarin, commandé par M. le comte de Toumon. Il enfonce les Bavarois, dont il ne se sauve qu’une très-petite partie à la faveur du bois qui est au milieu de la montagne. Au delà de cette montagne , on découvre dans la plaine l’armée du général Mercy en bataille. » ( Livret du salon de 1771.)
Collection de I.ouis-Philippe. — (Voir la note du numéro suivant.)
92. Bataille de Lens livrée dans la matinée du 20 août 1648, par le prince de Condé (le grand Condé), contre l'armée espagnole commandée par l'archiduc Léopold.
H. 3, 90. - h. i, 56. — T. - Fig. de 0, 65.
« Au milieu de ce tableau, on voit le prince de Condé, devant lequel l’épais bataillon de l’infanterie ennemie
CASANOVA
tombe à genoux et rend les armes , abandonné de la cavalerie rompue et mise en fuite par M. de Chatillon, qu’on aperçoit un peu plus haut sur la gauche. Cette infanterie implore la clémence du jeune héros, qui donne ordre à M. des Roches , lieutenant de ses gardes , de lui sauver la vie. Plus haut , dans le centre du tableau , on voit le fameux général Beek pris prisonnier. A la hauteur de Lens, on voit le camp des ennemis, et l’archiduc qui se sauve avec les débris de son armée. La droite du second plan représente la cavalerie française victorieuse à la poursuite des ennemis. » ( Livret du salon de 1771.)
Collection de Louis-Philippe. — Ces deux peintures, qui furent exposées au salon de ffll, proviennent de la galerie du petit palais Bourbon, où le prince de Condé (mort en 1818) avait réuni une suite de tableaux rappelant les exploits militaires du grand Condé. C'est le roi Louis-Philippe qui les donna au Musée en 1885.