Saint Pierre ressuscitant Tabithe
H. 0, 91 — L. 0,71 - T. - Fig. de 0, 15.
A gauche, Tabithe dans son lit, entourée de plusieurs femmes, se soulève à la voix de saint Pierre, qui la prend par la main. Au-dessus du saint plane un ange les bras ouverts. Sur le devant, à gauche, deux femmes assises au pied du lit. A droite , un apôtre à genoux , une femme portant un enfant dans ses bras, et d’autres personnages dans l’attitude de l’admiration. Dans le fond, à droite, une arcade ouverte qui laisse apercevoir le ciel.
Musée Napoléon. — Esquisse terminée du tableau de Cazes, exécuté pour Saint-Germain-des-Prés : provient de la sacristie de cette église, ornée autrelois des esquisses terminées des grands tableaux de la nef.
CHARDIN (Jean-Baptiste-Simêon) , né à Paris le 2 novembre 1699, mort dans la même ville le 6 décembre 1779.
Son père, menuisier habile et fabricant des billards du roi, le plaça d’abord chez Caxes. Il fit peu de progrès dans cette école oit l’on ne pev-
CHARDIN
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gnait pas d’après le modèle, le maître se contentant de donner ses propres ouvrages & copier à ses élèves. èoCI-Mcolas Coypel le prit ensuite comma aide, elle premier objet qu’il lui lit Taire fut un fusil Pans un portrait da chasseur. Le soin que le maître habile prit à éclairer et à placer cet accesr soirc de la manière la plus convenable à l’effet du tableau, la difficulté que lui-mème éprouva île bien rendre, révélèrent tout à coup au jeune Chardin l’importance de l'imitation directe de la nature, delà justussedes plans, de la couleur et du clair-obscur. Ce fut dans sa première jeunesse qu’il peignit pour un chirurgien, ami de son père, un plafond ou enseigne destinée t orner le dessus de sa boutique. Au lieu de la représentation d’instruments de son art que le chirurgien demandait, Chardin cul l’idée de peindre un homme blessé d’un coup d’épée, apporté dans la boutique d’un chirurgien qui pansait sa plaie, et était entouré d’une foule de curieux. Cette enseigne eut beaucoup de succès et lit connaître son auteur avantageusement Jean- Baptiste van Loo ayant été chargé de resta mer une galerie du château de Fontainebleau, prit pour l'aider dans ce travail les meilleurs élèves de l’Académie, et Chardin fut du nombre. Quelque temps après, il lu; acheta un tableau imitant un bas-relief qu’il avait exposé à la place Dauphine, le jour de l’octave de la Fête-Dieu, exposition en plein air qui ne durait que deux heures, et oit s'empressaient d’envoyer des ouvrages les artistes qui, n’étant pas académiciens, n'avaient pas droit aux honneurs du salon, line de ses premières études d'après la nature morte fut un lapin. La vérité d’imitation, à laquelle il parvint par suite de nombreuses observations que lui fit faire un sujet si simple en apparence, l’entraîna î peindre toutes aortes d’objets immobiles d’abord, auxquels il joignit plus lard les animaux vivants. Il fut reçu dans la corporation des maîtres pcimrçs de l’Académie de Sainl-Luc; puis, encouragé parles élogesdes artistes, il envoya à l’Académie royale une dizaine de tableaux, placés comme au hasard dans une première' salle. Ces ouvrages furentpris par I .argilliire, Louis de Boulogne et Cazes pour des tableaux de maîtres llamands. Chardin s’élant fait connaître comme l’auteur de ces peintures, fut agréé rl reçu le même jour, 25 septembre 1728- Il donna pour sa réception les deux tableaux Inscrits sous les n” , 9fl et 97. Jusqu’en 1737, il se borna î peindre des /objets inanimés. Ce fut î la suite d’une espèce de défi qu'il se mit î faire des ligures, genre qu’il avait abandonné depuis son essai dans j’enseigne du chirurgien. Il débuta par un petit tableau représentant une femme qui tire de l’eau î une fontaine. L’Académie le nomma conseiller le 28 septembre 1743 et trésorier le 22 mars 1755. il conserva cette place jusqu'en 1774, et présida pendant vingt ans à l’arrangement des tableaux aux époques d’exposition. Il obtint en 1757 un logement au 1 -ouvre, et recevait du roi, dès 1752, une pension de 800 livres, portée ensuite î 1,200. Le 31 janvier 1765, il remplaça î l’Académie royale des sciences, belles-lettres et arts de Rouen, Michel-Ange Slodtz, qui venait de mourir. Chardin travailla jusque dans son extrême vieillesse, et quelques amiëe* seulement avant sa fin, essaya du pastel ; mais il n’cxécula de cette façon que des études de tète de grandeur naturelle. Les ouvrages de Chardin, remarquables par la vérité du geste et de l’expression, par l'harmonie de la couleur et l’emente du clair-obscur, par le moelleux et ia fermeté de la touche, après avoir joui d’un grand succès, ainsi que d'autres productions du xvm* siècle, étaient tombés dans un oubli complet au commencement de celui-ci. Ils ont reconquis maintenant l’estiineque méritent les tableaux ofi brillent î un haut degré des qualités essentiellement pittoresques. I-es tableaux de Chardin ont été gravés par Lépicié, Cochin, Surrugue, Le Bas, Filleul, Flippart, L. Cars, J. Simon. Il a exposé aux salons de 1737, 1738, 1739, 1740, 1741, 1743, 1746, 1747, 1748, 1751, 1758, 1755, 1757, 1759. 1761, 1763, 1765, 1767, 1769, 1771, 1773, 1775, 1777 et de 1779. Chardin eut un fils qui obtint le grand prix de peinture î l’Académie en 1754, et mourut jeune.
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