Vue de la maison de ville d'Amsterdam
H. 0, 72. - L. 0, 86. — T. — Fig. de 0, 07.
La construction de ce vaste monunnent, élevé sur la pince appelée le Dam, fut commencée le 28 octobre 16i8. Le sol sur lequel on voulut le bâtir étant un marais, on fut obligé d'enfoncer 13,659 pilotis. L'édifice total a coûté 30 millions de florins. L'artiste s'est placé, pour peindre cet édifice, du côté d'une maison ancienne dite la maison du Poids, parce que c'est là qu'on pèse les marcbandises. — On lit, à gauche, sur ce tableau : J. F. D. Heyden A" 1668. — Les figures sont d'Adriaan van den Velde.
Fîlhol, t. 6,1?/. 365
Collection de Louis XVI. — On trouve dans l'ouvrage de Filhol un renseignement curieux sur la manière dont ce tableau est entré dans la collection du roi. Ce chef-d'œuvre était resté dans la famille de van der Hey» den. Un de ses héritiers, à qui il était échu en partage, quoique fort riche, se plaignait cependant de l'avoir payé 1,000 florins sur estimation d'inventaire.Néanmoins flatté de posséder un des plus beaux ouvrages de son aïeul, il s'était obstinément refusé à s'en défaire et avait repoussé les ofl'res de M. Randon deBoisset. M. d'Angiviller ayant chargé M. Paillet d'aller acheter en Hollande des tableaux pour le compte du roi, ce connaisseur vit le chef-d'œuvre de van der Heyden et ne put décider son possesseur à le lui céder. M. Paillet eut alors recours à la ruse : à l'heure de la bourse, il chargea un courtier d'aller trouver le propriétaire du tableau, de lui dire qu'unétrangerseprésentaitpour en faire l'acquisition, etque le seul moyen de se délivrer de ses importunités était de le mettre à un prix tellement élevé qu'il fil t forcé d'y renoncer. Le propriétaire suivit ce conseil et demanda 6,000 florins de son tableau. Alors le courtier lui mit une pièce d'or de 14 florins dans la main, en ajoutant : « Le tableau est à moi, la somme va vous être soldée. » Ces sortes d'engagements pris à la Bourse sont irrévocables, et le possesseur du tableau, furieux de s'être laissé prendre à un pareil piège, fut obligé de tenir sa parole.