‹ Notice des tableaux exposés dans les galeries du Musée national du LouvreChapitre 252 sur 545 · Entrée cV auberge · texte numérisé non relu

Entrée cV auberge

H. 0. 70. - L. 0. 66. - T. - Fig. de 0, 32.

Un homme vêtu de rouge, assis devant la porte d'une auberge, une pipe à la main , parle à une servante qui est debout devant lui, tenant un pot d'étain et un verre. Près d'eux, un chien. Dans le fond, la campagne. — Signé ; /. van der Meer, 1652 (ou 1653).

Anciemie collection. — Ce tableau est donné à tort par les inventaires et les notices précédentes à Jan Meel.

MELBODIE. — Voir Mabuse.

MEMLOG (Haxs), florissait de 1470 à 1484. (Ecole flamande.)

La vie de cet artiste célèbre est encore un mystère, et malgré les recherches les plus assidues des biographes, on en est réduit à de simples conjectures, car les dates inscrites sur ses tableaux authentiques sont les seuls renseignements positifs qu'on ait pu se procurer jusquà présent. Son nom même a été l'objet de longues dissertations : s'appelle-t-il Hemling ou -Memling? Cette question, à laquelle on a donné peut-être plus d'importance qu'elle n'en mérite réellement , nous semble tranchée en faveur de la dernière appellation par les raisons suivantes : van Mander, qm vécut cent ans après le peintre flamand et séjourna longtemps à Bruges, adoptant le dialecte parlé, le nomme Memling ; Sanderus, dans la F/ainlria illustrata, le désigne de même, et les auteurs italiens écrivent 3/t'/He/jno, La lettre IVi, initiale de la signature du peintre, dont la forme équivoque est la cause de ce débat, se trouve employée comme M majuscule dans plusieurs documents anciens et jamais comme un H, Ainsi , l'M a cette forme sur les médailles frappées à Bruges du temps de Memling, sous le règne de Marie de Bourgogne et de Maximilien son époux. Enfin, dans les archives de l'hôpital de Saint- Jean, se trouve un registre indicatif des biens que l'hôpital possédait en IkùQ à Maldeghem,

lo2 MEMLING.

et l'Ai inilialc de ce mol offre une configuration entièrement identique à la première lettre des signatures de Memling. L'inscription de ce manuscrit a paru tellement décisive, que la leçon de Memling a été définitivement adoptée par la ville de Bruges, qui se vante d'être la patrie du grand peintre que plusieurs écrivains disent être de Damme. Cependant, l'admission de jMemling à l'hôpital de Saint-Jean rend cette dernière hypothèse très peu probable, car on ne recevait dans cet établissement que les personnes nées à Bruges ou à Maldeghem. On ignore la date de naissance de Memling et celle de sa mort. Les uns le font naître en 1425, d'autres en l^iO. Les années 1470 et 1484 sont celles où il a le plus produit, lise forma à l'école des vanEyck, eut peut-être Rogter van der liVeyclen pour maître, et étudia aussi les productions de l'ancienne école colonaise. Il y a tout lieu de croire c[u'il visita l'Italie, l'Allemagne, la France, et parcourut une partie de l'Espagne ; mais , nous le répétons , aucun document positif ne vient prêter son appui à ces simples inductions. Memling et Jan van Eyck, ces deux admirables peintres de l'école flamande ancienne, tout en possédant des qualités communes, telles qu'une finesse de touche extraordinaire qui leur permet de rendre les moindres détails avec une perfection merveilleuse, diffèrent cependant essentiellement par la manière dont ils ont envisagé l'art et par l'exécution : van Eyck, réaliste prodigieux, n'a cherché qu'à rendre la nature telle qu'il la voyait, et le plus minutieusement possible ; Memling, au contraire, sans sacrifier aucun détail, idéalise toujours son modèle, même lorsqu'il fait un portrait. Si la touche de Memling n'est pas aussi ferme que celle de van Eyck , elle est plus moelleuse, plus spirituelle ; si son dessin est moins fier, son contour est plus souple; enfin, si son coloris est moins chaud et moins vigoureux, il brille par un douxéclat argentin qui répand sur tous ses ouvrages un charme qui n'appartient qu'à lui. C'est surtout à Bruges (fu'il faut étudier ce maître, et ce n'est qu'après avoir examiné la châsse de Sainte-Ursule, conservée religieusement à l'hôpital Saint-Jean avec plusieurs autres chefs-d'œuvre du même artiste, que l'on peut apprécier l'étendue de son génie.

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