Paysage
H. 1 . 08. - L. 0. 83. - T. - Fig. de 0. 12.
Au premier plan, à droite, un tronc d'arbre mort, un grand arbre et des plantes de différentes espèces. Au milieu, une vache debout. Au second plan , un paysan et une paysanne assis par terre et entourés de leur troupeau. Plus loin, sur une colline boisée, une cabane, plusieurs bergers et des chèvres. — Signé, dans le coin à droite : A. Pynaker.
Musée Napoléon.
RE:^IBRA]VDT YAN RYN, peintre, graveur, ne dans le moulin de son père, entre les villages de Leydendorp et de Koukerk, prés de la ville de Leydc, en 1608, mort à Amsterdam le 8 octobre 1669. (Ecole hollandaise.)
La plupart des biographes disent que Rembrandt naquit le 15 juin 1606. En adoptant la date de 1608, nous nous sommes conformé au renseignement fourni par les registres d'Amsterdam. Rembrandt, dans son acte de mariage passé le 10 juin 163^, déclare lui-même être âgé de 26 ans. Eberlin, Fiiessly, Claussin, Bartsch, donnent à Rembrandt le prénom de Paul; nous ferons observer cependant qu'aucun écrivain hollandais contemporain de Rembrandt ne le désigne ainsi et qu"il n'existe aucune preuve certaine qu'il l'ait porté. Hermann Gerrilz, son père, était meunier, et avait reçu le surnom de van Byn parce que son moulin était situé sur les bords au Rhin. Il plaça d'abord son fils dans une école de Leyde ; mais Rembrandt faisant très peu de progrès dans les études classiques et manifestant une vocation décidée pour le dessin, il le fit revenir de Leyde et le mit chez Jacob van swaneobourg , peintre médiocre. Il resta trois ans dans son atelier; puis il entra, à Amsterdam, dans celui de Pieter E<astuian, qu'il cfuitta au bout de six mois pour fréquenter pendant à peu près autant de temps l'école de Jakob Pinas. Enfin Simon Leeven assure que fScbooten doit être compté au nombre des maîtres de Rembrandt. Quoi qu'il en soit, Rembrandt, après avoir appris les éléments de l'art, se retira dans le moulin de son père, se livra exclusivement à l'étude de la nature, s'attacha surtout à approfondir les effets de l'ombre et de la lumière, et créa un genre qui ouvrit une ère nouvelle à la peinture. Un tableau qu'il porta à La Haye, et qui lui fut payé 100 florins, donna au jeune artiste la conscience de son talent et établit sa réputation, qui, à partir de ce moment, ne fit qu'augmenter de jour en jour. Vers 1630 il s'établit à Amsterdam, eut de nombreux élèves, fut plus occupé Cfue tous Jes autres peintres de la ville ensemble, et produisit un nombre considérable de paysages, de portraits, de tableaux d'histoire et de genre. Ses gravures merveilleuses, dont le nombre s'élève à plus de 360, sont estimées et recherchées par les connaisseurs à l'égal de ses tableaux. Rembrandt est du nombre de ces rares génies qui découvrent dans l'art une face nouvelle, inventent des procédés à leur propre usage, et qui, parce qu'ils n'imitent personne, trouvent de nombreux imitateurs. L'expression profonde et pénétrante de ses têtes, la vérité de ses gestes, l'énergie et la
finesse de son dessin, la chaleur puissante de sa couleur, l'harmonie mystérieuse de son clair-obscur, font de Rembrandt, malgré ses incorrections, ses bizarreries nombreuses et l'imitation de formes trop souvent laides, un des plus grands magiciens de la peinture. Les contes absurdes, les accusations calomnieuses que les biographes sans critique s'empressent trop souvent d'accueillir et de répéter, n'ont pas fait défaut à sa mémoire ; des écrivains qui se copient tour à tour l'ont cité comme un modèle d'avarice et de cupidité. Des documents authentiques font justice de cette odieuse accusation. La vérité est que Rembrandt, qui a gagné des sommes considérables, termina ses jours dans la plus grande misère. Sa passion pour les gravures, les tableaux et les objets d'art, causa sa ruine. Il vit sa maison inventoriée les 15 et 16 juillet 1656, et ses estampes de Marc-Antoine , ses bronzes, ses marbres antiques, ses curiosités orientales, ses armes, ses objets d'histoire naturelle, magnifiques collections dont le catalogue est parvenu jusqu'à nous, furent vendus à deux reprises différentes par Haring le jeune, priseur-juré, dont il avait fait le portrait. Enfin, dénué de toutes ressources, il se retira dans le Roosgrachl (Canal aux Roses), un des plus pauvres quartiers d'Amsterdam, y passa le reste de sa vie dans luic profonde obscurité, quoiffue travaillant encore, ainsi que le prouve un portrait daté de l'année même de sa mort, et finit par devoir l'aumône d'un cercueil à la charité publique. L'enterrement du grand homme auquel on élève maintenant des statues ne coûta que 15 florins. Ces détails intéressants et inconnus, nous les devons à l'obligeante communication de M. Scheltema, archiviste d'Amsterdam, qui a bien voulu nous cnvoyeil'extrait du registre des morts enterrés dans le AVesterkerk (église de l'ouest). ^ oici la traduction du précieux document découvert par le savant archiviste : «8 octobre 1669, Rembrandt (Van Ryn), sur le Roosgracht, 15 florins.» —Rembrandt laissa un fils, nommé Titus, qui fut son élève, et qui mourut en 1668, à Tàge de 27 ans, sans avoir produit des œuvres remarquables. Ses autres disciples furent nombreux, et plusieurs d'entre eux, tels que Gérard Dov, Govaert Flinck, Ferdinand Bol, Gerbrandt van den Eeckhout, !%'icolaas !Maa» , Salomon et Philips Konlng, Saïuiiel van uoogstraateu , etc., occupent un rang distingué dans l'histoire.