La mort d'Adonis
H. 1, 53. - L. 1, 99. - T. - Fig. pet. nat.
Agauche, Vénus évanouie, ayant près d'elle un amour tenant un arc, est soutenue par une des Grâces ; au milieu, une autre soulève le corps d'Adonis, étendu sur un manteau, et à droite, une troisième debout va le couvrir d'un voile. Un amour qui vole contemple Adonis avec douleur et croise les mains sur sa poitrine. Dans le fond, des amours poursuivent le sanglier et le percent de leurs traits.
Landon, t. S, pi. 3.
Ancienne collection. —Ce tableau faisait partie de la collection du duc de Penthièvre à Chàteauneuf-sur-Loire.
RLBENS 223:
RUBENS (Petek-Paol), né à Cologne le 29 juin 1577, mort à Anvers, le 30 mai 1640, à 62 aris et 11 mois. (Ecole flamande.)
Johann Rubens, docteur ès-lois, échevin d'Anvers, qiii s'était réfugié à Cologne pendant les guerres de religion, était mort depuis une année, lorsque sonfilsPeter-Paul, àgédellans, vint en 1588 avec sa famille habiter Anvers. Sa mère le mit d'abord, comme page, au service de Marguerite de Ligne, veuve du comte Philippe de Lalaing ; mais bientôt, cédant à ses instances, elle lui permit d'entrer à l'atelier d'Adam van ivoort, qu'il quitta ensuite pour celui d'Otto van Veen, communément appelé Otto Venius, maître habile, érudit, qui lui fit faire de rapides progrès. En 1598, Rubens fut reçu franc-maître de l'académie de Saint-Luc, et deux ans après, le 19 mai 1600, il partit pour l'Italie, passa par la France, suivant Houbraken, et se rendit à Venise, où il étudia les chefs-d'œuvre du Titien et de Paul Yéronèse. Pendant son séjour dans cette ville, il se lia avec un jeune seigneur qui le présenta à Vincent I*'', delà maison de Gonzague et duc de Mantoue. Ce prince, appréciant lïmniense mérite de Rubens, le nomma gentilhomme, peintre de sa cour, et le retint huit ans à son service, en lui accordant, toutefois, la permission de faire plusieurs voyages à Venise et à Rome. En 1608, le duc de .Alantoue chargea Rubens d'une mission diplomatique près de Philippe III, roi d'Espagne, et Rubens fut reçu à Madrid avec distinction, comme artiste et comme ambassadeur. Il fit un grand nombre de portraits, et, poursuivant ses études, il copia plusieurs tableaux de Titien. Revenu à Alantoue, il obtint du duc la permission de retourner à Rome, oîi il peignit les meilleurs tableaux de sa première époque ; puis il alla à Florence, à Bologne, à Venise, à Milan, à Gènes, étudiant partout les maîtres, et produisant un nombre considérable d'ouvrages en tout genre. Au commencement du mois de novembre 1608 la nouvelle de la maladie de sa mère lui fit quitter Gènes pour revenir à Anvers. Il eut la douleur d'apprendre en route que sa mère était morte le 19 du mois d'octobre ; aussi, après un court séjour en Belgique , il résolut, pour faire diversion à son chagrin, de repasser les Alpes; mais l'archiduc .Vlbert et l'infante Isabelle l'engagèrent vivement à rester en Flandre, l'attachèrent à leur service en le nommant chambellan et en lui assurant une pension considérable. Ruliens s'établit magnifiquement à Anvers, et le 13 octobre 1609, ou au commencement de 1610 suivant d'autres biographes, il épousa Isabelle Brandt, filie de Jean Brandt, secrétaire de la ville d'Anvers. Elle mourut en 1626, et il en eut deux fils. Vers la fin de 1620, Marie de Médicis, après avoir conclu un accord avec son fils Louis XIII, revint à Paris, et voulut faire décorer la grande galerie du palais du Luxembourg, qu'elle venait d'élever, par un des plus grands artistes de l'époque, chargé de retracer les principaux événements de son histoire. Le baron de Vicq, ambassadeur de l'archiduc Albert et de l'infante Isabelle, proposa de confier à Rubens cet immense travail. La proposition fut acceptée. Rubens vint en France en 1621, peignit les esquisses à Paris, et, de retour à Anvers, exécuta les taîbleaux avec l'aide de ses plus habiles élèves. Revenu à Paris au mois de féviier 1625, il mil la dernière main à cette magnifique galerie, et compléta son œuvre par trois portraits : celui de Jlarie de Alédicis en Bellone, et ceux de son père François de Médicis et de sa mère Jeanne d'Autriche, grande-duchesse de Toscane. Rubens était de retour à Anvers dans le mois de juin de la même année. Pendant son séjour à Paris il s'était lié avec le duc de Buckingham, et ce ministre lui avait fait connaître le désir de Charles P'"" de voir cesser les différends qui existaient entre l'Espagne et l'Angleterre. Rubens fit part de la communication du duc à l'infante Isahelle, qui le choisit pour traiter cette importante négociation»
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Il arriva en 1628 à la cour d'Espagne, conquit la faveur du roi, revint en 1629 à Bruxelles avec le titre de secrétaire du conseil privé de Sa Ma- • jesté Catholique, passa la même année en Angleterre, et réussit à faire conclure la paix entre Philippe IV et Charles !«'. Le roi d'Angleterre, à cette occasion, le créa chevalier et le combla d'honneurs et de présents d'une valeur considérable. De retour à Anvers, Rubens épousa en secondes noces, le 6 décembre 1630, Hélène Fourment, dont il eut trois filles et deux fils. En 1631 il fut revêtu de la dignité de doyen de l'académie d'Anvers, Enfin, en 1633, il voyagea en Hollande dans le but d'amener un rapprochement entre les Etats et l'infante Isabelle ; la mort du prince Maurice mit fin à sa mission. A partir de l'année 1635, Rubens, souffrant de fréquentes attaques de goutte, se retira entièrement de la cour et ne s'occupa plus que de peinture, abandonnant presque entièrement les grands ouvrages pour travailler surtout à des toiles de petites dimensions. — Ce qui caractérise surtout le génie de Ruliens, c'est le mouvement, la force, la passion, portés au plus haut degré. Chez lui, jamais d'hésitation ni de demi-parti : son dessin est toujours savant, rapide, accentué ; sa couleur éblouissante, son geste énergique jusqu'à la violence. Loin de rester en deçà du but, dans sa bouillante ardeur souvent il le dépasse, et met en égal relief ses sublimes qualités et ses imperfections. Si l'on ne trouve pas dans ses œuvres ce sentiment délicat des convenances dont les artistes français se montrent, avant tout, les religieux observateurs; si le besoin de cette suprême élégance, objet de la recherche constante des Italiens, ne s'y fait pas sentir, on y voit toujours une richesse d'invention inépuisable, une main pour qui l'exécution des plus grandes difficultés n'est qu'un jeu ; aussi le nombre de ses peintures et de ses dessins est-il immense. L'admirable organisation de Rubens, secondée par l'extrême régularité de son genre de vie, lui permit de mener de front l'étude approfondie des sciences, des lettres, de l'archéologie, de la peinture et de la politique. Il excella dans tout ce qu'il entreprit, et il partage avec Raphaël et Titien le privilège bien rare d'avoir épuisé, comme homme et comme artiste, toutes les faveurs de la gloire et de la fortune. Rubens forma une quantité d'élèves, dont plusieurs sont justement célèbres : il suffira de citer Anton van Dyck, justus van Ég:mont, Théodore van Thulden, Abraham van Diepenbeck , Jakob Jordaens, Pieter van Mol, Cornelias Scliut, Jolian van noeck, Simon de Vos, Franc!» ^%'outer», David Tenlers le vieux et le jeune, etc. Parmi ses imitateurs, on compte : Franz Snyders, John mildens, Lucas van Uden, Josse Momper, Gérard Zeegers, Gaspard de Graver, etc.