Paysage
H. 0, 28. - L. 0, 38. - Forme ovale. - C - Fig. de 0,0i.
Au premier plan , à droite , sur une route , une femme portant une corbeille sur la tôle, un berger parlant à un homme, un chien jappant après deux chèvres. Vers la gauche, un pâtre assis par terre au bord de la route ; son chien est auprès de lui, et des chèvres broutent le gazon. Au second plan, à gauche, un homme monté sur un âne descend une route en pente qui tourne au pied de grands arbres. A droite , une rivière, des arbres, une route s'élevant avec de nombreux détours jusqu'au sommet d'une montagne où l'on aperçoit des ruines. — Signé : H. Swanevelt, Paris^
Gravé par Duparc dans le Musée royal.
Ck)llectioa de Louis X VIII. — Acquis , en 1817, de M. Fisch, pour 500 fr.
TENIERS LE JEUNE (David), né à Âtivers en 1610, mort
à Pcrk, village entre Malines et Vilvorde, en 1694. (Ecole flamande.)
Il fut d'abord élève de son père, puis d'Adriaan Brauwer, et enfin de Rubens. P.eçu à la maîtrise de Saint-Luc d'Anvers en 1632-1633, il paraît que ses débuts ne furent pas d'abord très heureux et qu'il plaçait diflicile-
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ment ses ouvrages; on leur préférait ceux de van Thilborg:, de van Artois
et de vau Heil, qui leur sont bien inférieurs. Cependant la fortime ne tarda pas à lui devenir plus favorable, et bientôt peu d'artistes jouirent d'une réputation aussi populaire et aussi méritée. L'arcliiduc Léopold fut son preiniei protecteur; il le nomma peintre de la cour, chambellan, directeur de sa galerie de tableaux, et envoya dans les différentes cours de l'Europe plusieurs de ses ouvrages qui le firent connaître. Le roi d'Espagne admirait tellement les peintures de Teniers, qu'il fit construire une galerie uniquement destinée à recevoir celles qu'il lui commandait, La reine Christine de Suède obtint quelques-unes de ses œuvres, le récompensa magnifiquement et lui envoya son portrait avec une chaîne d'or. Don Juan d'Autriche, qui fut l'élève et l'ami de Teniers, voulut faire le portrait du fils de l'artiste et le lui laissa en souvenir des leçons qu'il en avait reçues. Teniers ne pouvait sufTire aux demandes des grands seigneurs et des amateurs de tous les pays. Peignant avec une prodigieuse rapidité, il commençait et finissait souvent un tableau dans la même journée ; aussi le nombre de ses œuvres est-il immense. Possesseur d'une fortune considérable, il se fit bâtir, dans le village de Perk, un château qui devint le lieu de réunion de tout ce que la Belgique comptait alors d'hommes distingués dans la noblesse, les lettres, les sciences et les arts. Il fut doyen de Saint-Luc en IQkU-lQUô, et il est à remarquer que sur les registres de la compagnie son nom est toujours écrit Tenier sans s. Teniers le jeune fut l'ami de Rubens ; il partage , avec ce grand homme et van Uyck , l'honneur d'être une des plus grandes gloires de l'art flamand du xvil^ siècle. Quoique Teniers ait peint d'assez grands tableaux, il excelle cependant dans les compositions de petites ou moyennes dimensions. Ses kermesses,, ses paysages, ses tabagies, ses joueurs, ses corps-de-garde, ses chimistes, d'une coiileur argentine, d'une touche aussi légère que vive, brillent par un profond caractère d'originalité. Teniers, suivant la plupart de ses biographes , a peint une grande quantité d'imitations trompeuses des maîtres italiens, flamands et hollandais. Le fait n'est point entièrement exact : le plus grand nombre des ouvrages de ce genre ne sont que des copies réduites des tableaux de la galerie de l'archiduc Léopold, dont il était directeur, et furent destinées à être reproduites par la gravure dans un ouvrage bien connu. Quant aux peintures véritablement/)as<(c/ies, elles sont très habiles, il est vrai, trop habiles même pour être trompeuses, car Teniers n'a jamais été assez maître de sa main pour déguiser celte touche si piquante qui, aux yeux d'un connaisseur, équivaut à une signature. — David Teniers le vieux , père du précédent, né à Anvers en 1582, mort dans la même ville en 16^9, fut élève de Rubens, voyagea en Italie, resta dix ans à Rome avec Elzheimer, dont il imita la manière, ainsi que celle de différents maîtres. Il a peint de grandes compositions, mais surtout des fêtes de village, des cabarets, des chimistes. Quoique habile, il fut surpassé par son fils David le jeune dans le genre qu'il avait adopté, — Abraliam Teniers, fils de David le vieux, né à Anvers en 1608, mort dans la même ville en 1671, fut élève de son père, et peignit aussi des kermesses, des joueurs, des chimistes. Son talent est de beaucoup inférieur à celui de son frère David le jevme.