CRANACH
verre de vin que lui offre un serviteur placé derrière la table. Tout à fait à gauche, un homme debout chante en s'accompagnant de la guitare. Dans le fond un domestique qui entre apporte une tasse sur une assiette. Un tableau représentant des têtes grotesques, un lit à grand rideau; sur le devant et au milieu, un petit escabeau avec une pipe et du tabac , composent tout le mobilier de la chambre.
Gravé par Thomas, dans le 'Musée français, sous le titre de l'Atelier de Craesbeke. — Filhol, t. 3, pi. U7. — Landon, t. i, pi. 32.
Collection de Louis XVI. — Ce tableau fut acheté par M. d'Angiviller comme une œuvre de Brauwer et on l'inscrivit au no 445 du livret de la première exposition des tableaux du Musée en 1793. sous le titre de : Atelier de Brauwer peignant un portrait. Tout en reconnaissant qu'il est plus convenable de restituer cette peinture à Craesbeke , nous ne savons d'après quelle autorité on a prétendu qu'elle représentait Craesbehe peignant Brauwer son maître et son ami. Est-ce parce que le personnage qui pose tient un pinceau"? Mais si l'on réfléchit que lui seul a le chapeau sur la tète, qu'il est habillé avec élégance , que le petit page qui porte une épée ainsi que les autres personnages sont dans une attitude respectueuse, ne serait-il pas plus raisonnable de voir dans cette composition un seigneur, accompagné de gens de sa suite et se faisant peindre, qu'un artiste retraçant'les traits d'un autre artiste son compagnon de débauche et d'indigence? Le rédacteur des notices du Musée Filhol avait déjà émis un pareil doute avant nous , et nous avons cru devoir l'exprimer ici de nouveau.
CRAEYER. — Voir Crayer.
CRANACH ou KRANACH le Vieux (Lucas Sunder, dit), peintre, graveur, né à Cranach, dans le diocèse de Bamberg {en Franconie), eii 1472 ; 7nort à Weimarj en lbb3^ à l'âge de 81 ans. (Ecole allemande.)
Son nom de famille était Sunder ; mais, suivant l'usage de son temps, il prit celui de sa ville natale. Ses contemporains l'appelaient ordinairement maître Lucas ou Lucas peintre, en allemand maler. mot que quelques biographes ont ensuite changé en Millier et dont ils ont fait un nom propre. On croit que son père lui donna les premières leçons de dessin. Ses progrès furent rapides, et avant sa 23e année il fut attaché comme peintre de la cour à la maison électorale de Saxe. En 1493 il suivit Frédéric-le-Sage en Palestine, où il fit de nombreuses études. De retour dans son pays, il reçut des lettres de noblesse en 1508 , fut un des premiers adepties de la doctrine de Luther, son ami. et partagea volontairement pendant cinq ans la prison de Jean-Frédéric-le-Magnanime, son protecteur. Après avoir habité quarante-six ans la ville de