C. Loge et salon du duc de Montpensier
D. Secondes loges, seconde galerie et amphithéâtre des secondes.
E . Foyer des acteurs .
F. Loges des acteurs.
de construire une salle élégante et qui contînt un grand nombre de personnes.
La forme de la salle est celle d'une ellipse dont l'axe transversal a vingt mètres du fond des loges, tandis que l'axe longitudinal n'en a que seize.
Comme on le voit, MM. Dedreux et Séchan ont adopté un système entièrement contraire à celui qui a été suivi dans la construction du plus grand nombre des théâtres modernes : dans ces salles, le plan est une section de cercle ou une ellipse, et la plus grande longueur est dans le sens transversal.
Cette innovation est heureuse, et nous devons en féliciter hautement les architectes, car, offrant beaucoup moins de côtés que le cercle, elle permet à un nombre plus considérable de spectateurs de voir la scène. Il faut ajouter que les architectes, préoccupés de cette pensée, dont jusqu'à présent on avait fait bon marché,
qu'à toutes les places on doit pouvoir jouir du spectacle, ont interrompu les galeries et les loges à l'endroit où cette condition ne pouvait être remplie.
Quant à nous, qui avons visité la salle avec une attention extrême, qui nous sommes assis aux places le plus ordinairement détestables dans les autres théâtres, nous déclarons qu'au Théâtre-Historique, quelle que soit la place qu'on occupe, de face, de côté, aux amphithéâtres, dans les loges, on découvre la scène tout entière.
Certes c'est là un avantage immense, et nous ne connaissons pas un seul théâtre à Paris qui soit dans les mêmes conditions. Il en est au contraire, et c'est le plus grand nombre , — où le quart des places est une occasion de gêne, d'ennui, de supplice pour les malheureux condamnés à s'y amuser pendant trois ou quatre heures.
Ainsi donc, sous ce rapport, nous n'avons que des éloges à donner à MM. Dedreux el Séchan, pour l'idée qu'ils ont eue d'employer la forme elliptique.
Mais nous devons dire que cette forme présente quelque chose de bizarre et qu'on a quelque peine a s'y accoutumer. Ainsi, le Théâtre-Historique , dont la scène a le même diamètre que celle deU Porte- Saint- Martin, parait incomparablement plus petit.
Le rez-de-chaussée, comme d'habitude, est divise en fauteuils d'orchestre et stalles de parterre. — [ci encore 8e présente l'inconvénient delà forme elliptique, augmenté par la largeur considérable des premières galeries. — Les spectateurs placés aux stalles
d'orchestre peuvent à peine voir ceux qui se trouvent dans les loges de galerie. — Celte galerie se compose de trois rangs de fauteuils confortables, espacés de façon à ce qu'on n'y soit pas emboîté comme dans un appareil pour redresser la taille.
Les premières loges sont élégantes, spacieuses, et pour la plupart ont derrière elles des salons disposés dans le genre de (eux de l'Opéra-Comique.
Un foyer particulier a été ménagé poiu' servir de lieu de rafraîchissement aux personnes qui s'y trouvent.
L'étage supérieur est occupé par des fauteuils de galerie et des loges, derrière lesquels se trouve un im-
Coupe longitudinale du théâtre.
mense amphithéâtre pouvant contenir deux cent cinquante personnes; un amphithéâtre plus grand encore s'élève à l'étage supérieur et monte jusqu'au cinquième étage.
De même qu'en établissant des loges confortables, des fauteuils commodes, on avait satisfait aux exigences (Tune partie du public, — de même aussi en construisant ces gigantesques amphithéâtres, on a pensé a améliorer la condition de cette autre partie du public, qui, au boulevard du Temple, est le vrai publie. L'autre est composée d'une population flottante qui change, varie, se renouvelle tous les jours. Celle-ci, au contraire, e>t fixe; elle établit son domicile tm paradis d'un théâtre; elle y vient chaque jour, elle y apporte ses dieux lares, elle en l'ail son chez soi.
El qu'on ne s'y trompe pas ; i e publie en bourgeion, en casquette déformée, contribue plus a la pros-
périté d'un théâtre que le public parfumé, pimpant, merveilleux des premières loges. Celui-ci vient au théâtre par occasion. L'autre fait partie du théâtre: il est immeuble par destination.
Ici donc nous pouvons louer sans réserve MM. Dedreux et Séchan. Leurs amphithéâtres sont bien conçus, bien exécutés, et le public leur en saura certainement bon gré.
Mais avec ces amphithéâtres un lustre placé comme d'ordinaire au milieu du plafond était impossible, car il gênait la vue de plus de neuf cents personnes. Les architectes ont remédié à cet inconvénient en plaçant de charpie côté t\cu\ lustres posés de façon à éclairer parfaitement la salle, sans enlever plus d'une vingtaine de places.
Vus de là scène, ces deux amphithéâtres superposés semblent mie gigantesque pyramide qui va se
perdre dans le ciel, celui t\w théâtre, bien entendu.
Intérieur de la salle 'avant la représentation.
DÉCORATION : MM. SÉCHAN, DIÉTERLE ET DESPLÉCHIN.