‹ Notice du Musée Impérial de VersaillesChapitre 161 sur 730 · SALLE DE SPECTACLE, N · texte numérisé non relu

SALLE DE SPECTACLE, N

Cette salle, commencée en 175S, sur les dessins de Gabriel, fut achevée en 1*770 et inaugurée la même année parles fêtes du mariage du dauphin (Louis XVI] ; le 17 mai on y représenta Pertée^ opéra de Quinault, mis en musique par Lulli ; le 10, il y eut daiû la nouyelle salle de spectacle un bal paré, ouvert par le dauphin et la dauphine, et le 23 une représentation d^Àthaiie^ avec les chœurs exécutés en musique. Le mois suivant on y Joua l'opéra de Cattor et Pollux, et les tragédies de Tanerède et de Sémiramù, par Voltaire. En 1771, pour le mariage du comte de Provence, représentation de Topera de la Reine de Golconde le 17 mai, bal paré le 20, ballet héroïque des Projets de Vamowr le 29, et représentation de la tragédie de Gaston et Bayard le 31. En 1773, pour le mariage du comte d'Artois, représentation de l'opéra û*Isménie le 18 novembre, et bal paré le 9 décembre. En 1777, pendant le séjour de l'empereur Joseph II, représentation de l'opéra de Castor et Pollux,

Le 30 Janvier 1782, les gardes du corps du roi donnèrent, à l'occasion de la naissance du dauphin, un bal paré et masqué dans la salle de spectacle. Le roi et la Camille royale assistèrent à ce bal ob la reine dansa la première contredanse avec un garde du corps.

Le jeudi 1*' octobre 1789, les gardes du corps ayant offert un banquet aux officiers des régiments d'infanterie de Flandre et des Trois-Evêchés, et aux officiers de la garde nationale de Versailles, avaient obtenu de donner cette fête militaire dans la salle de spectacle. Une table de trois cents couverts, en forme de fera cheval, était dressée sur la scène, dont la décoration représentait une forêt Dans l'orchestre étaient les trompettes des gardes du corps et la musique du régiment de Flandre. Le parterre était occupé par les soldats des régiments de Flandre et des Trois-Evêchés. Les loges étaient remplies d'un grand nombre de spectateurs qui avaient été admis sans billets. Le repas commença vers quatre heures du soir. A la fin du second service, le roi et la reine, accompagnés du dauphin et de sa sœur, se montrèrent dans la loge royale et vinrent ensuite sur la scène où ils firent le tour de la table. Après leur départ le repas continua , puis les convives, les musiciens et les spectateurs se transportèrent dans la cour de Marbre, oh le roi et la reine parurent au balcon. C'est à la suite de ce banquet que Louis XVI fut obligé de quitter Versailles le 6 octobre suivant

Le 10 août 1837, on représenta dans la salle de spectacle nouvellement restaurée, en présence du roi Louis-Philippe et de la famille royale, le Misanthrope, des fragments de l'opéra de Robert le înable, et un intermède de M. Scribe, destiné à célébrer l'inauguration du Musée de «Versailles.

Le 25 juillet 1855, Jour de la fête oCTerte à Versailles par l'Empereur à la reine d'Angleterre, la salle de spectacle fut destinée au souper qui termina cette fête. Dans la loge d'honneur était dressée une table à laquelle prirent place LL. MM. rEmpereur, l'Impératrice, la reine d'Angleterre, LL. A A. IL le pnnce Napoléon, la pnncesse Mathllde, et LL. AA. RR. le prince Albert, le prince de Galles, la princ«sse royale d'Angleterre et le prince de Bavière.

Cette salle, construite entièrement en menuiserie, était peinte autrefois en marbre vert antique ; les loges étaient garnies de velours bleu avec des franges d'argent. Pour les bals parés, la scène se transformait, au moyen d*une décoration en charpente, en une seconde salle ornée de trois étages de galeries qui reproduisaient exactement la première. Les huit colonnes corinthiennes placées de chaque côté de l*avant-scène, formaient alors le milieu d'un immense amphithéâtre. Cette décoration n'existe plus qu'à l'état de fragments, et lors de la restauration faite en 1836, la salle a été repeinte en marbre rouge.

A la hauteur des secondes lo^fes de la salle est une galerie circulaire formée par quatorze colonnes d'ordre ionique ; le fond de cette galerie est décoré d'arcades ornées de glaces. Des bas-reliefs dorés sont placés sur les socles et les balustrades; ceux de la partie inférieure représentent les douze Dieux et Déesses de la Fable; dans la partie supérieure sont Aeijeua; d'enfants. Sur l'entablement, au-dessus de l'avant-scène, est un éauson supporté par des génies; dans les angles sont des groupes d*enfants et des trophées. Toutes ces sculptures ont été exécutées par Pajod.

Le plafond du milieu de la salle, peint par Durameau, a pour scjet Apollon préparant des couronnes aux hommes illustres dans les arts. Le même artiste a représenté dans les plafonds des secondes loges, entre les colonnes, des Amours portant les attributs des douze Dieux.

Le grand foyer est décoré d'un soubassement au-dessus duquel règne un ordre de pilastres ioniques avec un entablement qui supporte un cintre en berceau divisé en compartiments ornés de peintures. Les bas-reliefs qui le décorent sont de Pajou et représentent :

Au-dessus de la porte d'entrée, — La Jeunesse et la Santé»

Au-dessus de la cheminée. — UA bondanee et la Paix.

Dans les trumeaux du côté de la salle.— la Po^ne épique.—Apollon et quatre enfants figurant les arts. — La Poésie dramatique.

Dans les trumeaux du côté des fenêtres. — La Poésie pastorale. ^ Vénus avec les Amours. — La Poésie lyrique.

Au-dessus du grand foyer, et à la hauteur du premier étage, est un petit salon de forme ovale qui précédait l'ancienne loge royale. Au-dessus de la porte et de la chemmée sont placés deux tableaux de l'école de Bouclver, représentant un Amour ei une Tète de femme.

Page 1