LXIV ABRÉGÉ CHRONOLOGIQUE
26 septembre. — Traité de commerce et de nayigation entre la France et l'Angleterre.
22 février. — Le roi ouvre l'assemblée des notables.
6 août. — Lit de justice tenu par le roi. Il y fait enregistrer par le parlement l'impôt du timbre et la subvention territoriale*
8 mai. — Lit de justice tenu par le roi pour l'enregistrement de différentes lois relatives aux fonctions des tribunaux et à l'établissement d'une cour plénière.
18 mai. — Baptême du duc de Chartres (depuis Louis-Philippe 1er, roi des Français), et du duc de Montpensier, son firère.
10 août.— Audience solennelle des ambassadeurs de Tippo-Sa'ib dans le salon d'Hercule.
23 août. — Le corps de ville de Paris présente au dauphin ses premières armes^ consistant en une épée, un fusil et une paire de pistolets.
10 novembre. — Le roi ouvre la seconde assemblée des notables. 17 avril. — Baptême de Mademoiselle (Eugénie- Adélaïde- Louise d'Orléans).
2 mai.— Le roi reçoit les députés des trois ordres aux états généraux.
3 mai. — Procession des états généraux. 5 mai. ~ Ouverture des états généraux.
4 juin. ~~ Le duc de Normandie est déclaré dauphin, son frère aine étant mort le même jour au château de Meudon.
12 juillet. — Arrivée du prince héréditaire de Nassau-Saarbruck.
25 août. — Le roi reçoit le serment de Bailly, nommé maire de Paris après la prise de la Bastille*
1er octobre. — Repas donné par les gardes du corps dans la salle de spectacle de Versailles.
^Ci
DE l'histoire du PALAIS DE VERSAILLES. LXV
6 octobre. — Après rinyasion du cMteau par la populace et le massacre des gardes du corps, le roi, la reine et le dauphin quittent Versailles pour se rendre à Paris.
26 mai. — Décret constitutionnel sur la Liste ciyile, qui assigne à la famille royale les Tuileries et le Louvre pour demeuré^ et ordonne que ce palais receyra le dépôt des monuments des sciences et des arts.
19 septembre. — Décrejt de TÂssemblée nationale qui ordonne que les tableaux et autres monuments des beaux-arts placés dans les maisons royales seront transportés au dépét du Louvre.
20 octobre. — Lettre de Roland à la Convention nationale par laquelle il demande Tautorisation de vendre les meubles du château de Versailles. Le député Manuel propose^ non-seulement de vendre les meabies, mais aussi « d'afficher la maison à vendre ou à louer. » La Convention autorise èi faire vendre les meubles, et renvoie au comité d'aliénation pour la vente de la maison.
3 novembre. — Pétition présentée à la Convention nationale au nom des sections du district de Versailles pour réclamer la restitution des ta- . bleaux des écoles anciennes qui faisaient partie de Tancienne collection de la couronne^ et la formation au château de Versailles d'un lycée devant renfermer les peintures italiennes, les statues antiques^ les collections de pierres gravées^ d'estampes, de médailles^ une bibliothèque, etc. A ce lycée viendraient s'adjoindre une université, une école de musique et une école d'équitation. Des représentations de pièces antiques seraient données sur le théâtre du château, et des fêtes civiques dans rOrangerle, dont on convertirait les escaliers en gradins d'amphithéâtre.
28 février. — Deux députés de l'administration du district de l'Oise annoncent à la Convention qu'ils ont trouvé au château de Versailles, dans un secrétaire de Louis XVI, un livre rouge en trois volumes in-4o. I^ans ce livre sont consignées les différentes sommes distribuées aux Piirsoones de la cour. L'impression de ce livre est décrétée.
LXVI ABRÉGÉ GHRON0L06IQUB
8 juillet. — Barrère propose, au nom du Gomitô de salut publie, d'établir dans le palais de Versailles une école centrale ou gymnase public.
%i noTembre. — Arrêté du département de Seine-et-Oise pour l'installation au palais de Versailles d'un Musée spécial de l'École française. Ce Musée étant entré plus tard dans les attributions du ministre de Pintérieur Benezecb, fût composé principalement des peintures et sculptures présentées par les membres de Tancienne Académie royale pour leur réception. Il occupait les grands appartements^ la grande galerie et le premier étage de l'aile du nord, du côté des jardins. Un cabinet d*histoire naturelle, créé vers la même époque, occupait neuf pièces du rezde-chaussée de l'aile du nord.
4 juin. — La Convention décrète que les maisons et Jardins de Salnt- Cloud, Bellevue, Monceaux > le Ralncy, Versailles, Bagatelle, Sceaux^ l'Ilc-Adam et Vanvres, ne seront pas vendus et seront conservés et entretenus aux frais de la République , pour servir aux Jouissances du peuple et former des établissements utiles h l'agriculture et aux arts.
24 décembre. — Loi qui ordonne la vente des maisons et parcs de Saint-€1oud, Meudon, Vincennes, Madrid, Bagatelle, Ghoisy, Marly^ Saint-Germain, Maisons-Clarrières, le Vésinet, Rambouillet, Chambord, Chantilly, Chanteloup, le Pin, etc., à l'exception seulement des maisons principales de Versailles^ Fontainebleau et Compiègne, destinées à des établissements publics.
6 janvier. — Message du Directoire au Conseil des Anciens et au Conseil des Cinq-Cents, sur la nécessité de prendre une détermination relativement à Versailles, n Une très-petite partie du ci-devant château renferme un dépôt littéraire qui pourrait être mieux placé; d'autres salles sont occupées par un Muséum spécial de l'École firançaise; la somptueuse galerie et les appartements sont vides. £n général les bâtiments, l'Orangerie et les jardins sont bien entretenus. Le grand canal est en prairie. . . Les bâtiments exigent des réparations urgentes qui iront en croissant chaque année. . • Ce serait à regret que le gou*"
DB l'histoire du PALAIS DE VERSAILLES. LXYII
yernemeni Terrait le Taodalisme Toter ranéantissement de cet ensemble de che&-d'œuyre. » — {Moniteur universel,)
17 octobre. — Exposition , dans la salle des gardes du corps, des oo- Trages des artistes demeurant & Versailles.
Janyier. — Installation d'une annexe de l'Hôtel des Inyaiides. Les in- Talides, au nombre de près de deux miile^ étaient établis dans les appartements de Louis XY et dans les ailes du midi » tant du jardin que de la cour des ministres.
5 aTril. — Distribution , dans le salon d'Hercule , des prix de TËcole du modèle yiyant, instituée au palais national de Versailles.
3 janvier. — Le pape Pie VU, après s'être rendu directement à la ca* thédrale de Versailles^ yisite le château et donne la bénédiction pontificale du haut du balcon de la grande galerie.
5 féyrier. — Bal donné dans le salon d'Hercule en réjouissance du couronnement de l'Empereur.
18 novembre. — Yisite de la reine de Westphalie ( Frédérique-Catherine de Wurtemberg).
11 mars. — Yisite de l'empereur Napoléon !«'.
7 ayril.— On rempUt d'eau le grand canal, mis à sec en 1789 pour le
réparer.
LXYIII ABRÉGÉ CHRONOLOGIQUE
6 décembre. — Visite de Frédéric-Auguste; roi de Saie.
11 mai. — L'empereur de Russie , Alexandre !«', le roi de Prusse, Frédéric-Guillaume III , deux frères de l'empereur de Russie et deux des fils du roi de Prusse^ Tiennent visiter le ch&teau et les jardins de Versailles.
9 août. — Visite de Louis XVIH.
17 août. — Visite de la duchesse d'Angouléme.
14 août. — Visite du duc et de la duchesse d'Angouiéme et du duo de Berry.
25 juin. — Visite de Louis XVIII, accompagné de Monsieur, du duc et de la duchesse d'Angouiéme, et du duc et de la duchesse de Berry.
1er noyembre. — Visite du duc de Cambridge (Adolphe -Frédéric d'Angleterre).
26 juin. — Le roi , accompagné de Monsieur , visite « le nouveau jardin de fleurs qui porte le nom de Bosquet du Aoi , et qui, formé depuis le mois de février, remplace le bassin de Tancienne île d'amour. » — (Moniteur universel.)
18 avril. — Bénédiction, par le prince de Groy, évéque de Strasbourg, de la chapelle de Versailles, nouvellement restaurée.
DB l'histoire du PALAIS DE VERSAILLES. LXIX
6 août. — Visite de Charles X, accompagné de la fiunille royale.
29 août. — Rapport au roi par M. le comte de Montalitet, inteodant général de la Liste civile, sur la nouvelle destination à donner au palais de Versailles, en y établissant un Musée historique. La création de ce musée est ordonnée par Louis-Philippe le l«r septembre.
10 juin. — Inauguration du Musée de Versailles.
« Le roi avait convié à cette grande solennité les membres de la chambre des pairs^ de la chambre des députés, du conseil d'état, de la cour de cassation, de la cour des comptes, de la cour royale de Paris; les tribunaux de première instance et de commerce de la Seine et de Seine-et-Oise; le conseil royal de Tinstruction publique, et un grand nombre de membres des cinq académies qui composent l'Institut de France.
a La ville de Paris était représentée par le préfet de la Seine, par un certain nombre de membres du conseil général et du conseil de préfecture, et par les douze maires de Paris.
« La garde nationale de la Seine avait pour représentant son commandant en chef, le maréchal comte de Lobau, le général Jacqueminot, chef d'état-major; les colonels et lieutenants-colonels desdiXHsept légions de Paris et de la banlieue.
Le roi avait également invité à cette fête nationale le préfet^ les principales autorités et les officiers supérieurs des gardes nationales du département de Seine-et-Oise.
« L'armée était représentée par les maréchaux de France^ les amiraux, un grand nombre de lieutenants généraux, de maréchaux de camp, de
LXX ABRRÉGB CHRONOLOGIQUE
yice-amiraux, de contre-amiraux, d''officiers généraux en retraite ; par les états-majors de la première division militaire, des places de Paris et de Versailles; par les colonels, lieutenants-colonels des régiments qui forment la garnison de ces deux villes; enfin par Tétat major et les officiers supérieurs de l'école royale militaire de Saint-Cyr.
<x Indépendamment des membres de Tlnstitut de France, le roi avait bien voulu inviter un grand nombre d'hommes de lettres^ d'artistes, et particulièrement les peintres et les sculpteurs qui avaient concouru par leurs travaux à enrichir le nouveau musée.
« Le roi et la reine sont partis à trois heures de Trianon pour se rendre au palais de Versailles
« Depuis dix heures du matin toutes les salles du musée de Versailles étaient ouvertes aux personnes invitées, qui avaient pu les parcourir en attendant l'arrivée du roi.
<{ Leurs Majestés ont été accueuillies par les témoignages du plus vif dévouement ; elles se sont rendues aux galeries du premier étage par l'escalier de marbre, ont traversé la grande salle des Gardes, aujourd'hui salle de Napoléon, la salle de 1792, les quatre salles consacrées aux campagnes de 1793, 1794^ 1795 et 1796 ; elles sont entrées ensuite dans la grande galerie des Batailles, où l'on voit, retracés sur la toile, tous les hauts faits de la valeur française , depuis la bataille de Tolbiac jusqu'à celle de Wagram. La foule des invités, qui se pressait autour du roi ne pouvait se lasser d'admirer les belles proportions , les riches ornements de cette galerie entièrement nouvelle.
a Après avoir parcouru d'autres salles, parmi lesquelles on a surtout remarqué la salle des états généraux, la salle de 1830, où figurent les principaux événements de la révolution de Juillet, leurs Majestés ont traversé la galerie des sculptures et se sont arrêtées dans la chambre du lit de Louis XIV, pour examiner toutes les parties de l'ancien ameublement restaurées avec une grande magnificence.
« Le banquet royal auquel quinze cents personnes étaient conviées, a eu lieu dans la grande galerie de Louis XIV et dans les salons de la Guerre, d'Apollon, de Mercure, de Mars^ etc. La table du roi était de six cents couverts et oflrait Taspect le plus splendide. Les princes présidaient aux autres tables, aussi magnifiquement servies que celle du roi. Un ordre admirable a régné dans le service.
« Après le diner on s'est répandu de nouveau dans les galeries pour les visiter en détail^ en attendant l'heure du spectacle.
DE l'histoire du PALAIS DE VERSAILLES. LXXI
a Leurs Majestés sont entrées dans la salle de spectacle à huit heures^ et se sont placées à l'amphithéâtre au-dessus du parterre. Le roi occupait le milieu^ ayant à sa droite la reine, et à sa gauche la reine des Belges, madame la duchesse d'Orléans et la princesse Marie. La reine avait à sa droite le roi des Belges^ madame la grande-duchesse douairière de Mecklembourgj madame la princesse Adélaïde et la princesse Clémentine.
« Le prince royal (duc d'Orléans) occupait un siège derrière madame la duchesse d'Orléans; M. le duc de Nemours, M. le prince de Joinville, M. le duc d'Aumale et M. le duc de Montpensier avaient pris place derrière le roi ot la reine.
c< La salle éblouissante de lumières, et décorée avec une magnificence que rien ne saurait égaler, était presque entièrement pleine avant l'arrivée du roi. L'entrée de Leurs Majestés a été saluée par les plus vives acclamations.
<c  huit heures, le spectacle a commencé par le Misanthrope joué avec les costumes du temps, par mademoiselle Mars et les principaux acteurs de la Comédie française. Les acteurs de TAcadémie royale de musique ont ensuite exécuté des fragments du troisième et du cinquième acte de Robert le Diable : Leurs Majestés ont plus d'une fois daigné applaudir au talent de Duprez, de Levassor et de mademoiselle Falcon Le spectacle a été terminé par un intermède de M. Scribe^ destiné à célébrer l'inauguration du musée et à mettre en parallèle une fête donnée à Versailles par Louis XIV avec la fête toute nationale donnée en ce jour même par le roi des Français.
a L^assemblée toute entière a témoigné le plus vif enthousiasme au moment où l'art du décorateur a fait succéder à l'aspect du vieux Versailles celui de Versailles rendu à son antique splendeur, et consacré par Louis-Philippe à toutes les gloires qui honorent le pays.
a Le spectacle s'est terminé à minuit et demi. Quand le roi a quitté sa place, les acclamations ont éclaté avec une nouvelle force. Alors a commencé la promenade aux flambeaux dans les vastes salles du palais et dans la grande galerie des Batailles. Le roi était précédé de valets de pied portant des torches^ suivi de sa famille et de toutes les personnes qui avaient pris part au banquet ou à la représentation .
(c Leurs Majestés sont reparties pour Trianon à deux heures du matin.
(Moniteur universel du 12 juin 1837.)