Levée du siège de Rhodes. — 19 août
Par M. Edouard Odier. — H. û,06. — L. 6,55.
L'an 1480, vers la fin du mois de mai, le grand-visir Misach Paléologue, renégat, de l'ancienne famille des empereurs grecs, parut devant Rhodes avec une flotte qui, au rapport des contemporains, ne portait pas moins de cent mille hommes. La ville fut attaquée à la fois^par terre et par mer, et pendant trois mois la
formidable artillerie de Mahomet II ne cessa pas de foudroyer ses murailles. Deux fois repoussés, les Turcs dirigèrent contre la basse ville et le quartier des Juifs, une troisième attaque. Le rempart est escaladé en silence, la garde endormie est égorgée, et le drapeau des Infidèles arboré en signe de triomphe. Pierre d'Aubusson, averti du péril fit déployer sur-le-champ le grand étendard de la religion. La lutte rut terrible : le sang des chevaliers y coula à grands flots, et le grand-maître lui-môme fut deux fois renverse. Mais ni cette double chute, ni les sept blessures qu'il reçut ne ralentirent son ardeur^ et, après mie mêlée épouvantable, les Turcs, subjugués par l'énergie surnaturelle de leurs ennemis, prirent la fuite. Paléologue découragé Se retira sur ses vaisseaux, et pendant qu'il faisait voile vers le Bosphore, Pierre d'Aubusson allait dans réglise de Saint-Jean rendre grâces à Dieu de la victoire qu'il venait de remporter.
Ce tableau a été exposé au Salon de IS'^l.