PRIEZ DIEU POUR LEURS AMES
Entre la chapelle sainte Marthe et la suivante se trouve la sacristie , où Ton entre par une porte chargée d'arabesques et bronzée récemment avec son archivolte; le plafond est traversé de deux nervures
prismatiques en croix de saint André. Une pelite chambre, formant étage sur la sacristie, renferme le dépôt des archives de Saint-Etienne , qui consistent eu une vingtaine de cahiers manuscrits du xvi" siècle; ce ne sont malheureusement que comptes de marguilliers et autres pièces analogues fort peu intéressantes. Il y a aussi un amas de vitraux brisés qui proviennent de l'église même, et qu'il serait difficile, sinon imposr sible> d'utiliser. Pour arriver en cet endroit, on entre par la chapelle du saint Sépulcre, dans un corridor sombre et étroit pratiqué dans l'épaisseur du mur ; on monte l'escalier à vis dont le renflement paraît à l'angle septentrional de la chapelle Notre-Dame de Lorette, et qui accède au lieu dit le trésor, dénomination qui pouvait être juste sous les chanoines de Saint- Vaast, mais qui assurément , et malheureusement pour l'église, n'a plus l'ombre de vérité.
Quand le chapitre de Saint-Vaast possédait le chœur chapeii*
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et y chantait son otlice, cette chapelle qui occupe deux travées était proprement la paroisse de Saint- Etienne.
Au-dessus de l'autel on voit un grand tableau de de l'Assomption attribué à Philippe de Champagne.
La statue de saint Sébastien percé de flèches , s'adossant contre un pilier, repose sur une console de la renaissance où est sculptée la Visitation.
X" fenêtre. De l'ancien vitrail totalement ruiné, les débris remplissent encore les jours du réseau ; ce sont des anges tenant divers instrumens de musique, ou complétant par leur attitude le tableau qui a disparu.
2* fenêtre. Notre-Dame de Lorette. Au tems de la prédication des apôtres, les premiers chrétiens remarquèrent à Nazareth la maison où la sainte Vierge fut saluée par l'ange et où fut consommé l'ineffable mystère de l'incarnation du Verbe. Dès-lors , entourée de la vénération des peuples, protégée d'abord par leur piété , puis par une immense basilique qui la renferma dans son sein, elle devint un lieu de pèlerinage où Ton accourut de tout le monde chrétien. Ce pèlerinage fut long-tems célèbre , long-tems suivi ; mais les voyages en Terre-Sainte devenant de plus en plus difficiles et périlleux, le chemin de Nazareth fut de moins en moins fréquenté. Vers la fin du xm e siècle, en 1291 , la maison de la sainte Vierge fut enlevée par les anges du milieu de l'église où elle était placée, et fut transportée par eux en Dalmatie; objet d'un culte tout particulier, elle y resta trois ans après lesquels les anges l'enlevèrent de nouveau , la transportèrent dans la Marche-d' Ancône , et la, déposèrent dans un bois qui appartenait à une pieuse femme appelée Lorette. Une église y fut bâtie , et bientôt une ville fondée ; telle est l'origine du célèbre pèlerinage de Notre-Dame de Lorette.
Tout merveilleux qu'il paraît être , ce fait est néanmoins attesté par les témoignages les plus authentiques , et confirmé par les preuves historiques , les miracles et les enquêtes apostoliques les plus minutieuses. Mille témoins virent le cortège aérien, plusieurs députations furent envoyées à Nazareth, et le concours de toutes les circonstances qui accompagnèrent ce prodigieux événement en démontre la réalité avec la der-* nière évidence. D'ailleurs on peut consulter à ce sujet les ouvrages de controverse.
Cette miraculeuse translation est traitée dans ce vitrail en quatre tableaux ; mais quoique l'histoire en soit bien connue, l'intelligence de tous les détails peints ici n'est plus très-facile depuis que les inscriptions sont ou altérées ou entièrement effacées.
V tableau, La maison de Nazareth est arrêtée dans un pays où sa présence excite un soulèvement populaire} des hommes armés, des curieux l'entourent.
2 e tableau. Autre repos de la maison sainte 5 on voit que des prodiges merveilleux opérés à l'intercession de ceux qui l'honorent y enflamment l'enthousiasme des croyans.
3 e tableau. Arrivée en Dalmatie. La sainte Vierge tenant l'enfant Jésus paraît à l'entrée de sa maison et reçoit les hommages de la multitude qui l'entoure.
A* tableau. Dans le lointain arrivent du plus haut des airs les anges qui viennent déposer leur précieux fardeau dans une campagne couverte d'arbres ; on lit dans le feuillage deux inscriptions portant : Le bois de Laurelte. Sur ï'avant-scène la maison où paraît encore la sainte "Vierge est toujours environnée d'une foule pieuse; une femme en robe rouge rehaussée d'un surtout en drap d'or, agenouillée , un cierge à la main , représente sans doute Laurette.
Comme tous les pays étaient jaloux de la faveur d'avoir possédé la divine maison , les légendes du tems ont encore enchéri sur la vérité historique des faits , étendant à une multitude de lieux cette Visitation surnaturelle.
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On prétend que ce vitrail est tiré des cartons de Raphaël; certains types de figures , certaines poses de sa manière appuieraient assez cette opinion.
Elle s'ouvrait sur l'église par deux baies traversées de lames de couteaux, aujourd'hui fermées par un crépi. A l'intérieur, le tombeau était placé dans l'entrecolonnement de deux piliers maintenant séparés par une cloison qui divise la chapelle en deux parties égales. La voûte n'est qu'un tissu de filets prismatiques ramifiés indéfiniment ; il y a deux portes , dont l'une servait d'entrée et l'autre de sortie aux adorateurs du Saint des Saints. On lit dans la partie gauche cette inscription gothique :
Icy dedans gist un porre pécheur Guy de Ilodenc nome" qui en l'honneur De Jhû Christ et de la passion A faict construire par grad dévotion Ce beau sépulchre en l'an VC de grâce M . avent deux. Jhs pardon ly face.
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