II
Un cours d’arcliitecture du jour a également été créé pour les peintres et les sculpteurs.
Par suite de rinscription de plusieurs jeunes filles dans le cours de sculpture d’après nature (jour), il a été nécessaire d’agrandir le local réservé à la classe de peinture d’après nature, pour demoiselles. De cette façon, le travail exécuté a permis de réunir toutes les jeunes filles des cours supérieurs.
Le système d’éclairage à l’électricité a donné d’excellents résultats et sera généralisé. Le Musée indien qui, depuis une quinzaine d’années, occupait une des galeries du premier étage et qui ne rendait aucun service, a été transféré au Musée etlinograpliique de la Porte de Hal. Les instruments de musique ont été enrichir le Musée du Conservatoire.
M Desvaschez est nommé aux fonetions de secrétaire ; M. F. De Vestel, professeur d’architecture.
Fondation de M. De Potter. Par un acte, M. De Potter a légué à la ville un capital de 20,000 francs, à charge d’en affecter les intérêts, soit 5oo francs, à la création de deux primes de 260 francs chacune. Ces primes seront allouées aux élèves classés premiers dans les concours pour les prix des classes de dessin et de sculpture d’après nature. Cette somme, jointe à la prime de ^i5o francs allouée par la ville, assurera aux lauréats de ces branches une somme respective de 400 francs, ce qui constitue un encouragement très sérieux.
La société pour l’encouragement de l’Ecole des Arts décoratifs accorde annuellement 1,000 francs aux élèves les plus méritants.
Le palmarès mentionne :
Grand concours d’architecture (1,000 francs). Prix : MM. Jasl)ar, E., et Seroen, Er. Mention lionorahle : M. Bondiielle, Alpli.
Bourses de voyage de 1,000 francs chacune : MM. Gauchie, P.,
Grandnioiiliii, L., Micliotte, Fr., Swijiicop, Pli., Devaleriola, E., et Pourbaix, N.
Concours de paysage (legs Doniiay). Prix : M. Madiol, J. Mentions honorables : MM. Hanstrate, G., Desloover, G., Vastemans, Y., et Stevens, A, rondation de M'*'c De Potter, aux élèves MM. Cliristoffel, J.-B., et Devaleriola, E.
Diplôme de l’École des Arts décoratifs délivré à M. Micliotte, Fr.
Peinture d’après nature. Prix : M. Poreau, O.; classe des demoiselles : M^^^s Reli, M., et Voct, C.
Sculpture d’ajirès nature. Prix ; M. Devaleriola.
Architecture, enseignement supérieur. Prix ; M. Pourbaix, N.
En 1899, une innovation fut introduite dans renseignement. Plusieurs conférences furent données par MM. Yerliaeren, C. Lemonnier et G. Eecklioudt. Ces conférences avaient été précédées d’une savante causerie avec projections ]3ar M. Buis, sur son voyage au Congo.
M. Sinits fut adjoint comme professeur à la deuxième classe linéaire,
Par déeision du Conseil communal, la limite d’âge pour exercer les fonctions de professeur à l’Académie fut portée à soixante-dix ans. A la suite de ce vote, MM. Stallaert, Van Severdonck, Fetis et Pemannez prirent leur retraite. Ils furent dans le courant de l’année 1899 remplacés j>ar MM. Yerlieyden, Bicliir, Yan Strydonck et Yan den Bruel. M. Yan Landuyt fut nommé dans la classe des fragpients et industries d’art. M. Mathieu prit la classe de M. Yan Landuyt. M. Smits, la classe de M. Mathieu et M. Yan den Bruel remplaça M. Smits.
Le palmarès renseigne ;
Pour la fondation De Potter. Mention : MM. Crimd et Beer.
Legs Donnay : MM. Van Cleemputten. Mention, Crimd, J., et Havestaete, G.
Peinture d’après nature : M; Borremans. Mention, classç des demoiselles : Stordeur, Hélène.,
Sculpture d’ai^rès nature. Prix : M. Beer.
Prix de i,ooo francs (i)eiiiture) : M. Stevens : Mention. MM. Crnnd, J., Detillenx, J., Porean, Arnould.
Dessin d’après nature : M. Crnnd, niention.
1899-1900, 1,238 élèves, 54 demoiselles.
La composition du conseil académique a subi, cette année, un cliangement important par suite delà démission donnée par AI. Buis de ses fonctions de bourgmestre. AI. Buis était en cette qualité président de droit du conseil académique. Le corps professoral n’a pas voulu le laisser abandonner ses éminentes fonctions sans lui exprimer les regrets que lui causait son départ. Le 24 décembre, le directeur réunissait à l’Académie le personnel administratif et enseignant et donnait au bourgmestre lecture d’une adresse exprimant les sentiments dont tous étaient animés à son égard.
AI. Buis, vivement touclié de cette sympathie dont il était entouré, a bien voulu promettre de revenir à l’Académie comme conférencier et ami.
Il a été remplacé à la présidence par AI. E. De Mot.
Le seul cliangement survenu dans le personnel est la désignation de M. Smits, nommé depuis, à titre définitif,' comme professeur de la nouvelle classe de linéaire.
Donnons quelques mots sur M. Vander Stappen, le directeur actuel de l’Académie ;
Charles Vander Stappen est né à Saint-Josse-ten-Noode le 19 décembre i843. Il débuta dans l’atelier d’un i)eintre, le brave maitrc Jean Portaels, qui avait iioiir Vander Stappen une sincère et grande amitié. C’est là <pi’il modela ses premières tètes d’exj)ression. Dès son entrée à l’atelier, Portaels x>révoyait le brillant avenir du jeune sculpteur, et le temi)s a démontré (pie Portaels ne s’était pas, troni])é.
Vander Stapi)en fut nommé professeur à l’Académie royale
des Beaux-Arts de Bruxelles le 9 février i883, sous la direction de son ancien maître et ami. Grâce à son savoir, à son grand talent et â son ex})ériencc, Vander Stapi)cn transforma renseignement (lue l’on y donnait et ramena â un tel degré <iue nous ])ouvons dire ciu’aucun établissement similaire ne le déj^asse. Les prix aux derniers concours et les derniers prix de Rome obtenus ]>ar ses élèves, sont autant de ])reuves (lue l’enseignement qu’il donne à ceux-ci est juste, pratique, artisticiue ; â juste titre il ]>eut être fier de ces différents succès. Grâce à lui, une renaissance de la sculpture s’est fait jour en notre pays, et la rénovation a été si vive, que l’étranger s’étonne des ])rogrès immenses accomplis en Belgique. Lâ encore Vander Stappen peut revendiquer une large part.
Si Vander Stai)])en a réussi comme professeur à créer une pléiade d’artistes, comme statuaire il impose.
Mentionnons de ses œuvres : La Toilette du Faune (Musée de Bruxelles), son David, L’ Homme à V épée, le Fax teciim, son Saint Miehel, ses Bâtisseurs de villes, son groupe cladélier d’Omjjdrailles, etc., etc. Il faudrait tout un catalogue pour citer ses ouvrages.il crée actuellement une œuvre qui fera é])oque,le monument de L'Infîiiie Bonté, dont nous avons pu admirer au dernier Salon des Beaux-Arts les fragments : L’ Humilité , Le Dévouement, L’ Ancêtre, L’Homme marchant , La Source, La Maternité, L’Homme des douleurs.
Comme art décoratif, la ville de Bruxelles lui doit le magnifique surtout de table en argent, que l’on a pu admirer en mainte occasion et qui forme un des joyaux des trésors de notre antique Hôtel communal.
Ses succès en ces dernières années, surtout à Vienne et à Berlin, ont été marquants. Ses distinctions honorifiques obtenues à l’étranger ne se comptent i)lus ; il est officier de l’ordre de Léopold.
Vander Stappen est un de ces travailleurs infatigables, l’esprit toujours en éveil, prêt â seconder son génie dans les multiples travaux qu’il entreprend.
Il s’est créé une habitation sj)éciale, tout près du Parc du Cinquantenaire ; d’un ancien cirque il a fait son atelier et un musée. C’est lâ qu’il travaille, les manches retroussées, faisant éclore sous son ])ouce les œuvres marquantes qui font notre admiration et (xui sont la gloire de notre i)ays.
L’Académie a eu bien des moments difficiles, mais
toujours des liommes de bien, des esprits larges et cultivés, ont su la maintenir. Les Bruxellois en maintes circonstances ont prouvé tout l’intérêt qu’ils témoignent à cette noble institution. Les soucis de tous les magistrats régissant notre bonne ville ont toujours été de voir développer cet enseignement si nécessaire pour riionneur de la ville et du pays et le bien-être de ses liabitants. Les évolutions dans le domaine de l’art depuis deux siècles ont aussi été pour l’Académie ou l’Ecole de dessin des premiers jours des causes de réorganisation et d’orientation nouvelle, tout en maintenant toujours ce principe immuable cc que tout enseignement académique doit avoir pour base l’étude des classiques)).
Le centenaire que nous fêtons portera à nouveau les regards sur notre Académie et naturellement des idées nouvelles se feront jour. Mais, avant de démolir, que l’on ait quelque chose de meilleur à mettre à la place. La critique est si facile; maintes fois j’ai entendu de nos artistes critiquer à tort et à travers. Il fallait faire ceci, réformer cela, et, plus tard, j’ai vu ces mêmes artistes, comme professeurs à l’Académie, ayant vu de près comment le tout est coordonné, pesant le pour et le contre, conclure au maintien de ce qu’ils voulaient démolir. Tout cela est bien Immain. Ce n’est que quand on connaît à fond les choses que l’on y regarde à deux fois avant d’introduire ou de préconiser des changements.
Je crois que c’est ici la place à rendre hommage au corps professoral, d’abord, à tous ces grands artistes qui successivement ont employé toute leur intelligence, leur savoir et leur art au bien-être de l’Académie. Ensuite à ceux d’aujourd’hui, tous hommes de cœur, parmi lesquels des grands noms de notre monde artistique actuel, qui travaillent, négligeant leurs intérêts
personnels, an développement des gotits artistiques innés de nos populations et des élèves confiés à leurs soins. Cette mission noble et grande, cette tâche si difficile, tous, du premier au dernier, l’ont à cœur. Honneur à vous autres, Messieurs, vos noms resteront gravés dans les cœurs de ceux à qui vous avez ouvert la carrière artistique.
En parlant, plus haut, des intérêts que les Bruxellois témoignent à notre Académie, il est un devoir de signaler les nombreux dons que des gens de bien font annuellement à l’Académie. En dehors des dotations faites pour des prix, l’Académie reçoit pour sa bibliothèque et ses collections diverses, des dons qui prouvent l’intérêt que l’Académie entretient dans la capitale.
Les jurys étrangers ont aussi droit à la reconnaissance de tous, eux qui viennent pour le bien-être de l’art et de la science mettre leur savoir et leur expérience à la disposition de notre institution.
Un mot ici pour un homme qui, durant les dernières années, a tant contribué au bien-être de notre Académie, à notre ancien bourgmestre — l’esthète maître Buis — lui qui prépara si bien, x^ar ses leçons d’histoire de l’art données en cours public, l’avènement de la fondation de l’École des Arts décoratifs et la réorganisation de l’Académie en 1884, i885 et 1886.
C’est un titre de gloire qui restera gravé en lettres d’or dans les fastes de la cax)itale.
Et maintenant ]30ur conclure : hommage à ce conseil académique qui régit avec sagesse; à M. E. De Mot, bourgmestre, x^i’ésident du conseil; à M. L. Lepage, échevin des beaux-arts et de l’instruction x^ublique, vice-j)résident ; aux conseillers MM. Wauwermans, M. Hallet et Verhoeven; aux directeur et ^professeurs, MM. Vander Stappen, Stallaert, Acker; et n’oublions
pas riiomme modeste, mais que nous tenons malgré tout à citer, le directeur des Beaux-Arts, M. Mabille, qui rend tant et de si appréciés services.
Honneur à radministration communale, et surtout au collège, composé d’hommes éminents qui n’ont eu en vue que le bien-être de la capitale, MM. De Mot, Lepage, Steens, De Botter, Bruylant et Leurs.
Pour finir, je remercie mon ami J. Van Maldergliem, archiviste de la ville, et les fonctionnaires des archives qui se sont mis avec empressement à ma disposition pour me faciliter les recherches dans les archives de l’Académie,