PREMIÈRE PARTIE TEXTE
premièr'e partie.
Oksemtins prélniuires.
La pisciculture paraît avoir été connue et pratiquée à toutes les époques. Chez les Chinois elle est, depuis un temps immémorial, à l'état d'industrie. Les Romains la faisaient servir autrefois à leurs distractions, à leur luxe culinaire; et dans un coin reculé de l'Italie une branche spéciale en est demeurée jusqu'à nos jours l'objet d'un commerce assez important. Au moyen âge, dans plusieurs pays et particu- Uèremenl en Allemagne, les corporations religieuses tiraient un parti avantageux du peuplement bien entretenu des eaux placées sous leur dépendance. Maintenant encore, dans quelques États de la Confédération germanique, l'on applique à l'élevage et à la conservation des poissons dans de petits espaces, des procédés dont l'origine remonte très-loin.
Cependant, entre les moyens plus ou moins ingénieux de faciliter la reproduction -des poissons dans des circonstances ou des localités déterminées, et la fécondation artificielle des œufs découverte au siècle dernier par un naturaliste allemand, le progrès est immense.
La méthode de Jacobi, quoique clairement définie, a éprouvé le sort de beaucoup d'autres inventions, l'oubli ou la difficulté de la mise en pratique du vivant de l'auteur. A peine quelques timides applications se trouvaient entreprises dans la Grande-Bretagne, lorsqu'il y a vingt ans, un hurhble pêcheur des Vosges parvint à recomposer laborieusement l'opération de la fécondation artificielle qu'il ignorait avoir été enseignée longtemps auparavant.
La divulgation des expériences de Rémy fixa l'attention des savants, et le Gouvernement se préoccupa aussitôt d'en rechercher les conséquences utiles, en consultant une commission de l'Académie, qui, dans
un rapport de 1850, mit en évidence les titres des deux inventeurs et ' indiqua les avantages que la fécondation artificielle pourrait procurer.
Des expériences poursuivies au Collège de France , avant et pendant le travail de la commission précitée^ avaient d'ailleurs jeté, au point de vue scientifique, un grand jour sur des questions spéciales de pisciculture et de fécondation.
Vers 1850 deux ingénieurs des ponts et chaussées, MM. Berthot et Detzem, firent faire un pas décisif à la question, et de concert avec le savant qui a présidé à tous les progrès de Tart nouveau, ils posèrent ensemble, par de nombreux essais, les bases du système qui devait introduire dans le domaine de la pratique les moyens de la fécondation artificielle des œufs, ainsi que de leur transport en bon état à de grandes distances, pour obtenir Téclosion aux endroits choisis.
C'est alors qu'avec la lucidité, l'élégance, l'élévation de pensée et l'accent de conviction qu'il sait répandre dans ses écrits, M. Coste démontra que le repeuplement des eaux de la France et l'acclimatation d'espèces étrangères étaient une œuvre d'économie publique, et proposa, pour résoudre ce problème, la création de l'établissement de pisciculture de Huningue. Cette proposition, vivement appuyée dans un rapport de M. le directeur général de l'agriculture et du commerce, fui sanctionnée par une décision ministérielle du 5 août 1852.
Les fonctions et l'influence de l'établissement de Huningue tantôt méconnues, tantôt exagérées, ont ouvert le champ à des études, à des luttes pacifiques desquelles doit jaillir finalement la lumière.
Si les apôtres de la pisciculture artificielle ont apporté beaucoup d'empressement à en proclamer les résultats anticipés, l'administration, qui, dès le début, a entendu fournir uniquement les moyens de développer des essais sur une vaste échelle, a marché de son côté avec le calme et la prudence obligés en pareille matière. Deux fois le conseil des ponts et chaussées, saisi de l'examen des projets, a apporté dans ses avis la sagesse et la maturité habituelles de son jugement.
Sous une impulsion nécessairement lente et méthodique, peut-être n'a-t-on pas réalisé tout ce que l'on aurait obtenu avec des allures plus hasardées, peut-être aussi quelque succès éclatant semble manquer encore; toutefois l'on a abouti à une multitude de résultats partiels dont le faisceau tend à prouver que la voie suivie est parfaitement sûre.
L'administration supérieure, qui a 'été renseignée périodiquement sur les faits accomplis, a reconnu que les opérations embrassaient une période suffisamment étendue pour que leur résumé général offrît un certain intérêt.
Tel est le but de la notice actuelle.
Il ne s'agit ni d'expliquer en détail les moyens employés dans la pisciculture et déjà répandus par de nombreuses publications, ni de discuter leur mérite relatif, mais simplement d'indiquer, dans un exposé historique, les phases successives de l'établissement de Huningue, la marche de ses opérations, son action directe sur les peuplements qu'il était appelé à développer, son influence indirecte dans la question d'alimentation qui a été posée il y a dix ans.
Le sujet assez aride a été concentré dans un cadre aussi restreint que possible. II est divisé en deux parties, la première de texte, la deuxième de documents statistiques. L'une et l'autre sont combinées de manière à permettre de fixer promptement les idées.
Origiie et kiit de rétaklimeieit le pisciculture de Hoiiigiie.
Origine A la suite des comptes rendus adressés à TAdministration supérieure
de rétablissement. , .^^. *r*^rk »r»» i • f • »^ i t\
en mai 1851 et mars 1852, par MM. les mgénieurs Berlhot et Detzem, sur leurs expériences de pisciculture artificielle, Son Exe. M. le Ministre de rintérieur, de l'agriculture et du commerce chargea, le 30 juin 1852, M. Coste, membre de l'Institut et professeur au Collège de France, de visiter rétablissement où les opérations avaient été faites, et de lui proposer les meilleures mesures à prendre pour que cet établissement pût suffire au repeuplement de toutes les eaux de la France.
Le 12 juillet 1852, M. Coste fit connaître le résultat de sa mission dans un rapport inséré au Moniteur du 5 août suivant.
Après avoir exposé l'origine de la fécondation artificielle, et mis en évidence les faits qui permettaient désormais de transporter dans le domaine de la pratique une découverte renfermée depuis longtemps dans les laboratoires de la science, il insista po^jr que la France prît l'initiative d'une des grandes applications destinées à augmenter la richesse publique. Il s'agissait pour cela de construire une espèce d'usine où Ton pût réunir des œufs fécondés d'espèces précieuses en assez grande abondance, opérer sur de vastes appareils, et distribuer cette semence soit sous forme d'oeufs fécondés à un certain degré de maturité, soit sous forme d'alevin.
L'établissement à fonder fut esquissé à larges traits, aussi bien pour Programme primitif
de la construction
et de
Teiploitation.
la construction que pour le mode d'exploitation.
Le programme de la construction embrassait les ouvrages que voici : Encaisser la source qui avait servi aux premières opérations des ingénieurs, dans une série plus ou moins nombretise d'étroites rigoles à travers lesquelles F eau se précipitera avec une certaine rapidité. Ces rigoles, destinées à recevoir les œufs et à en favoriser Véclosion, seront coupées de distance en distance, par des barrages qui ménageront des chutes successives propres à accélérer les courants, à itérer l'aération du liquide; chacune de ces rigoles prolongée s'élargira en un bassin spacieux^ indépendant^ et où viendront plus tard se réfugier les jeunes poissons quelle aura fait éclore, en attendant qu'on leur donne une autre destination. L'appareil ainsi conçu sera couvert d'un hangar vitré semblable à une serrCy permettant à la lumière et à t9nr dy pénétrer. On ajoutera à ce hangar une baraque disposée pour abriter le garde et les ingénieurs et où ton organisera un laboratoire qui renfermera tous les instruments d'exploitation, laboratoire où sera ouvert un registre pour consigner les observations de tous les jours.
Quant à l'exploitation , elle se trouvait définie comme il suit : Les ingénieurs placés à la frontière de la Suisse et de V Allemagne se tfiettront en relation avec les principaux pêcheurs de ces pays, auprès desquels ils enverront, à l'époque des pontes, des employés chargés de vider les poissons des espèces les plus estimées, de pratiquer la fécondation artificielle, d'expédier des œufs à l'établissement où ils se développeront. Après leur éclosion dans les rigoles, ces jeunes poissons passeront dans le vivier à la suite et puû dans des bassins naturels plus étendus , qui forment des dépendances du canal du Rhône au Rhin. Lorsqu'ils seront partfenus à l'état d'alevin, on opérera leur transport dans des tonneaux fl'Ottants rendus perméables par des grillages et assemblés dans le canal sous forme de radeat^^ articulés , qui pourront voyager et se fractionner à la rencontre des divers cours d'eau pour y répandre la semence.
Le repeuplemeni devait ainsi s'accomplir à l'aide de moyens très-peu dispendieux, puisque le personnel des ponts et chaussées suffisait aux besoins du service, et que l'organisation s'effectuait en consacrant à la construction initiale une dépense de vingt -deux mille francs et à l'exploitation annuelle un crédit total de huit mille francs*
Décision autorisant Le 5 août 4852, M. le Directeur général de l'agriculture fit agréer
la fondation. . . , «, ^^ ^ V^ «» i m». . i iv / •
les propositions de M. Cosle par Son Exe. M. le Ministre de 1 intérieur, et un crédit de trente mille francs fut affecté en 4853 , sur les fonds d'encouragement, à MM. les ingénieurs du canal du Rhône au Rhin, pour créer A Huningue un grand établissement de fécondation et d'éclosion.
But Le but de cet établissement fut défini dans les termes suivants :
de rétablissement. ,- ^ -i « , # . « ^ i# ,. . . .1 >•
Un vaste appareil a écloston a ou Ion dirigerait ensuite dans nos fleuves et dans nos rivières, les œufs de poissons fécondés ou à l'état d'alevin.
PkiM wmm» ia It MntuctiM. état Mtid de rétiklisMmit.
Les disposition» relatives à la construction de l'établissement de Choix
de I*emplaceineDt.
pisciculture furent concertées entre M. Coste et MM. les ingénieurs Berthot et Detzem, en octobre 1852. Au moment de préciser les détails d'exécution, ils reconnurent que la source du Lœchelbronn et ses abords, où les expériences avaient été faites pendant deux ans, dans la commune de Kembs, ne se prêtaient pas aux divers arrangements extérieurs aussi bien qu'un autre emplacement plus voisin de Huningue, et où il serait aisé d'occuper à moindres frais une superficie plus étendue, sur un terrain appartenant à la commune de Blotzheim, et susceptible d'être affermé. Le rapprochement vers la frontière devait procurer aussi des facilités plus grandes pour les relations et les besoins du service. La source à utiliser dans cette nouvelle position donnait des eaux de même qualité et de même température que la première, mais plus abondantes, et quoiqu'il devînt nécessaire de les dériver pour les amener à l'établissement, l'avantage de position parut incontestable. La construction fut donc résolue sur le sol communal de Blotzheim, à 5 kilomètres environ de l'ancienne forteresse de Huningue, où aboutit une branche du canal du Rhône au Rhin, à 4 kilomètres de la station de Saint-Louis sur la ligne ferrée de Strasbourg à Bâle, et à 8 kilomètres de cette dernière ville. La désignation A' établissement de Huningue a été donnée et conservée parce que dans le voisinage, c'est la seule ville française connue.
Un bail passé avec la commune de Blotzheim, mais qui ne put être Location du soi. régularisé qu'ultérieurement, assura la jouissance d'une superficie de 35 hectares environ, pendant 48 ans, à un prix modéré, et avec les
deux conditions essentielles suivantes, réservées à l'administration: Faculté de résilier au terme de chaque période triennale, et d'acheter le sol à dire d'experts, à une époque quelconque.
Diverses sortes Indépendamment des eaux de source d'une température de 10 degrés centigrades, à peu près constante en toute saison, mais d'un volume beaucoup moins abondant que celui présumé, la place choisie permettait de jouir des eaux du Rhin par une saignée dans le canal, des eaux d'un ruisseau dit Augraben, traversant la propriété, et enfin des eaux marécageuses couvrant quelques bas-fonds, à l'endroit formant jadis le lit du Rhin.
Extension reiaUve- Les installations Combinées sur des proportions plus vastes, mais
"^primitiTeiTsï^ justifiées, tant pour le terrain à occuper et les eaux à utiliser, que pour
sance \q bâtiment à construire en raison de l'étendue nécessaire pour l'appa-
des ressources. ^ ^^
reil à éclosion, ne pouvaient se plier aux exigences du faible crédit sollicité dès le principe. C'est pourquoi, lorsqu'à la fin de 1853, les ressources furent épuisées, y compris une légère augmentation, rétablissement se trouva simplement à l'état d'ébauche.
Néanmoins les opérations des deux hivers, de 1852 à 1853 et de 1853 à 1854, confirmèrent pleinement les expériences antérieures sur les fécondations artificielles et le transport des œufs. Les distributions faites à un certain nombre de personnes, et publiées dans divers écrits périodiques ou spéciaux, contribuèrent à divulguer les nouveaux procédés de pisciculture, à accréditer le rôle que cet art pouvait remplir avec le concours des ingénieurs.
L'établissement Une décisiou du 25 janvier 1854 transféra rétablissement de Hu- ^^^SutionV^ ningue, de la Direction générale de l'agriculture à celle des ponts et de rAdministraUon chaussées, et l'annexa au service du canal du Rhône au Rhin. Les
des ponts et chaus- '
sées en janv. 1854, ingénieurs furent invités, en même temps, à présenter leurs propo-
et réuni au service . . i» . *^ i^
du canal sitious pour 1 excrcice courant.
du Rhône au Rhin.
Bases du projet Un projet régulier pour l'achèvement de l'établissement fut produit en mai 1854. Étudié en détail et avec soin, il fit connaître l'étendue des besoins, tels qu'ils ressortaient du but primitivement défini et des
moyens propres à le réaliser. Le projet embrassait les travaux principaux que voici : Un vaste hangar de 48 mètres de longueur sur H de largeur, sillonné de rigoles avec vannages, formant appareil à éclosion alimenté par les eaux de source ; au centre, un laboratoire surmonté du logement d'un employé; aux extrémités, les logements des deux gardes. Au sortir du hangar, les rigoles, prolongées en fer à cheval et distinctes les unes des autres, devaient recevoir les jeunes poisson? éclos. Les eaux de source étaient amenées au bâtiment par une rigole découverte de 900 mètres de longueur, pouvant aussi alimenter les bassins extérieurs. Une autre dérivation prenait les eaux du Rhin, dans le canal du Rhône au Rhin, pour les distribuer dans plusieurs viviers où les quatre sortes d'eau disponibles, soit séparées, soit mélangées, permettaient d'élever les poissons des diverses espèces, et de conserver des adultes comme reproducteurs. L'estimation montant à 154,000 francs, y compris les travaux déjà entrepris avec les fonds de l'agriculture, faisait ressortir une dépense restant à faire de i 27,000 francs. Toutefois, la partie la plus urgente, la mise sous toit du bâtiment entamé et sa fermeture pour abriter les ouvriers et placer les œufs hors de la portée des animaux destructeurs, était évaluée à 25,000 francs, et en y ajoutant 7,000 francs pour clôture d'une partie du terrain autour du bâtiment, M. l'ingénieur ordinaire bornait sa demande sur l'exercice 1854, à 32,000 francs.
Dans son avis, M. l'ingénieur en chef s'attacha à exposer que le but à atteindre ne consistait pas à produire et à distribuer des œufs seulement, mais aussi et principalement des alevins, qu'il fallait s'attacher à muJtipiier les bonnes espèces indigènes, plutôt que de travailler à l'acclimatation des espèces étrangères; que, pour la distribution de l'alevin, il fallait créer des viviers et des réservoirs convenablement choisis selon les espèces, les besoins et le climat.
Le Conseil général des ponts et chaussées, saisi de l'examen du Avis
projet, reconnut qu'il n'était pas nécessaire de se prononcer immédia- " ^^^J^ tement sur tous les détails, et de fixer l'étendue à donner à l'établisse- P^^f^^^^;^^
ment de Hunineue , mais au il y avait lieu de mettre cet établissement adoptée
en état de satisfaire aux besoins actuels du service, en autorisant supérieure. l'achèvement du bâtiment et la clôture d'une partie des terrains.
Les deux questions de l'alevinage et de l'élevage se trouvaient ainsi provisoirement écartées, et l'on bornait les fonctions de l'établissement à la récolte et à la distribution des œufs fécondés après le temps d'incubation.
Son Exe. M. le Ministre, adoptant cet avis, accorda les 32,000 francs proposés sur l'exercice 1854, en spécifiant que la production et la distrUnUion de V alevin feraient t objet d'une décision spéciale.
Insuffisance Cette rcssourcc, mise immédiatement à profit, se trouva, toutefois,
outVt'tïïTes'S^ pour l'achèvement du bâtiment, et à la fin de 1854, le
des travaux publics, hgngar proprement dit se trouvait à peu près terminé, tandis que le pavillon central restait incomplet et inhabitable.
Un régisseur et deux gardes provisoires furent attachés à l'établissement sous la direction des ingénieurs, et l«s opérations de 1854-1855 s'accomplirent dans des conditions satisfaisantes.
En 1855, aucune allocation ne iut accordée pour continuer le bâtiment.
Premier règlement Dans Cette même année, un règlement élaboré par M. l'Inspecteur
^de la pisciculture général dcs pouts et chaussées, Schwilgué, reçut la sanction ministé-
dfi'é^bîî^ement "®'*^- ^^ règlement;, du 29 septembre 1855, résunàait, coordonnait les
de Huningue, décisious antérieures, et traçait la marche à suivre à l'avenir, en s'in-
septembre 1855. . , . , ^ . . ,.,,,, , . , „ , t ,-
spirant des idées qui avaient présidé à la création de 1 étabhssement. Trois points capitaux y étaient envisagés : 1° Le service du repeuplement des canaux et rivières canalisées, les seules voies d'eau dont la pêche fût alors dans les attributions des ponts et chaussées; 2^ les expériences d'alevinage sur les deux canaux du Rhône au Rhin et de la Marne au Rhin, par les procédés comparatifs du transport des alevins obtenus à Huningue, et des œufs ensemencés sur les lieux ; 3^ la gestion de l'étabhssement de Huningue et la coopération des ingénieurs du service hydraulique, pour suivre et diriger, le cas échéant, les expériences entreprises au moyen de la distribution des œufs fécondés aux particuliers. Enfin, les attributions de M. Coste se trouvaient déterminées. L'administration recourait à son concours pour le développement de la pisciculture au point de vue scientifique, en lui demandant un ou plusieurs projets annuels pour les voyages d explo-
ration relatifs aux récoltes d'œufs, en le consultant sur les distributions à faire, en l'invitant à faire parvenir des. rapports sur les résultats obtenus au Collège de France, et toutes les propositions qu'il croirait utiles à l'intérêt du service.
Le^ sujet était vaste, mais les délais d'application des principes ^e r^ournement posés dans le règlement se trouvaient subordonnés, d'une part à des partiel de la mise
1 j 1 1 . • 1 1 i» 1 . 11. ®" pratique du
études, à des propositions des chefs de service sur les divers canaux et premier règlement. rivières canalisées, d'autre part à l'achèvement des travaux de l'établissement de Huningue.
En janvier 1856, cet établissement fut détaché du canal du Rhône L*étabiissement au Rhin, et mis sous la direction de l'ingénieur en chef des travaux annexé au service du Rhin qui, à son entrée en fonction, trouva la campagne d'hiver ^^^^^n\\^isâ^^°* 1855-1856 terminée pour les approvisionnements. M. l'ingénieur ordinaire du canal demeura cependant au service de la pisciculture jusqu'en janvier 1856, et eut alors pour successeur M. l'ingénieur ordinaire des travaux du Rhin, dans le département du Haut-Rhin.
Une instruction ministérielle du 22 février 1856 compléta le règle- Règlement complément du 29 septeflabre 1855, au sujet de la tenue des registres de '"^"^''isse. l'établissement, et des observations indispensables, tant pour constater les résultats de l'exploitation dans ses opérations successives, que pour éclairer l'administration par des relevés périodiques et la mettre en mesure de statuer sur les décisions générales concernant chaque campagne, aussi bien que sur les autorisations à délivrer pour l'emploi des œufs et des alevins disponibles.
L'établissement de Huningue n'était pas encore susceptible de fonc- j^î?]j^2^^^®nj tionner convenablement, ni de répondre à l'organisation formulée dans au commencement les règlements de septembre 1855 et de février 1856. Plusieurs inconvé- tion jusqu^enVsss' nients provenant de travaux insuffisants à l'extérieur s'étaient fait sentir ^®^ ^eT?854.^^^'^^ durant le dernier hiver, les sources n'ayant donné qu'un trop faible débit pour entretenir un courant dans toutes leâ rigoles et dans les petits bassins qui contenaient des spécimens de poissons, avaient besoin d'être ravivées ; une dérivation des eaux du Rhin était néces-
saire pour suppléer aux eaux de source ; les rigoles devaient être mises à l'abri de la submersion ; il était surtout indispensable d'achever le bâtiment, de clore le laboratoire et le bureau, afin de pouvoir y travailler, de rendre le logement habitable, à cause de l'éloignement des villages environnants et de la surveillance permanente obligatoire. C'est en cela que consistèrent les premières propositions de 1856. On s'attacha à suivre le projet de 1854 dans celles de ses dispositions qu'il importait d'appliquer pour assurer le service, et les fonds ayant été accordés à cet effet, sur les exercices 1856 à 1858, les opérations furent développées sur une plus grande échelle et traitées avec plus de régularité, pendant les campagnes de 1856 à 1857 et de 1857 à 1858. Jusque-là, les dépenses totales de construction montaient à 139,000 francs.
Nêrossitédediverses Toutcfois, Ics étudcs faites et l'expérience acquise dans ces deux
d'ersemWe'et de dernières campagnes, ayant démontré d'une façon péremptoire la
*d?sTâ«mems"* ^^^^^ssité de corriger certaines imperfections, d'accroître même l'éta-
propositions blisscmcnt cu raisou du développement de sa clientèle, un rapport
à ce sujet en 1858. , , , . .^ .^ i> j , . • m^Iû y
accompagné de documents justificatifs fut adressé, en janvier 1858, à l'Administration pour indiquer les améliorations proposées et leur évaluation approximative. Voici ce dont il s'agissait»:
Premièrement: Le débit des sources était descendu, en 1856, à 6 litres, et en 1857 à 2 Htres par seconde; le courant n'avait plus assez d'activité dans les rigoles du bâtiment. Réduites à ce faible volume, les eaux perdaient, en outre, leur bonne température de 10 degrés dans un trajet de 900 mètres, à faible pente et à ciel ouvert, elles arrivaient à l'établissement presque à zéro. Au reste, soit dit en passant, la source de Lœchelbronn, que l'on avait cru pouvoir utiliser dans l'origine pour y fonder l'établissement, se trouvait alors complètement tarie. Il fallait reprendre les travaux d'aménagement aux points d'émergence, et faire une Conduite couverte en maçonnerie dans tout l'intervalle des sources aux bâtiments.
Deuxièmement : Les locaux affectés aux incubations étaient devenus insuffisants , au point que l'on avait été obligé de placer des œufs dans des rigoles extérieures, sous des abris improvisés en planches. Les moyens primitifs d'incubation dans des rigoles en contre-bas du niveau
du sol, rendaient les manipulations difficiles et ne permettaient point des triages assez soignés, ni des inscriptions assez exactes. A ces procédés, qui avaient leur raison d'être au début, il importait de substituer ceux, plus parfaits, du laboratoire du Collège de France, car plus les quantités d'œufs sur lesquelles on opérait étaient considérables, et plus les détails des opérations exigeaient une surveillance assidue. Ainsi donc on demandait Vexlension des bâtiments pour agrandir les appareils d'incubation dans la prévision d'une récolte double, et le remplacement du premier système des rigoles de bois à fond de gravier, par d'autres rigoles maçonnées, se prêtant à l'emploi simultané et superposé des claies de verre, les unes dans le courant naturel des rigoles, les autres dans des auges de poterie à cascades artificielles.
Troisièmement : Les incubations dans des appareils à hauteur d'appui exigeaient, pendant les années précédentes, le montage de l'eau de source par des pompes mues à bras d'hommes, mais on pouvait réaliser des économies sensibles sur ces frais, en faisant marcher les pompes par des moteurs hydrauliques, et en utilisant, pour cela, les eaux du Rhin, qui arrivaient au bâtiment en assez grande abondance et à une hauteur d'environ 1 mètre au - dessus du niveau des eaux de source. On proposait la construction de deux petites turbines susceptibles d'être couplées ou de fonctionner isolément, ainsi que de nouvelles pompes et de réservoirs métalliques d'une capacité en harmonie avec les appareils à desservir.
QtiatrièmemerU : Les hangars primitifs en bois n'abritaient pas assez, contre les rigueurs de l'hiver, les appareils d'incubation dans lesquels, par les grands froids , les eaux se congelaient. L'on devait donc tout à la fois éviter cet inconvénient dans les nouveaux bâtiments au moyen de maçonneries assez épaisses, et fermer plus hermétiquement les premiers ateliers, en doublant les vitrages et en adossant des cloisons contre les revêtements de planches.
Cinquièmement : L'extension des opérations et la tenue très-compliquée des écritures comportaient un personnel plus stable que celui employé dans l'origine, et que l'on avait requis temporairement dans les cadres des autres services, soit du canal, soit du Rhin, soit du service hydraulique. Le régisseur ne pouvait plus se passer d'un adjoint, et Texplorateur devait donner son concours permanent, tantôt à l'exté-
rieur, sur les lieux d'approvisionnement, et tantôt à l'intérieur de l'établissement. Ces trois agents devaient être logés dans le pavillon principal, tandis que l'on construirait des maisons distinctes pour les gardes.
Sixièmement : Pour se livrer avec succès aux expériences d'acclimatation, pour continuer en même temps les essais d'élevage dans de petits espaces, avec diverses sortes d'eaux, il y avait à compléter quelques bassins hors des bâtiments, à clore toute la superficie des terrains affectés à l'établissement, et à installer à l'intérieur de jiouveaux bassins maçonnés.
Septièmement: Enfin, malgré toutes ces améliorations, l'alimentation de rétablissement par les eaux du Rhin, et le mouvement des mécanismes distributeurs des eaux de source, se trouvant subordonnés au niveau très-variable du premier bief du canal et aux besoins de la navigation, l'on demeurait exposé à des chômages au plus fort des opérations d'hiver, sans le secours d'une dérivation spéciale qui, en utilisant la chute entre les deux premiers biefs du canal et le volume d'eau considérable descendant du bief supérieur au bief inférieur, pouvait procurer d'une manière continue et à peu de frais un moteur extrêmement puissant, et conduire les eaux du Rhin, préalablement filtrées, dans les bâtiments aussi bien que dans les bassins et rigoles du dehors, pour l'y répandre sous forme de jets et de cascades, et faire marcher des machines aérant les eaux de source. Par ces nouveaux ouvrages l'on aurait d'ailleurs complété le programme primitivement tracé. La dépense totale était évaluée par aperçu à 190,000 francs.
Délibération et avis Daus sa délibération de février 1858, le Conseil des ponts et chaus- ^"^*'"Xt^^"^"^ sées reconnut la nécessité d'étendre et d'améliorer rétablissement de '^^"restîef na^^^^ Huuingue, dans tous les points qui touchaient à ses fonctions d'approviles propositions, sionnemcnt et de distribution des œufs fécondés, pour coopérer dans de plus larges proportions au peuplement des cours d'eau et à l'encouragement de la pisciculture y mais il pensa que la question de l'élevage devait encore être ajournée, sauf les essais par le régime de la stabulation dans de petits bassins intérieurs, comparativement avec ceux à l'air libre.
L'Administration approuva entièrement les vues du C!ons€il et ordonna, AdopUon de ravis le 10 mai's 1858, la préparation de projets détaillés qui subirent, selon par r Adminisiraùon, l'usage, un nouvel examen. Les travaux autorisés en 1858 et 1859 nomeam^^^^ embrassaient les perfectionnements énumérés , excepté l'achèvement des réguUers grands bassins extérieurs et la nouille dérivation des eaux du Rhin, ouverture de crédits
,. , ,, , j. ., />, , ,, n. en 1858 et 1859.
avec machme pour les élever et les distribuer filtrées, tout à la fois au dehors et au dedans des bâtiments. Cette partie des propositions avait été considérée comme se rattachant à l'élevage des poissons, plus spécialement qu'à la manipulation des œufs.
Les crédits accordés sur ces deux exercices ont permis, cependant, de donner à l'établissement de Huningue une installation à peu près en harmonie avec les opérations délicates qui s'y accomplissent, ainsi qu'avec les nouveaux besoins révélés par la propagation de la pisciculture et du repeuplement des eaux privées comme des eaux publiques.
Des vues photographiques prises à la fin de 1861 font apprécier l'importance de cette grande usine, et voir dun simple coup d'œil, l'étendue des ouvrages discutés pied à pied, justifiés et entrepris de proche en proche, tant à cause des sujétions locales, que des besoins toujours plus impérieux, résultant de l'expansion du service. C'est ce qui ressortira surtout des renseignements relatifs à l'exploitation.
Aujourd'hui l'établissement se trouve constitué comme il suit :
Un enclos communal qui, après divers redressements du périmètre, Étendue du terrain. occupe 39 hectares 56 ares, loués 2410 francs 49 centimes par an pendant 18 ans à dater d'octobre 1852, avec la double faculté, déjà mentionnée , d'acquisition par voie d'expertise à une époque quelconque, et de résiliation du bail à l'issue de chaque période triennale.
de
Description rétablissement
dans rétat actuel.
Sur ce terrain existent des sources qui, depuis les derniers travaux d'aménagement, ont un débit moyen de 20 litres par seconde, à une température constante de 10 degrés centigrades. Ces sources, grevées d'une servitude pour les usages domestiques d'une partie de la commune, sont disposées de manière que cette servitude puisse s'exercer sans- nuire à l'emploi des eaux dans la pisciculture. Une conduite souterraine en maçonnerie dirige les eaux les plus hautes vers les bâti-
Sources
ments, sans changement sensible de température, l'hiver comme Tété, tandis que celles qui surgissent à un niveau trop bas, sont employées dans de petits bassins et rigoles pour les essais d'élevage à l'extérieur.
Eaux du Rhin Une dérivatiou, munie en tête d'un double vannage, dans le premier bief de la branche de Huningue du canal du Rhône au Rhin, prend les eaux du fleuve et les amène aux bâtiments à un niveau de 1 mètre environ supérieur à celui des sources, ce qui permet de les utiliser soit directement dans des appareils ou des bassins, soit comme force motrice. Le volume ainsi puisé dans le Rhin, peut varier de 50 à 800 litres par seconde, et rentre dans le canal au sortir de Tenclos de la pisciculture. Ces eaux offrent l'inconvénient d'être très-fréquemment troubles et de se congeler aisément dans les rigoles découvertes. En intendant qu'une conduite souterraine et des moyens de filtrage soient autorisés, on les fait passer à travers des bassins pour qu'elles y déposent une partie des matières en suspension. Elles sont en outre déversées dans quelques rigoles et locaux affectés aux essais d'élevage extérieur.
Kmix du lui^.eau Lcs caux du ruisscau de l'Augraben, qui traverse diagonalement tous de I Aufc'raben |^^g terrains, et dont on avait cru pouvoir tirer un parti avantageux dans lorigine, ne sont que d un très-médiocre secours. Presque sec en été, torrentiel et trouble à la suite des pluies, ce ruisseau n'a pu servir, jusqu'à présent, qu'à alimenter quelques bassins de faible capacité, poiir l'alevinage extérieur.
F.iux marécageuses. Les pàrtics basscs du sol qui formait autrefois l'un des bras du Rhin, sont occupées par des eaux stagnantes, à niveau variable, que l'on a dû chercher à évacuer le plus possible, par mesure de salubrité, au moyen de curages. Elles servent provisoirement de retraite aux grenouilles employées pour nourrir les alevins.
B;itimeni<: Lcs bâtiments comprennent, savoir: Un grand édifice principal,
commencé en 1853, terminé en 1856, puis restauré en 1859; sa longueur est de 48 mètres et sa largeur est de 11 mètres; deux hangars, construits en 1858 et 1859, symétriquement posés d'équerre sur le
précédent, à ses extrémités, ayant chacun 60 mètres de longueur et 9 mètres de largeur ; en avant de ces hangars, deux maisons de garde, élevées en 1859 à l'entrée priicipale et formant le quatrième côté du carré au centre duquel est une cour avec quelques plantations et deux petits bassins; derrière le bâtiment principal un hangar ajouté en 1858 et servant de magasin.
Au milieu du bâtiment principal se trouve un pavillon, contenant au Édifice pnndpai. rez-de-chaussée: par devant, le laboratoire destiné aux opérations qui réclament des soins particuliers ou qui sont entreprises pour des expériences ; derrière, d'un coté le bureau des employés avec les archives et les collections, de l'autre, une salle d'outils et de matériel, l'escalier entre ces deux pièces avec issue vers la cour postérieure. Au premier étage est situé le logement du régisseur. De part et d'autre du pavillon central, le bâtimeni, sous forme de hangar laidement éclairé, est surmonté, aux deux extrémités, d'un petit étage où logent le régisseur adjoint et l'explorateur. Dans le hangar, dont les ailes communiquent entre elles, au-dessous du pavillon du milieu, senties appareils d'incubation. Les eaux de source entrent par un bout, parcourent trois rigoles maçonnées, en contre-bas du sol, et surmontées d'autres rigoles à hauteur d'appui. Les eaux du Rhin suivent l'une des faces longitudinales, à leur niveau naturel dans une rigole maçonnée, tandis que la face opposée est bordée d'auges en maçonnerie avec cascades. Dea réservoirs contenant à une certaine hauteur les eaux de source permettent de les distribuer dans les rigoles supérieures. Tous les appareils d'incubation de ce bâtiment ont conservé le type primitif de rigoles à courant continu, mais dans lesquelles les oeufs sont déposés sur des claies de baguettes de verre.
Le bâtiment à droite, en retour sur l'édifice principal, est un grand Bâtiment de droite. appareil d'incubation. Les eaux de source y coulent dans trois rigoles maçonnées, en contre-bas du sol, et susceptibles de recevoir des claies. Ces rigoles sont surmontées, dans tout leur développement, d'appareils à cascades avec auges en poterie et claies semblables à ceux du Collège de France. Des réservoirs supérieurs contiennent les eaux de source distribuées par (les tuyaux et des robinets dans toutes les auges.
A l'extrémité amont de ce bâtiment, sont posées deux petites tur-
bines, mises en mouvement par les eaux du Rhin, et faisant marcher deux pompes qui montent les eaux de source dans les réservoirs.
Les eaux du Rhin, conduites à leur niveau naturel dans une rigole maçonnée, longent Tune des faces intérieures du bâtiment de droite pour se rendre dans l'édifice principal et dans le bâtiment de gauche. Elles peuvent, à volonté, être dirigées sur les appareils d'éclosion, au cas où les eaux de source viendraient à manquer.
Bâtiment de gauche. Le bâtiment Symétrique du précédent sur la gauche a été construit pour recevoir simultanément des appareils d'incubation et des bassins maçonnés, pour les essais d'élevage par la stabulation dans de petits espaces, ainsi que pour les essais d'acclimatation des espèces étrangères exigeant des soins tout particuliers. On a placé à l'extrémité amont deux turbines avec pompes, servant tout à la fois à remplacer momentanément les turbines de droite, en cas de dérangement du mécanisme pendant la période des incubations, et à fournir une alimentation spéciale pour les bassins d'élevage.
Maisons des «ardes. Les dcux maisous dc garde placées des deux côtés de l'entrée principale, ayant des dimensions analogues à celles des éclusiers des catiaux, contiennent les logements de ces deux agents préposés à la surveillance de détail dans l'établissement, aidant aux récoltes et aux distributions au dehors.
Magasin. Le petit bâtiment économique, en arrière du bâtiment principal ,
renferme les approvisionnements relatifs au chauffage des ateliers et du bureau, et les ustensiles et matériaux de réparation et d'entretien.
Bassins extérieurs. Divcrs petits bassius alimentés par les eaux de source et dans lesquels on peut au besoin amener les eaux du Rhin et du ruisseau de l'Augraben, sont organisés à l'extérieur des bâtiments pour les essais d'élevage. D'autres bassins plus spacieux, où l'on avait proposé d'entretenir des poissons adultes, ne sont ni étanchés, ni susceptibles d'être utilisés convenablement. Leur achèvement et leur alimentation forment l'une des dépenses ajournées.
Espace disponible. Les terrains disponibles et généralement de mauvaise qualité permettront un jour de développer les opérations de toute espèce si Ton en reconnaît la nécessité. Provisoirement il conviendrait de les planter,
mais les frais ne sauraient être pris à la charge de FÉtat, tant que la question d'achat facultatif ne sera pas résolue dans le sens d'une installation durable.
Les dépenses de construction, depuis l'origine jusqu'à présent, se Dépense totale
... a t r jg construction.
résument amsi :
Exercice 4853, première allocation sur les fonds d'encouragement de l'agriculture 22,000 fr. accompagnés d'un supplément de 5000 fr., ensemble .... 27,000^ ^"^
Exercices 1854 à 1858, crédits pour l'exécution successive de diverses parties du projet présenté en 1854. 112,286 01
Exercices 1858 à 1859, amélioration et extension de l'établissement selon les projets approuvés dans ces deux années 122,700 y>
Exercice 1862, moteurs supplémentaires . . , . 3,200 »
Total ..... 265,186^01 <^
En terminant ici l'exposé relatif à la construction, il paraît essentiel causes générales d'insister sur cette considération, que les ouvrages exécutés dans le but ^^d^ia^^épe^^^^^ de créer un vaste établissement unique pour la France ont été subordonnés à des circonstances et sujétions locales particulières. La position est excellente pour les approvisionnements à l'étranger, mais on y a rencontré des diflScultés quant à l'aménagement et à la distribution des eaux, puis après quelques années, il a fallu étendre les bâtiments. Les plans conservent donc, dans leur ensemble, l'empreinte d'une conception prompte et des transformations inséparables d'une œuvre dans idqueJJe iJ y avait nécessairement beaucoup d'inconnu. Les bâtiments construits en 1858 et 1859, après une expérience de cinq années, se trouvent dans des conditions beaucoup plus satisfaisantes que l'édifice et les appareils primitifs, et lorsque le moment d'un second agrandissement arrivera, de nouveaux perfectionnements pourront encore être introduits. C'est la loi naturelle de toutes les industries qui se sont développées rapidement ; et pour ne citer qu'un exemple dans la même administration, ne sait-on pas combien d'imprévu pour la superficie, la distribution des locaux et la dépense, ont présenté les premières gares des chemins de fer.
Iode d'eipteitatioi de rétaUisseneit. Espèces de yeisseis eitmt dais ses opéntieis.
Le but assigné dès l'origine à l'établissement de pisciculture de Huningue était de servir d'appareil d'éclosion , d'où l'on dirigerait ensuite dans les fleuves et rivières les œufs de poissons fécondés ou à l'état d'alevin.
Espèces sur lesquelles on se proposait
d*opérer dans Torigine.
Les espèces sur lesquelles on se proposait d'opérer ne se trouvaient d'ailleurs indiquées qu'en termes généraux; c'étaient les plus estimées, celles d'une croissance rapide, plus spécialement dans la famille des salmonidés et qu'il importait de propager , soit par voie de repeuplement, soit par voie d'acclimatation dans les eaux favorables à leur développement.
Les p;*emiers essais de fécondation artificielle avaient été appliqués à la truite de rivière et au saumon franc , de là on était passé aux truites de grandes dimensions habitant les lacs, aux ombres chevaliers et communs, à la fera, et l'on avait désigné comme susceptibles d'être traités par la même méthode le saumon heuch, l'alose, l'esturgeon ordinaire, le sterlet, le silure, sauf à étendre la liste au fur et à mesure des progrès réalisés.
Ces projets demeuraient néanmoins subordonnés aux ressources annuelles , ainsi qu'aux résultats progressivement obtenus. Les opérations sur les espèces frayant en hiver avaient réussi tout d'abord, tandis que de grandes difficultés entouraient la fécondation et le transport des œufs au printemps et en été. Entre l'expérience scientifique poursuivie dans le silence du laboratoire , entre le succès dû au concours fortuit de circonstances heureuses , indépendantes de la volonté humaine , et la mise en pratique, dans de grandes proportions, de procédés très-dé-
licats, exigeant une multitude de soins et de préparatifs, il y avait en effet une distinction assea tranchée , un intervalle peu aisé à franchir du premier bond.
Aussi la division consacrée dès le principe en deux périodes, Tune Espèces embrassant l'automne et l'hiver, l'autre le printemps et Tété, selon les on opère TtueUeespèces, a-t-elle été maintenue et même mieux caractérisée depuis par deSx c^lpag^^^^ la double désignation de campagne normale et campagne d'essais. La première comprend définitivement la truite commune et saumonée , la grande truite des lacs , le saumon franc ou du Rhin , l'ombre chevalier; la seconde comprend , à titre provisoire , l'ombre commun et le saumon heuch ou du Danube. A chacune de ces campagnes se rattachent des récoltes dites exceptionnelles, parce qu'elles n'exigent pas les mêmes manipulations; c'est pour la campagne d'hiver la récolte et la distribution des œufs de fera , et pour la campagne du printemps la distribution d'alevins et l'introduction de certains poissons vivants , dont il n'a pas encore été possible d'opérer la fécondation artificielle , mais qu'il importe d'étudier dans des bassins.
Après une expérience de dix années , les moyens d'action constam- Mode actuel ment perfectionnés et développés, pour satisfaire à des besoins sans ^^^^^ cesse croissants, ont atteint un degré de précision qui ne paraît pas susceptible de varier désormais beaucoup , du moins quant i la campagne normale. C'est au zèle et aux intelligentes recherches de M. l'ingénieur ordinaire du service du Rhin dans le département du Haut-Rhin^ que l'on est redevable d'une partie des résultats acquis, comme de la bonne distribution des nouveaux ateliers. La description de la marche suivie n'offrirait pas , sans doute , un intérêt bien vif, en énumérant les transitions par lesquelles le service a passé en fait d'exploitation; mieux vaut exposer simplement l'état actuel des choses.
Avant l'ouverture de chaque campagne et selon le règlement du Mesures générales 29 septembre 1855, M. Coste adresse à l'Administration supérieure des campagSê^propositions sur les opérations à entreprendre pour l'approvisionne- ^ ^^^^^l ^""^Idment et la distribution des œufs fécondés et pour la continuation des paiion de m. ringé-
la marche.
nieur en chef, repeuplements. Il recommande les études à poursuivre plus particuliè-
Décision ministé- '^ '^ ^^ ; ^ ,, , . • j
rieiie réglant rement. M. 1 mgénieur en chef est appelé a exprimer son avis dans un rapport où il indique ce qui peut être fait avec le personnel et le matériel disponibles , il demande les moyens d'exécution basés sur les projets de budget et sur les opérations comparatives des campagnes précédentes analogues , dont il retrace les résultats. Une décision ministérielle intervient et statue sur Tordre de marche à adopter, sur les mesures à régulariser.
Intervention
de M. ringénieur
ordinaire.
Des instructions sont transmises à M. l'ingénieur ordinaire , qui prépare l'itinéraire de l'explorateur sur les lieux d'approvisionnement, les marchés des fournisseurs, dans les conditions jugées nécessaires pour assurer l'abondance et la bonne qualité des produits, les ordres de service aux pisciculteurs chargés de coopérer aux fécondations, les moyens de transport les plus rapides , les conférences avec la douane pour l'aplanissement des formalités sur la zone frontière , enfin les dispositions à l'intérieur de l'établissement.
Lieux
de provenance
des œufs.
L'achat des œufs se fait à l'étranger, en Suisse et en Allemagne. C'est là que l'on trouve les espèces voulues, ainsi que des pêcheries suffisamment productives et assez bien organisées pour que les fécondations jouissent s'y faire avantageusement. On a cherché toutefois, pour la truite de rivière, à s'approvisionner concurremment dans le département français des Vosges, mais on n'y a réussi que dans de très-faibles proportions.
Il est superflu de rappeler que l'établissement de Huningue, n^ayant pas été mis en position de se Hvrer à l'élevage en grand, fournit seulement les œufs fécondés des sujets conservés pour des essais.
Travail de Teiplorateur.
L'explorateur , après une tournée générale préliminaire , où il visite les fournisseurs et leurs installations, qu'il fait améliorer au besoin, annonce les contrats conclus, les combinaisons arrangées pour se procurer les poissons vivants , extraire et féconder les œufs en temps opportun , en centralisant la récolte sur les points principaux , faciles à surveiller et se prêtant à de promptes expéditions.
pour les fécondations
L'un des gardes cl plusieurs pisciculteurs, formant autant de chefs Chefs de station de station, sont envoyés sur les points convenus pour diriger les fécondations et en tenir attachement. Ils sont porteurs d'instructions particulières de l'ingénieur ordinaire, ainsi que d'un carnet imprimé, précédé des instructions générales approuvées. Ce carnet, divisé en feuillets et composé par analogie avec celui tenu sur tous les ateliers des ponts et chaussées, énumère, pour chaque fécondation, les circonstances remarquables, reçoit l'inscription des lieux de provenance, des quantités d'œufs obtenues , de l'état des poissons adultes ayant donné les œufs et Ja laitance , des jours et heures de production , d'emballage et de départ pour l'établissement. Ces chefs de station envoient des feuilles hebdomadaires , résumant les opérations et les frais.
Les lieux de production sont fréquemment visités par l'explorateur durant la période des fécondations, et M. l'ingénieur ordinaire est autorisé à faire des voyages pour les vérifications jugées nécessaires.
vérification des opérations
sur les lieui de production.
A son arrivée à l'établissement, chaque boîte est contrôlée pour la Réception des œufs
à l'établissement
quantité et la qualité. Le comptage est fait au moyen de petites mesures écritures de capacité, étalonnées selon les espèces et les grosseurs des œufs. Les ^* «manipulations. œufs détériorés sont comptés à part. Un registre d'arrivée reçoit les inscriptions dans deux parties distinctes , la première par ordre chronologique , la seconde divisée en autant de comptes ouverts qu'il y a de fécondations et d'arrivages séparés. Les œufs sont aussitôt répandus dans les appareils pour toutes les espèces des deux campagnes , sauf les œufs de fera, réexpédiés immédiatement pour être ensemencés sans incubation. Les comptes ouverts relatent les appareils par leur numéro d'ordre et sont tenus constamment à jour pour y noter quotidiennement les tirages des œufs morts , les progrès de l'incubation , l'époque de rembryonnement, et saisir le moment opportun pour l'emballage et Texpédition.
Si Ton songe qu'au plus fort des opérations il y a des millions d'œufs Travail du régisseur présents de plusieurs espèces, répandus sur des milliers de claies, ré- de son^oim. clamant une surveillance incessante, des écritures très-minutieuses; si Ton réfléchit aux soins à donner à la distribution des eaux , aux pré-
cautions à prendre contre la trop vive lumière et les variations de température, aux emballages et expéditions tr^s- différents d'un jour à l'autre, en espèces, quantités et directions, l'on se formera une idée du travail assidu imposé au régisseur, à son adjoint et à un petit nombre d'ouvriers auxiliaires.
Formation des listes Quand Ics Œufs Commencent à arriver et qu'on peut se rendre ap-
de distribution ••!£»
soumises à rappro- proximativcmeut compte de la récolte probable , M. l'ingénieur en chef, ^ '*^ciassemeni^ ^' au burcau duqucl est tenu un registre chronologique d'inscription des des demandeurs, demandes présentées pour obtenir des œufs fécondés de l'établissement de Huningue, dresse, par ordre d'importance, basé sur les succès antérieurs , sur les conditions favorables d'installation et sur le but déclaré des opérations , des listes successives de proposition concernant la distribution des œufs. Ces listes sont soumises à la sanction ministérielle pour être servies dans la proportion des approvisionnements.
L'Administration n'a recours à aucun des moyens usités pour accroître la clientèle des industriels. Elle ne fait pas d'annonces , et elle ne contracte pas d'engagement préalable, se réservant d'examiner les titres des. demandeurs classés par M. l'ingénieur en chef. Les quantités sollicitées ont été toujours en augmentant, et toujours elles ont dépassa considérablement les quantités disponibles, malgré l'accroissemenl continuel des récoltes. Aussi, pour mieux apprécier les garanties offertes du bon emploi des produits généreusement accordés , l'Administration exige-t-elle que les destinataires rendent un compte détaillé de leurs opérations, avant de participer à des distributions subséquentes.
Expédition des œufs. Lcs précautious conveuables sont prises au départ des bottes renfermant les œufs , pour les garantir contre les intempéries et pour les faire parvenir par les voies les plus rapides. Les accidents de route , les retards provenant des bureaux de correspondance des chemins de fer, les abus résultant de l'exagération des prix de port, sont évités dans la suite lorsqu'ils sont signalés. Il appartient d'ailleurs aux destinataires d'exercer eux-mêmes les poursuites d'usage en pareil cas ; mais de nouvelles dispositions seront prochainement appliquées, pour rendre le contrôle de l'établissement aussi efficace que possible à cet égard.
Les destinataires sont au reste avertis du départ des œufs, généra- , accusé
1 4 • 1 11 1 1, . 1 n .11 1 . de réception des œufs
lement un jour à 1 avancg, par une lettre d avis dont un feuillet doit par les destinataires être détaché et renvoyé à M. l'ingénieur en chef, avec des annotations ^d^'édosi'ons'^^ relatives au mode et à la durée du transport, à la températigre de l'air lors de la réception, à l'emballage, aux nombres d'œufs arrivés, soit sains, soit altérés. Ils sont guidés par des instructions imprimées, composées par M. Coste, sur les soins à donner aux œufs fécondés et aux jeunes poissons nouvellement éclos, et des formules leur sont transmises pour y enregistrer les observations faites pendant le complément d'incubation et J'éclosion, jusqu'au moment où les jeunes poissons, débarrassés de la vésicule ombilicale, peuvent être lancés dans les eaux courantes ou placés dans les locaux préparés pour l'élevage. A cette époque les destinataires envoient le relevé de leurs opérations, en consignant à la fin l'emploi des alevins. L'année suivante, ils sont invités à répondre à des questions sur les résultats de leur élevage dans les espaces clos et sur la présence et l'acclimatation des poissons lâchés dans les cours d'eau.
Les opérations s'enchaînent , comme on voit , avec la régularité nécessaire pour obtenir le meilleur effet utile , pour porter en même temps la lumière dans les faits accomplis.
L'exploitation de la pisciculture avait été restreinte en 1854, ainsi qu'on Va déjà dit, à la distribution des œufs fécondés. La distribution des alevins , posée sur la même ligne que celle des œufs , lorsque la construction de l'établissement de Huningue fut résolue en 1852, exigeait une décision spéciale pour être entreprise; c'est seulement en i860 que cette décision a été demandée et rendue à titre d'expérience. Provisoirement l'envoi gratuit des alevins transportés par les gardes a été autorisé dans les deux départements du Haut et du Bas-Rhin , où le personnel du service peut suivre les essais d'alevinage, tandis que pour les autres départements les particuliers ont été assujettis à faire transporter à leurs frais les alevins qui leur sont délivrés à l'établissement. Cette mesure pourra sans doute être modifiée peu à peu, car il est à désirer que le transport plus fructueux et d'ailleurs assez économique des alevins par les soins directs de l'Administration, soit étendu à plusieurs localités éloignées, quand ses bons effets dans le voisinage
Essais relatifs
â la distribution
des alevins.
de rétablissement auront été constatés. C'est surtout pour les espèces dont les œufs ne supportent pas un voyagera grande distance, qu on sera conduit à agir de la sorte.
AcciimataUon Dcs décisious Spéciales paraissent également nécessaires poui' intro-
d*autres espèces , . , ,. , •, ^ • •* • •«
différentes de celles duire dans divcrs lacs et cours deau des poissons soit jeunes, soit expérimentées, ^^^jj^g^ ^^^^ j^ fécondation aurait été tentée infructueusement à l'étranger , si toutefois l'établissement n'était pas pourvu bientôt des moyens de pousser plus avant les essais d'acclimatation. La pisciculture artificielle et le problème du repeuplement ne sauraient en effet rester stationnaires dans les limites étroites des, seules espèces expérimentées jusqu'à présent. ^
Dépenses Les dépenses d'exploitation embrassent tout le personnel en dehors
d'exploitation. , . , . , i , . . i j
des ingénieurs, pour lesquels la pisciculture est une annexe du service du Rhin, la location du terrain, Fentretien des bâtiments, des sources prises et distributions d'eau, rigoles, vannages et grillages extérieurs et intérieurs , l'entretien et le renouvellement des appareils et de loutillage destinés aux manipulations, transports, emballages et expéditions, les frais de voyage et de séjour relatifs aux récoltes, le salaire des pisciculteurs et ouvriers auxiliaires, l'achat des œufs, les frais d'impression.
Durant la période décennale de 1853 à 1862 inclusivement, qui embrasse la totalité des opérations depuis la fondation de l'établissement, les dépenses d'exploitation se sont élevées en tout à 347,186 fr. 36 cent.
L'entretien de l'immeuble , ainsi que de tout le système d'aménagement des eaux, de mécanisme et d appareils fixes, se ressent des idées d'économie qui ont présidé à la construction première, aux agrandissements et perfectionnements successifs d'un établissement dont la permanence n'a peut-être pas été suffisamment précisée.
Les frais relatifs aux récoltes augmentent avec l'imporlance des approvisionnements , mais le produit net grandit dans une proportion bien plus considérable, au fur et à mesure des progrès réalisés dans les installations et les manipulations.
L'accroissement incessant des opérations et le nombre d'années
écoulées depuis l'extension et Tamélioration des locaux, permettent difficilement de poser le chiffre annuel nécessaire pour couvrir les frais d'exploitation , qui s'élèvent en moyenne , pour les quatre derniers exercices , à 55,000 fr.
Les explications dans lesquelles on est entré , montrent la distinction Rôle actuel qui existe encore entre les fonctions actuelles de l'établissement de ^^^e Hunto^*"* Huningue, et celles définies lors de sa création en 1852.
L'établissement de Huningue est aujourd'hui une usine , où les œufs récollés et fécondés principalement à l'étranger, sous la surveillance des agents de l'Administration , sont centralisés pour y subir l'incubation et les autres manipulations accessoires, jusqu'à ce que la maturité de l'embryon permette de les distribuer. A ce moment ils sont emballés et expédiés aux personnes autorisées , lesquelles ont seulement à leur charge les frais minimes de port des boîtes renfermant les œufs. Les autorisations sont accordées aux demandeurs qui , pourvus des appareils nécessaires et placés dans des conditions convenables de réussite, se * proposent soit d'élever les poissons dans des espaces réservés , soit de les employer au repeuplement des cours d'eau.
Subsidiairement, l'établissement de Huningue a commencé depuis deux ans, à titre d'expérience, la distribution d'alevins, qui ne saurait prendre une grande extension si elle n'est pas exonérée des frais de transport laissés au compte des demandeurs.
L'Administration n'a donc assumé qu'une part de l'œuvre du peuplement des eaux de la France avec des espèces choisies , puisqu'elle a appelé la coopération des personnes bien disposées, en leur laissant le soin d'employer une semence généreusement distribuée.
Jusqu'à quel point les efforts dans cette voie ont-ils réussi ? Dans Moyens d*apprécier quelle proportion les œufs récoltés et fécondés artificiellement donnent- résultats obtenus. ils naissance à des poissons susceptibles de se développer aussi bien que ceux éclos naturellement? A-t-on acquis la certitude que le but recherché du peuplement en espèces devenues très-rares ou qui ont disparu , ainsi que àe l'acclimatation d'espèces nouvelles, puisse être atteint? Ce sont là des questions qu'il importait de résoudre autrement que par des exemples isolés, des renseignements conçus en termes
généraux, afférents à quelques points privilégiés. C'est en faisant enlrer dans l'analyse des faits les chances médiocres et mauvaises comme les bonnes , les années favorables et contraires , les différences inhérentes à la nature des eaux , à la distance , au climat , que l'on peut répondre en pleine connaissance de cause. On a, pour cela, réuni sous forme de tableaux statistiques la totalité des documents déjà recueillis , et bien qu'ils embrassent une courte période d'expérimentation , les résultats qui en découlent n'en sont pas moins dignes d'attention.
BénlUto obteiu iepiis h féMiditin des wA josfoi rileriiaie.
Deux questions principales dominent toutes celles de détail dans Questions l'œuvre du repeuplement des eaux publiques et privées , ainsi que de expériences enire-^ l'acclimatation par la pisciculture artificieUe. Elles viennent d'être ainsi ''"''artSe'!^*"'' posées :
i"" Dans quelle proportion les œufs récoltés et fécondés artificiellement, donnent -ils naissance à des poissons aussi vivaces que ceux naturellement éclos ?
^ Est-il certain que le peuplement et l'acclimatation puissent être réalisés avec les poissons créés artificiellement ?
Les résultats obtenus pendant le peu d'années écoulées depuis la fondation de l'établissement de Huningue, et surtout depuis son extension et son perfectionnement , serviront à résoudre très-approximativement la première question et à confirmer, au sujet de la seconde , les prévisions exprimées par M. Coste , non-seulement dès l'origine , mais postérieurement et à plusieurs reprises, dans les termes les plus positifs.
Ces résultats se trouvent groupés ci-après dans des documents statistiques^ dont l'analyse fera ressortir les points essentiels.
On s'occupera, au présent paragraphe, de répondre à la première Question traitée question , en examinant les tableaux qui s'y rapportent. L'impulsion présent paragraphe. gouvernementale au moyen de l'établissement de Huningue, et le con- proportion entre cours des particuliers agissant vers le même but , pourront être aisé- !«s œufs fécondés et
^ ^ ' '^ les poissons obtenus.
ment distingués. —
Les renseignements relatifs aux opérations qui ont précédé la cam- TaWeauxstatisUques pagne d'hiver 4854-4855, manquent dans les archives. Ce n'est d'ail- Époque et durée leurs qu'à dater de cette année que l'établissement a été en mesure de ^i^erses campagnes. fonctionner avec régularité.
L'ordre méthodique a fait placer en tête, sous le n<> 4 , le tableau donnant l'époque et la durée des opérations pendant les campagnes d'hiver 4)0ur la récolte normale , qui comprend les truites communes et saumonées, les grandes truites des lacs, les saumons du Rhin et les ombres chevaliers. Des renseignements analogues sont consignés au tableau n<> il, sur la récolte exceptionnelle d'hiver en œufs de fera, puis au tableau n® 44 pour la campagne du printemps, demeurée encore à l'état d'essai , et qui comprend l'ombre conunune et le saumon heuch.
Époque du frai Ccs trois tablcaux aident à préciser , pour les espèces traitées , les
dfis psnècfts traitées * » *
limites extrêmes et le temps ordinaire du frai dans les régions d'approvisionnement au centre de l'Europe. Ces époques varient dans les limites que voici :
Truite conunune et saumonée , de la fin d'octobre au milieu de février, et ordmairement trois mois et demi.
Grande truite des lacs , environ la même époque et la même durée.
Saumon du Rhin, du commencement de novembre au commencement de février, et d'ordinaire deux mois.
Ombre chevalier , du commencement de novembre au commence» ment de février, ordinairement deux mois et demi.
Fera, du milieu de novembre au commencement de janvier, et d'ordinaire un mois.
Ombre commune, de la fin de mai^ au milieu de mai, durée trèsvariable de deux semaines à deux mois.
Saumon heuch, commencement d'avril à commencement de mai, durée très-variable et d'ordinaire deux è trois semaines seulement.
Durée Lcs Opérations à l'établissement s'étendent de la fin d'octobre à la
de i^étXissement. fin de mars, cinq mois pour la campagne normale d'hiver , dans laquelle s'intercale la récolte exceptionnelle des œufs de fera. La campagne * d'essais au printemps suit immédiatement celle d'hiver pendant un mois
et demi. En somme, il y a des œufs en incubation à peu près pendant six mois et demi , et si l'on ajoute à ce temps les préparatifs de la récolte d'hivBr et l'alevinage de celle du printemps , le travail des deux campagnes embrasse huit mois et demi.
Il est superflu de mentionner la durée des incubations, extrêmement incubaUoDs,
'^ -7.7 anomalie
variable, selon les espèces , les influences atmosphériques et la tempe- en I857 - 1858. rature des eaux. En général , elles sont de cinq semaines à rétablissement. L'hiver de 4857 à 4858 ayant été très-rigoureux et les ateliers ne se trouvant pas encore assez garantis , les incubations se sont prolongées beaucoup plus que de coutume, parce que la glace avait envahi les appareils. Ce ralentissement dans le développement de l'embryon n'a pourtant pas déterminé des pertes plus considérables pendant le transport des œufs jusqu'à destination. (Voir pour cela le tableau n** 3.)
Le tableau n^ 2 résume les opérations de l'établissement pendant ™eauxsutistiq^^^ l'hiver pour la récolte normale, et les tableaux n^ 42 et 45 les opérations relatives aux récoltes exceptionnelles et d'essais, en approvisionnements , pertes , expéditions et éclosions.
Pour la récolte normale , voici ce que montrent les chiffres du ta- ^^i^^^^^i^ bleau n** 2 et les explications complémentaires qu'il y a lieu d'y ajouter, d'hiver, saumons du
, . ^ ,,, . 1 Rhin et ombres
Les approvisionnements ne dépendent pas uniquement des mesures chevaliers. prises ni des sacrifices faits pour se les procurer. Ils sont aussi subor- approvisionnements. donnés, pour chaque espèce, aux circonstances atmosphériques, à l'état des eaux avant et pendant la saison du frai , à l'influence plus ou moins favorable des années antérieures sur le développement naturel des poissons, et sans doute à d'autres causes inconnues. C'est ce qui explique en partie les différences qui existent entre les huit campagnes citées au tableau n® 2, si l'on considère séparément chaque espèce, bien que le progrès des approvisionnements soit sensible; mais ce progrès est plus marqué si l'on examine au bas du tab^Bau la réunion des cinq espèces traitées. Après avoir baissé en 4855-4856, les approvisionnements ont pris une marche ascendante dans les deux campagnes suivantes , où le bâtiment unique était mieux clos , et ils se sont développés surtout à dater de 4858-4859, lorsque les travaux d'extension et d'amélioration des locaux en ont donné la faculté. En réunissant les approvisionnements des quatre premières campagnes et des quatre dernières , l'on a en nombres ronds 8,800,000 œufs pour les premières et 20,900,000 pour les dernières , soit une proportion plus que double pour celles-ci.
Perles. Les pertes depuis la fécondation sur les lieux des récoltes jusqu'à la
fin de rincubation à l'établissement, tiennent à des causes très-diverses. D'abord, pour ce qui concerne les opérations extérieures, il faut pouvoir extraire et féconder les œufs au moment convenable, écarter avec soin les sujets dont les produits sont reconnus mauvais , n'admettre les produits douteux qu'en faible proportion. Tout en choisissant les stations et les fournisseurs, tout en n'employant qu'un personnel assez bien formé , il y a des essais indispensables et inhérents à la fois à la progression des approvisionnements et aux études de fécondation artificielle. Les transports jusqu'à TétabUssêment ne doivent pas subir de retard; ils ont été favorisés par l'ouverture successive des lignes de chemins de fer. Ensuite les manipulations dans l'établissement, quelque bien dirigées qu'elles soient, se ressentent des variations subites du temps, de l'état plus ou moins parfait des appareils et de la distribution des eaux.
Pour toutes les espèces réunies , les pertes , jusqu'au moment de la distribution des œufs , après avoir varié durant les quatre premières campagnes entre 59 çl 77 p. 100, sont descendues pendant les quatre dernières dans les limites de 30 à 60 p. 100. Le rapport de la somme des pertes à la somme des approvisionnements est de 71 p. 100 dans la première période et 41 p. 100 dans la seconde, et si l'on considère les trois dernières campagnes seulement, car ce sont les seules où l'établissement ait joui de ses nouvelles installations , la moyenne des pertes n'est plus que de 35 p. 100. Il est à noter toutefois que dans la campagne 1859 à 1860, où les pertes montent au taux minimum de 30 p. 100, l'on a expédié, à titre d'expérience, une certaine quantité d'œufs sans incubation, et que si ces œufs avaient été soiunis aux mêmes manipulatrons que les autres , les pertes à l'établissement auraient atteint 31 à 32 p. 100 environ. La moyenne des trois dernières campagnes doit donc être rectifiée et portée à 36 p. 100.
Les pertes totales depuis la fécondation jusqu'à la sortie des œufs de l'établissement, se subdivisent comme il suit pour chacune des trois dernières campagnes. Entre la fécondation et la mise en incubation, 2 à 3 p. 100; pendant l'incubation à l'établissement, de 27 à 38 p. 100; soit en moyenne 3 p. 100 pour l'intervalle de temps depuis la fécondation jusqu'à la mise en incubation, intervalle qui comprend le transport, et puis 33 p. 100 durant l'incubation à rétablissement
On tient en outre un relevé des pertes par lieu de provenance et par fournisseur , afin d'apprécier les améliorations à introduire ou à poursuivre dans chaque station, mais ces détails n'ont pas leur place ici.
Les envois faits par l'établissement ont suivi un mouvement inverse de celui des perles. Après avoir oscillé entre 21 et 28 p. 100 dans les quatre premières campagnes, ils ont varié de 36 à 66 p. 100 dans les quatre dernières. Pour la première période, la moyenne générale est 25p. 100, tandis que celle moyenne a atteint 51 p. 100 dans la dernière période et 56 p. 100 pour led^trois dernières campagnes.
Expéditions ou distributions
Si l'on compare les dépenses de construction effectuées depuis 1858 Dépenses
avec les dépenses d'exploitation des quatre dernières années, et si l'on à dater dïï 858
tient compte de la réduction des pertes et de l'augmenta tion des ex- a^^^pr^uKs péditions , l'on voit que les dépenses ont été largement couvertes par l'accroissement des produits dans ce très-court intervalle de temps.
Les éclosions pour les expériences à l'établissement ont absorbé une faible part des approvisionnements. Après s'être élevées à 13 p. 100 le premier hiver, et avoir varié dans des limites inférieures à 4 p. 100 durant les cinq hivers suivants , elles ont un peu remonté pendant les deux derniers, à cause des études commencées sur l'élevage et sur les distributions d'alevins.
Éclosions à rétablissement.
La récolle des œufs de fera , espèce dont l'acclimatation dans les Tableau n» 12. eaux de h France présente un grand intérêt, a été traitée, comme neue d'hlve^pom^ essai , à l'établissement de Huningue et au Collège de France pendant *®^ ®"^^ ^® ^^''^• les trois premières campagnes. L'incubation des feras s'effectuait alors comme pour les autres œufs, et l'on n'obtenait des éclosions que dans une proportion insignifiante. A dater de 1857-1858 de nouvelles instructions ont été formulées par M. Coste , pour faire remploi de ces œufs par voie d'ensemencement sans incubation préalable. Le rôle de l'établissement devait dès lors se borner à la réception et à la distribution. Toutefois l'on y a poursuivi quelques essais d'incubation au laboratoire , et des expériences directes d'ensemencement des lacs et cours d'eau ont été tentées dans le département du Haut-Rhin , en même
temps que l'on a expédié des quantités toujours croissantes durant les quatre dernières campagnes. On apprendra plus tard ce qu'il est peimis d'espérer de tout cela; il ne s'agit en ce moment que des opérations de récolte et de distribution, qui ont pris un grand développement, parce qu'elles sont faciles et peu dispendieuses et que c'est en travaillant sur une assez grande échelle que l'on pourra constater les résultats avec quelque certitude.
Tableau n» 15. Lc traitement des œufs de saumons heuch et d'ombre commun, par '^^'to'ir^^^^^^^^^^ procédés usités dans la récolte normale d'hiver, a présenté jusqu'à
sur le saumon heuch présent Ics plus graudcs difficultés, sans résultat satisfaisant. La récolte, l'ombre rommun. dout la duréc ^st si courtc, et qui se trouve si fortement contrariée par les variations atmosphériques dans la saison où elle doit se faire, a été renfermée dans des bornes assez restreintes pour le saumon heuch, dont les essais, sauf quelques exceptions, ont été'centralisés au Collège de France, ainsi qu'à l'établissement de Huningue. On a cherché à développer les opérations sur l'ombre conunun, plus facile à se procurer ; mais dans les transports, après l'incubation, les œu/s ont été totalement perdus. De nouvelles études sont nécessaires sur ces deux espèces, pour lesquelles il faudra peut-être renoncer au transport des œufs et entreprendre seulement la distribution des alevins.
Tableau n» 3. ^^^ renseignements fournis par les destinataires sur les œufs qu'ils
Rtnseignements ojjt rcçus durant Ics trois premières campagnes d'hiver, sont rares et
de la confus. On ne saurait en extraire que quelques résultats partiels avec
dépub îeur^Tortie Icsqucls il u'cst pas possiblc de former une statistique utile, car pour
ju'rqù'f tlirrrivée apprécier les résultats obtenus, il importe, comme on l'a déjà dit, de
•'•ez réunir des documents nombreux, embrassant les conditions diverses
lr*s dcslinataires. ^
auxquelles sont soumises les expéditions. A partir de 1857-1858, un questionnaire provoquant des réponses pour chaque envoi, a permis de classer convenablement les faits recueillis. Les renseignements pour la dernière campagne, 1861-1862, ne sont point encore complets, mais ceux des quatre précédentes, analysés au tableau n** 3, sont assez significatifs.
On voit, tout d'abord, que les demandes auxquelles il a été donné suite, comprennent 91 à 98 p. 100 de celles inscrites, ce qui atteste la
bienveillance de TAdministration, car celles non servies ont été, ou trop tardives, ou trop peu explicites, pour que l'on ait pu les apprécier.
De leur côté, les destinataires se sont montrés de plus en plus empressés à transmettre les accusés de réception avec les réponses au questionnaire, car leur nombre s'est élevé de 81 à 84 p. 100 pendant les deux premières campagnes considérées, à 93 et 95 p. 100 durant les deux dernières, et presque tous ceux qui ont répondu, l'ont fait pour la totalité des envois.
Les accusés de réception fournissent des renseignements pour 87 à 98 p. 400 des quantités d'œuft expédiés, et pour des masses assez considérables, pendant les deux derniers hivers. Les intempéries, les différences de climats, les grandes distances, les retards, toutes les causes d'altération figurent dans ces chiffres. Or, que tire-t-on de leur dépouillement?
Les réceptions avec déclaration d'emballage demeuré en bon état varient de 81 à 89 p. 100, et les remarques sur le mode d'emballage varient de 6 à 10 p. 100 du nombre des destinataires, mais les boîtes réellement détérioriées, ne donnent lieu à des observations que de la part de 3 à 8 p. 100 du nombre des destinataires, et les envois non parvenus à destination sont insignifiants. La responsabilité de l'établissement entre pour peu de chose dans ces résultats, car les plaintes portent, en général, sur la manière dont les chemins de fer et les messageries servent le public.
Quant aux quantités d'oeufs, les destinataires qui, après vérification à l'arrivée, constatent des nombres pareils à ceux inscrits sur les lettres d'avis, sont dans la proportion de 88 à 95 p. 200 ; ceux qui reçoivent davantage sont de 1 à 5 p. 100, et ceux qui reçoivent moins, de 2 à 10 p. 100. Dans ce dernier compte, la responsabilité de l'établissement n'est pas seule en cause, mais aussi, celle des entreprises de transport.
Enfin, ce qui est le plus essentiel dans le transport des œufs, c'est leur conservation, et sous ce rapport les derniers chiffres du tableau sont assez concordants pour quatre campagnes successives, pendant lesquelles les pertes, depuis le départ de l'établissement, jusqu'à la réception par les destinataires, ont oscillé seulement entre 8 et i2 p. 100, de sorte que les œufs arrivés sains ont varié de 88 à 92 p. 100 des quantités expédiées. Les éclosions en route sont à peu
près nulles, elles appartiennent à des retards dans le transport, plutôt qu'à des incubations trop avancées.
Tous les chiffres du tableau n^ 3 sont satisfaisants, et pourtant l'établissement étudie les moyens de remédier aux légers inconvénients observés.
Tableau no 4. q^q déviennent les œufs arrivés sains chez les destinataires ? Ici les
Renseignements . • i i
sur les œufs documcuts statistiques, plus difficiles à recueillir et organisés seulement
"^^''"ïpuir""'** depuis quatre ans, ne peuvent être résumés avec fruit quant à leur en-
ar'îe^s"^ dtstfnauires ^^"^^'^ ^^ ^ ^^^^ Uniformité, quc pour les deux campagnes de 1859-1860
jusqu'à l'alevinage, et 1860-1861, ccllc de Thivcr dernier se trouve encore incomplète. Les
conclusions à en tirer ne présenteront donc pas le même degré de
certitude que dans les opérations précédentes, mais elles n'en seront
pas moins intéressantes.
Le tableau n^ 4 détaille les observations faites chez les destinataires, par espèce, et pour les cinq espèces ensemble, pour la constatation des pertes, tant à l'arrivée, que pendant l'incubation complémentaire et la période ombilicale. Il y' a des dissemblances sensibles d'une année à l'autre sur la même espèce, en ce qui concerne le saumon et V ombre chevalier, tandis que pour les trois sortes de truites , il y a assez de concordance. C'est donc dans les moyennes générales des cinq espèces que l'on trouve des données sur lesquelles on peut se baser.
Il importe de remarquer tout d'abord, que les quantités sur lesquelles l'on a obtenu des renseignements proportionnellement à celles expédiées, sont plus considérables dans la seconde campagne que dans la première, qu'elles ont passé de 67 à 82 p. 100, et qu'ensemble elles embrassent des masses considérables, expérimentées dans les diverses parties de la France, ainsi que dans des pays étrangers, par des personnes qui toutes n'avaient pas l'habitude de ces opérations.
Les différences observées entre les chiffres des tableaux 3 et 4, quant à la proportion des œufs altérés à l'arrivée, proviennent pour 1859-1860, première année du tableau n®4, de ce que les comptages attribués à Tarrivée ont peut-être empiété sur les délais de l'incubation complémentaire. Cela ressort de la somme des pertes à l'arrivée, et pendant Tincubation complémentaire, laquelle est de 38 p. 100 en 1859-1860, et de 35 p. 100 en 1860-1861.
Les pertes durant la période ombilicale offrent plus de concordance ; le plus grand écart dans les deux années pour les espèces envisagées séparément, est de 8 à 17 p. 400, et pour les moyennes des cinq espèces ensemble, de 44 à 43 p. 400.
Les poissons obtenus à Tétat sain après la période ombilicale, et que l'on a pu faire passer à l'élevage, forment ensemble, pour chaque année, 55 p. 400 des œufs sur lesquels ont opéré les destinataires qui ont rendu compte. - *
En combinant les observations faites à l'établissement avec celles des Tableau n» 5. destinataires, d'après les tableaux 2, 3 et 4, on a composé le tableau pour les œufs n^ 5 qui, pour chaque espèce, et pour les cinq espèces ensemble, fournit ^eiarécoUe^normaie ainsi les proportions des pertes dans les phases successives, depuis la depuis la fécondation fécondation des œufs, jusqu'à leur arrivée à l'état de poissons aptes à leur arrivée à réiat être élevés ou bien à pourvoir eux-mêmes à leur nourriture, s'ils sont ^ pow«>ns. lancés dans les cours d'eau.
Pour les espèces considérées séparément, ces proportions sont assez variables, mais en réunissant les cinq espèces, les résultats se résument ainsi :
30 à 34 p. 400 de perte, depuis la fécondation jusqu'à la distribution par l'établissement de Huningue ;
32 à 34 p. 400 de perte, depuis la distribution par l'établissement jusqu'à l'arrivée à l'état de poissons ;
34 à 36 p. 400, des approvisionnements de l'établissement menés à Vétat de poisson chez les destinataires.
Tels sont les résultats déjà acquis, et qu'une expérience plus longue nepeut que confirmer ou améliorer.
RésalUts relatifs m penpleeeit des eau publiques et priTées.
Questions traitées On a fait Connaître le progrès des opérations de l'établissement de piésent paragraphe. Huningue , SOUS le double rapport des quantités d'œufs approvisionnés
Peuplement et
acclimatation
iwec les produits
de
Huningue.
et du perfectionnement des manipulations, en montrant qu'à un accroissement considérable des récoltes correspond aujourd'hui une augmentation beaucoup plus forte des produits distribués.
On a dit dans quelle proportion les produits artificiels délivrés gratuitement donnent des poissons susceptibles d'être élevés dans les eaux privées et répandus dans les eaux publiques. Cette proportion, qui ne saurait changer qu'avantageusement, permet de calculer à peu près le nombre d'alevins qui , selon l'importance des dernières récoltes d'hiver , ont pu être employés aux peuplements à Tissue de chaque campagne. Mais là s'arrêtent les investigations en fait de quantités absolues, car après l'emploi il faut renoncer à compter les sujets, sauf ceux parqués dans de petits bassins.
Ce qu'il est essentiel de rechercher , cependant , c'est si les poissons ont été convenablement utilisés , s'ils prospèrent là où ils ont été placés en un mot, si le but du Gouvernement a été atteint en appelant la coopération des particuliers et en bornant le rôle de l'établissement de Huningue à de larges distributions d'œufs fécondés et à la délivrance encore très-restreinte des alevins.
A ce sujet l'on a réuni des documents statistiques , qui serviront , comme cela a été dit, à confirmer l'opinion non équivoque exposée par M. Coste dès le début de l'entreprise, ainsi que dans ses propositions annuelles.
Les renseignements donnés par les destinataires sur leurs opérations et l'emploi des alevins obtenus pendant les quatre campagnes d'hiver de 4857 à 1861 , ont été résumés dans les deux tableaux n^ 6
el 7, et le tableau n^ 13 donne remploi des œufs de fera ensemencés sans incubation. Ces trois tableaux vont être examinés l'un après l'autre.
Au tableau n^ 6 on lit d'abord les nombres comparatifs des destina- Tableau n«> 6. taires qui ont reçu des produits et de ceux qui ont rendu compte de sur rempiorderaie. leurs opérations. Après avoir été assez faible, la première année 43 d^empL'^c^m^^^^^^^ p. 100, la proportion s'est élevée à 72 p. 100, pour redescendre à r^^t^f^^^^^^^^ 58 p. 100 et atteindre 85 p. 100 en 1860-1861. 'et des^Ja^s'"*'
Parmi les destinataires qui ont fourni des réponses aux renseignements demandés, la proportion de ceux qui ont rendu compte de l'emploi des jeunes poissons, en totalité ou en partie, varie de 86 à 96 p. 100, et pour la campagne 1860-1861 ces destinataires sont au nombre de 238, répartis sur beaucoup plus de départements français et de pays étrangers que dans les trois campagnes précédentes.
Quant au mode d'emploi, les chiffres de la campagne 1858-1859 s écartent seuls sensiblement de ceux des trois autres.
Pour la première et les deux dernières campagnes considérées , les Distribution
des alevins à
destinataires ayant distribué à d'autres personnes sont dans le rapport d'autres personnes. de 6 à 7 p. 100, tandis que pour la seconde la proportion est de 21 p. iOO. Il est à remarquer que les chiffres du tableau n'indiquent pas tous les destinataires qui ont fait des distributions , car il est ici seulement question des alevins et non pas des œufs fécondés ; d'ailleurs les établissements opérant pour des associations de personnes, pour des jdépartements, des villes, etc. , ont jugé superflu de rappeler chaque année quils disséminaient leurs produits.
Les destinataires ayant essayé l'élevage dans des espaces clos de Élevage
,. . . 1 /« , -^c^ Mr\r\ 1 •* * 1 dans des bassins
petite dunension , varient de 47 a 53 p. 100 pour la première et les fermés. deux dernières campagnes. Ils sont de 91 p. 100 dans la seconde.
L'emploi dans des lacs, étangs, viviers, bassins de grandes dimen- Emploi des alevinsions , communiquant avec des cours d eau , a été fait dans la proportion étangs , etc. del8à24p. 100 pour la première et les deux dernières campagnes, et dans la proportion de 57 p. 100 destinataires pour la seconde campagne.
Emploi immédiat Les destinataires qui ont répandu les jeunes poissons direclemenl
dans les cours d'eau. , , « /»« .1 i * ..,,« i^«
dans les cours d eau, offrent une proportion plus constante pour les quatre campagnes, 36 à 58 p. 400, et le nombre absolu de ceux qui ont ainsi disposé de leurs produits , est allé sans cesse en augmentant. Au lieu de 31 destinataires afférents à la première campagne , il y en a eu 70 pour la seconde , 80 pour la troisième et 115 pour la quatrième.
Nombre de Lcs départements français et les pays étrangers où les produits pro-
^ paylTù remploi dcs Œufs de Huninguc ont été employés, sont nombreux. Pour
a été fait. Yes quatre campagnes mentionnées on compte 63 départements français et 11 pays étrangers, où l'élevage a été essayé dans des espaces clos de petites dimensions, 55 départements et 7 pays étrangers où les jeunes poissons ont été placés dans des lacs , étangs et bassins de grandes àmensions; enfin 61 départements [français et 6 pays étrangers où les alevins ont été directement lancés dans les cours d'eau. Les noms des départements et des pays où les divers modes d'emploi ont eu lieu, figurent d'ailleurs au tableau n® 6.
Tableau n*» 7. Mais Ics destinataires ont en outre été invités à désigner les cours
Nomenclature ,» .. ,, ,. , jj* • i.ii«
des cours d'eau, d cau, amsi quc Ics lacs , étangs de grandes dimensions où les alevms
'''''qui'o"nt\eçT^'' ^^^ ^*^ placés , ct dc la sorte l'on a pu dresser le tableau n^ 7, indi-
des alevins quant, pour la France, la nomenclature de ces cours d'eau, lacs, étangs,
provenant des œufs ^ ^ ^ ^ ? 7 ©
de l'établissement etc, classés par régions correspondantes aux cinq principaux fleuves, unmgue. j^^^ ^^^^ tablcaux 6 et 7 combinés attestent une dissémination considérable en peu â'années , des trois sortes de truites , des saumons du Rhin et des ombres chevaliers.
Tableau nM 3. Lcs cssais d'acclimatatiou des feras, commencés seulement dans d'aSimSon l'hivcr de 1857 à 1858, par voie d'ensemencement des œufs, ont pris pari'elfemïncementï'apidement de l'cxtension.
des œufs Les destinataires les ont employés sur leur demande , dans 64 dépar-
dans les cours d'eau, ir w 7 r
lacs, etc. tements français et 8 pays étrangers, dans les cours d'eau, lacs, étangs, réservoirs, désignés au tableau n^ 13. Ces essais ont besoin d'être réitérés- durant une assez longue période ; ils sont au reste peu dispendieux et ne réclament pas beaucoup de soins.
Avant d'aller plus loin et de rechercher si les produits de Huninjrue Extension
, et ramification
ont prospéré dans les eaux où ils ont été placés , Ton s arrêtera quel- de la clientèle ques instants à Texamen des deux tableaux n^ 8 et 9, destinés à com- ^ »ssemeni. pléter, sous un autre point de vue , les documents relatifs au développement des opérations de rétablissement, en montrant combien sa clientèle s'est ramifiée et combien elle a gagné dans sa composition.
Dans le tableau n** 8 on a classé par départements français et pays Tableau n* s.
i. I i jjj/4/ ii< 1. Nombre de demandes
éicaDgers Je nombre de demandes présentées annuellement pour ob- présentées annuelletenir des œufs ou des alevins. La progression est bien sensible, non- ""^Ses^p^duu^^^ seulement quant au nombre total de demandes inscrites annuellement, ^e Huningue. mais quant au nombre de départements et de pays.
Pour la France, les demandes, après avoir été au nombre de 60 et 100 dans 26 et 44 départements, durant les premières campagnes, se sont élevées dans la troisième campagne à 213 et ont varié entre ce chiffre et 296 pendant les six dernières campagnes, en embrassant 65 à 76 départements. En somme, dans les huit années considérées, %6 départements français sur 93 (l'Algérie comprise) ont eu des opérateurs.
Les demandes inscrites chaque année proviennent d'ailleurs en plus grand nombre de destinataires renouvelant leurs essais que de personnes opérant pour la première fois, et cette persistance est une garantie de réussite.
La réputation de l'étabHssement de Huningue n'est pas demeurée ^^ms^^^^^^n circonscrite dans nos frontières. Elle a été bientôt faite et consolidée à de pays étrangers. l'étranger, par des savants ou des admirateurs de l'initiative du Gouvernement français, et elle a provoqué beaucoup de demandes pour l'inscription desquelles on s'est montré naturellement plus difficile , mais l'on a été porté à en admettre chaque année un certain nombre pour divers motifs que voici :
En premier lieu, c'est un honneur pour la France que de favoriser à l'étranger des expériences propres à jeter la lumière sur une question de haute économie sociale.
En second lieu , les relations créées avec les établissements étrangers permettront ultérieurement de faire des échanges de produits et
aideront à racclimatation chez nous d'espèces sur lesquelles la fécondation artificielle aura été essayée à l'endroit même où elles se trouvent. En troisième lieu, l'administration française, prenant ses approvisionnements à l'étranger, avait intérêt à y combattre les préjugés qui, à plusieurs reprises, ont menacé ses récoltes. Il fallait prouver que la quantité nécessaire de poissons adultes n'était pas considérable pour chaque récolte, et que leur recherche n'occasionnerait pas un dépeuplement, n fallait surtout convaincre les propriétaires et fermiers des pêcheries que l'extraction des œufs et de la laitance des poissons , loin de porter préjudice à leurs revenus , ne ferait que les augmenter, en leur laissant la faculté de remettre à l'eau les poissons vivants après l'opération et de les retirer au moment opportun pour la vente.
Tableau n* 9. Indépendamment du nombre des demandes annuelles , le tablttu
Nomenclature « . j. i i. • . n , t j • i-
des éubiissemenis u® 8 mdiquc la dislmctiou entre celles présentées par des particuliers quu^'opéré Opérant isolément et celles provenant d'administrations, d'établisse- ^drHunrntmf* mouts OU sociétés dc pisciculture , d'agriculture, de sciences, qui travaillent en général avec moins de parcimonie, dans un but d utilité publique mieux prononcé , et qui constituent comme autant de centres secondaires pouvant se livrer tout à la fois à un emploi plus judicieux et à une large distribution des produits reçus de Huningue.
Or, les demandes de cette dernière catégorie ont augmenté dans une proportion bien plus marquée que celles de la première. Les établissements et sociétés secondant l'établissement de Huningue pendant les deux campagnes 4854-4855 et 4855-4856 se trouvaient au nombre de 7 en France et 2 à Tétranger, tandis que dans l'hiver de 4864 à 4865 il y en avait 59 en France et 46 à l'étranger, ensemble 75, formant plus que le cinquième du nombre total des demandeurs, porté à 335.
Le tableau n^ 9 contient la nomenclature des administrations , établissements, sociétés, départements, villes, etc., ayant opéré directement ou favorisé les opérations pendant les six dernières campagnes. Cette nomenclature s'étend sup 53 départements français et 47 pays étrangers.
En France , le personnel des ponts et chaussées est intervenu dans 40 localités différentes, avec les ressources soit de l'État, soit de départements, soit de villes, soit de sociétés. L'Administration n'a pas
cherché à développer à ses frais des centres d'action en dehors de rétablissement de Humngue, excepté dans des situations spéciales pour *le peuplement exclusif de canaux ou rivières canalisées et non point pour distribuer des produits.
Le personnel de rAdministration des forêts agissant dans le but de repeupler des cours d'eau , a opéré avec le concours de rétablissement de Humngue dans 14 stations. '
4 professeurs de facultés des sciences ont ouvert leur laboratoire à des expériences pour des peuplements.
12 départements ont subventionné des établissements distributeurs, ou mettant les poissons dans les eaux publiques.
8 villes ont travaillé pour leurs domaines ou ont aidé des établissements et des sociétés.
On compte en outre 24 sociétés spéciales de pisciculture ou d'acclimatation, tant en France qu'à l'étranger, en dehors des sociétés d'agriculture et des sciences, qui ne se sont occupées de la pisciculture que d'une manière accessoire.
Tous ces moyens d'encouragement de la pisciculture se sont formés et développés avec l'assistance de l'établissement de Huningue.
La coopération des établissements, des sociétés et des particuliers, TaWeau n« io.
# Renseignements
recevant les produits de Huningue, étant tout à fait bénévole, l'Admi- relatifs à u réussie nislration ne pouvait, au début, se montrer exigeante au sujet de ^^p^'^p®"*®" • l'emploi des alevins provenant des œufs distribués, ni réclamer auprès de chaque destinataire des investigations trop détaillées sur les résultats de cet emploi. Elle a donc laissé d'abord une latitude entière aux demandeurs, tout en accordant de plus grandes quantités à ceux disposés à peupler les cours d'eau. Elle s'est bornée à insister chaque année davantage sur la nécessité des comptes rendus, sous une forme assez simple. Quelques notes sommaires suffisent en effet, dans le principe, pour apprécier si la marche suivie a besoin d'être redressée, si les restrictions apportées aux largesses du Gouvernement ne détour* neraiènt pas un certain nombre d'opérateurs bien disposés, plutôt que de les encourager dans une entreprise dont le succès repose sur des soins minutieux , sur des expériences réitérées dans une multitude de localités.
Essais Les essais des particuliers isolés et des établissements formant des
e peuplera n g^^^^^^ggi^g Je celui de Huningue, ont été dirigés spontanément vers
ÏSSot?un double but : Félevage dans des espaces clos de petites dimension^;
étan^"ett^ursd^èa^ ™^se en liberté des alevins, soit dans des lacs, étangs et réservoirs
de grandes dimensions, soit immédiatement dans les cours d'eau.
Des documents ont été recueillis sur ces divers modes , mais avant de passer à leur examen, on rappellera eh peu de mots ce qu'il faut y chercher.
Constautions D'uue part, la facilité de l'élevage des produits de Huningue dans les divers modes dcs réservoirs ne laisse aucun doute , après les expériences de M. Coste dépeuplement. ^^^^ j^ ^^^^^^ ^^ Collège de France et dans les pièces d'eau des propriétés de Sa Majesté l'Empereur. Il convient cependant de pousser la démonstration plus loin, et de vérifier si, dans les eaux de nature trèsdiverse de notre pays, l'on peut amener les particuliers à acclimater et à parquer les truites et les ombres des grands lacs , ainsi que les saumons du Rhin, à substituer ces espèces de choix aux poissons de qualité médiocre habitant nos lacs, étangs et viviers, et cela dans des conditions de croissance satisfaisantes.
D'une autre part, le peuplement des cours d'eau de la France avec les produits de Huningue ayant été regardé, il y a dix ans, conune une œuvre facile à réaliser, il s'agit de savoir si* les dispositions prises ont donné des résultats en harmonie avec les prévisions.
Au lieu de recourir à une longue inspection locale , qui viendra en son temps pour contrôler les faits observés, au lieu d'analyser les renseignements donnés par les destinataires, afin de les produire sous une forme plus substantielle , mais pouvant paraître trop favorable à des idées préconçues, l'on a pensé qu'en ce moment, où l'expérience n'a pas une assez longue durée, il est préférable d'enregistrer, simplement à titre d'enquête, les réponses fournies par un certain nombre de personnes à deux des questions qui sont posées annuellement aux demandeurs, savoir:
Questions auxquelles Est-ofi parvenu déjà à élever dans des espaces dos, des poissons proont répondu. Venant des œufs de V établissement de Huningue?
A-t'On constaté dans des cours d'eau la présence de poissons provenant des œufs de cet établissement f
Ces réponses , qui n'ont pas été préparées pour l'usage qui en est fait aujourd'hui, sont transcrites textuellement au tableau n^ 10. On les a puisées dans le plus grand nombre possible de départements français et de pays étrangers, afin de montrer que les faits observés à la fois sur une foule de points ne sauraient être attribués à des circonstances locales , mais qu'ils revêtent un caractère de généralité et d'autorité , donnant une assez grande force aux conclusions qui en découlent.
Il est à regretter que plusieurs opérateurs , bien connus par leur Absence
1 > • . I / ■ . % .1 r ^ 1 r , 1 • <*C8 déclarations
succès, n aient pas, malgré la prière qui leur a été adressée a plusieurs de
reprises, donné des renseignements susceptibles d'être enregistrés et ^'^'^y" ^^ £^ qui font malheureusement défaut maintenant.
Les travaux continuels de M. Coste, les notes qu'il a rassemblées de Absence son côté d'après les opérations des personnes qui profitent des distri- ^par m. cosie.""* butions du Collège de France, alimenté par l'établissement de Huningue, n'ont pas non plus trouvé place au n<* 10, quelque haute portée que puissent avoir ces documents , par la raison qu'ils n'existent point dans les archives du service, et que le laboratoire du Collège de France a sa marche dégagée de celle de l'établissement de Huningue.
Les faits présentés sont donc incomplets, et cependant ils attestent des résultats significatifs.
Ainsi, l'on voit que l'élevage dans des locaux plus ou moins restreints Succès réussit partout , et que les sujets y acquièrent à peu près la taille et le dans
poids qu'ils auraient eus dans le même temps à l'état libre , et s'ils avaient été procréés naturellement.
des locaux fermés.
Ainsi encore, l'on trouve dans des fleuves, dans une foule de rivières, Succès dans des lacs, dans des étangs et réservoirs de grandes dimensions, la des eaux courantes, trace des poissons dont la semence y a été déposée directement ou ^®^ ^^^ ^^e ^^^"^ dans leurs affluents. ^^°^®^ dimensions.
Ce sont pour la France , en prenant séparément les cinq bassins DésignaUon
*^ . des cours d*eau ,
principaux, savoir: lacs, étangs
Bassin de la Seine, y compris les bassins côUers : l'Armançon, grands réserroirs TAube, le canal de Bourgogne, la Charentonne, l'Eure, l'Orne, le Sans- ^ ont^réL^*
seron, la Seiae, la Toncques, la Vire, l'Yonne, l'Yvette, les eim du parc impérial de Fontaind)leau et Tétang de Junay.
Bassin de la Loire, y compris les bassins côtiers: Le Beuvron, le canal de Nantes à Brest, la rivière de Chateaulin, le Oier, le Cosson, la Gartempe, l'Huisne, le Lay, le Loir, la Loire, la Mayenne, la Nièvre, la Sarthe, la Sèvre nantaise, la Sèvre niortaise, la Roche, le Vincon, le Vizézy, le lac Pavin.
Bassin de la Garonne^ y compris les bassins côtiers : La Boutonne, le Buguet, la Gère, la Gharente, la Garonne, le Gave de Pau, la Jourdanne, le Sor, le Tarn, la Touvre, l'Yon.
Bassin du Rhône, y compris les bassins côtiers : L'Ardèche, l'Asse, l'Esse, l'Hérault, l'Isère, le Lez, le Rhône, la Seille, le lac Paladru, la fontaine de Vaucluse.
Bassin du Rhin, y compris les bassins de la Moselle et de la Meuse: La Meurthe, la Meuse.
Ensemble, et sans distinction du mode d'élevage, dans des espaces clos, dans des lacs, étangs et cours d'eau, la réussite est attestée dans 67 départements ; et si l'on tient compte seulement des vésultats relatifs aux cours d'eau, les résultats sont attestés dans 45 déparlements.
Causes En dchors de ces explications, il est essentiel de tenir compte des
^ ^"les "" causes suivantes qui exercent leur influence sur les résultats.
résultats constatés, ^^g destinataires ont souvent usé de la liberté qui leur a été laissée
au sujet de l'emploi des alevins , pour n'en mettre qu'une faible partie
dans les cours d'eau et affecter le reste à l'élevage dans des bassins
fermés.
L'emploi des alevins dans les cours d'eau était fort restreint avant 1858. Le tableau n** 6 a montré, en eflet, que 31 destinataires seulement avaient affecté à ce but tout ou partie de leurs produits de 1857-1858, et que ce nombre a augmenté annuellement à dater de cette époque.
Les causes multiples de destruction qui réduisent sans cesse la population des eaux courantes, et que Ton pourrait efficacement combattre par des mesures législatives et réglementaires, ont atteint les jeunes sujets dont l'acclimatation a été essayée, tout autant que les autres.
Si , malgré ces éléments contraires , l'on est parvenu aux résultats ^ peuplement
des eauj
exposés, n'est-on pas en droit d'affirmer que le peuplement des eaux publiques et privées publiques et privées de la FVance par la pisciculture artificielle, posé à a^eilTest rSoîn l'état de problème il y a dix ans , se trouve aujourd'hui résolu en prin- ®" principe. cipe, et que dans un temps relativement peu éloigné, il pourrait l'être complètement.
ictiM iidirecte de réUblissemat de Hiiiii||De m h piscicnltore et le pevpleieit des eau pibliqaes et priTées.
Jusqu'à présent Ton n'a envisagé rétablissement de Huningue que sous le rapport de son action directe. On a vu comment il a été construit, de quelle manière il fonctionne pour ses approvisionnements et ses distributions , ce que deviennent ses produits.
Son influence ne s'est pourtant pas bornée au rôle qui lui a été assigné.
Incomplètement apprécié dans l'origine , assujetti comme toutes les innovations à des vicissitudes qui ont arrêté son essor, il a peu à peu surmonté les difficultés qui l'entouraient, et mieux connu en France ainsi qu'à l'étranger, il a exercé indirectement une autre sorte d action qui a fait progresser la pisciculture bien autrement que la mise à Veau de ses poissons.
Mouvement C'cst qu'cu effet à la pisciculture se lie une question d'économie so-
™ssement ciâlc qui ne saurait demeurer stationnaire. L'établissement de Hu-
^*fiStatk>^^* ningue, par l'intermédiaire du savant qui a présidé à sa formation, a
de cet établissement soulevé uuc agitation pacifique qui ne touche pas à son terme. Tous
et à l'étijanger. les pays Ont voulu Connaître l'établissement français, le faire étudier,
savoir les résultats qu'on pouvait en attendre. D'autres établissements
à l'extérieur et à l'intérieur conçus dans le même esprit que celui de
Huningue, mais dans des proportions beaucoup moindres , ont rayonné
autour de lui , et l'ont secondé dans la dissémination de ses produits
qui sous leur enveloppe modeste ont stimulé la controverse , provoqué
de la p^^tcuJture ^^^ cssais, répandu le. goût de la pisciculture naturelle et artificielle ,
répandu, moutré à bcaucoup de propriétaires qui l'ignoraient un moyen avanta-
améliorations r r r t o j
étudiées. geux d'utiliscr leurs eaux jusqu'alors stériles ou peu productives.
Dans les contrées mêmes où les pêcheries sont le mieux organisées et où les poissons se trouvent en plus grande abondance que chez nous,
l'on a imité l'établissement français, comme par exemple en Suisse et en Bavière, pour repeupler les lacs et les cours d'eau en espèces précieuses. Des sociétés d'acclimatation ou zoologiques en Angleterre , en Autriche, en Prussfe, en Russie, en Italie, en HoUaade ont pris sous leur patronage les essais de pisciculture artificielle, après avoir vu ce qui se faisait chez nous, et en demandant le concours de l'établissement de Huningue. Or , de tout ce travail intellectuel et matériel sortent des idées, des conséquences utiles à la pisciculture.
Parmi les questions soulevées par l'établissement de Huningue, la Réforme législative plus ux^ente est celle de la réforme de quelques dispositions législatives devennf^TéœSe. et réglementaires. Dès 1853 M. Cosle disait à l'Académie que V Administration devrait veiller à V exécution de la loi sur la pêche avec plus de rigueur encore qu'elle n'en met à poursuivre la répression des délits de chasse et adjoindre les gendarmes aux agents chargés d'intervenir dans cette répression.
La correspondance de tous les demandeurs qui ont opéré avec les produits de Huningue offre, depuis huit ans, les éléments d'une enquête permanente sur cette affaire. La plupart de ceux qui ont renoncé à poursuivre leurs expériences ont donné pour motifs les abus du maraudage, l'insuffisance de la pénalité et des moyens de poursuite. Ils ont fait remarquer que le but de l'établissement ne serait atteint qu'autant que la loi sur la pêche serait modifiée. •
Les mesures législatives les plus efficaces parmi celles indiquées se- Dispositions légisiaraieni: la défense du colportage des diverses espèces pendant les in ter- ^^^^ ^ '*"* ^ . valles de temps où la pêche est interdite à cause du frai; la désignation, pour aidera la poursuite des délits, du personnel chargé des mêmes attributions au sujet de la chasse.
D'autres moyens plus particulièrement réglementaires sont proposés, Dispositions régietels que d'empêcher de barrer le cours entier des fleuves et rivières par à sanctionner. les filets au moment de la migration des espèces, d'entretenir, pendant les saisons du frai, un courant continu, praticable aux poissons pour franchir les chutes destinées à la navigation ou aux usines, d'interdire dans les contrées industrielles le jet, dans les cours d'eau, de certains résidus de matières tinctoriales contenant des substances toxiques.
Perfectionnement La législatioo et la réglementation sur la pêche fluviale varient beaulégisiation Wdiée coup d un pays à Tautre-, et nous aurions à gagner en appliquant quelà létranger. ques-unes des conditions en vigueur à l'étranger, tout comme à l'étranger il s'est opéré un mouvement d'études pour perfectionner les lois existantes. On sait que l'Angleterre cherche à rendre son code plus efficace, en profitant de l'exemple de l'Ecosse. En Prusse l'on élabore un projet pour les provinces rhénanes. La Russie possède une série d'ukases destinés à empêcher la destruction des poissons parla pêche. L'un d'eux a interdit, déjà en 1803, la fermeture par les filets d'une trop grande étendue des embouchures du Volga, tandis qu'on n'a pas encore obtenu une mesure analogue en Hollande, à l'égard du Rhin, ni en France sur nos fleuves.
Commencement Les échelles miscs en pratique en Ecosse et en Irlande pour favoriser en France de la me- la remoute du saumou, et tant recommandées par M. Coste, ont reçu ^"rrem'onte * uu Commencement d'exécution en France, sur le Tarn, et se propagedu saumon. ^^^^ nécessairement très-vite.
^A^^nf * "^^"f^'^ ^^^ règlements d'usines qui, pour tous les cours d'eau sans exception, veur de la repro- n'ont cncorc rien prévu dans l'intérêt de la reproduction des poissons, u n u P°'^®°* pgyvent être aisément complétés sous ce rapport.
Surveillance En attendant que les améliorations lancées dans le champ de la dis-
%iL^ctive dans"^ cussiou par l'établissement de Huningue se réalisent, les sociétés s'oc-
piusicors^départe- dupant de pisciculturc ont, dans plusieurs départements, fixé l'attention
bienveillante de l'autorité sur les moyens de rendre la surveillance plus
active contre les délits de pêche, et un progrès a été accompli dans ce
sens.
Mesures De SOU côté, l' Administration des forêts, vivement aiguillonnée, est
pari'AdmTnilt^ration entrée en 1860 dans une voie propre à faciliter le repeuplement des des forêts. ^3^^, en invitant son personnel à s'occuper davantage de la pisciculture naturelle et artificielle, et en distribuant une instruction imprimée qui a développé de nombreux essais. L'établissement de Huningue a, dans cette circonstance, secondé de tous sesmoyens l'Administration des forêts; il a fait un bon accueil, et dans un rang spécial, à toutes les de mandes qui lui sont parvenues des conservations et des inspections.
Enfin , pour régulariser et activer l'œuvre du repeuplement entre- ^u ao^^avrinses prise depuis dix ans par le Gouvernement, un décret du 30 avril 1862 confiant la police et a confié à l'Administration des ponts et chaussées la surveillance, la de la pêche de tous police et l'exploitation de la pêche dans tous les cours d'eau sans ex- ^ rlciSfrailon ception, et delà sorte le même personnel coopérera & l'aménagement, et^chaussées à l'entretien, à la réglementation et à l'exploitation des eaux, ainsi pour appliquer
, ji . . 1 r . sur une plus vaste
que des produits qui en denvent. échelle les procédés
. En dehors de la sphère d'activité qui lui avait été tracée en ^e repeuplement. 1852, J'élablissement de Huningue a donc pris une part indirecte au mouvement général qui s'est opéré dans la pisciculture et dans les questions de repeuplement des eaux. C'est là un titre qui, ajouté aux services directs déjà rendus, doit le fortifier.
Résuié et cMduin.
Les explications données sur l'établissement de pisciculture de Huningue peuvent être résumées ainsi :
La fondation de l'établissement a été décidée en 1852 pour coopérer au repeuplement des eaux publiques et privées de la France, paria distribution d'œufs fécondés et d'alevins des espèces estimées.
A l'idée primitive esquissée dans des conditions trop simples et trop restreintes, a succédé, en 1854, un projet répondant aux besoins alors prévus, mais qui, à peine exécuté dans les parties essentielles, a exigé à son tour, à dater de 1858, un agrandissement et des améliorations largement couvertes par le produit utile des quatre seules années subséquentes.
Les opérations d'approvisionnement , de manipulation et de distribution gratuite des œufs fécondés, à titre d'encouragement, ont pris une grande extension et se sont beaucoup perfectiojinées dans les dernières années.
Pour les espèces de poissons traitées jusqu'à ce jour, l'on a réparti le travail en deux campagnes qui se succèdent sans interruption , Tune d'hiver, dite normale, dont la pratique a constaté le succès et traitée sur une grande échelle, l'autre de printemps, dite d'essais, offrant d'assez grandes diflScultés et restreinte à de faibles proportions.
La distribution des œufs fécondés est le but principal actuel, la distribution des alevins n'est commencée que depuis deux ans comme expérience.
L'Administration a appelé le concours des particuliers pour remploi de ses produits, dont elle n'a disposé directement elle-même qu'à de rares exceptions.
Lès efforts privés ont parfaitement secondé le Gouvernement ; les
produits ont été répartis dans presque tous les départements français et dans beaucoup de pays étrangers.
Les résultats relatifs au transport et à l'éclosion des œufs, ainsi qu'à Falevinage, sont très-satisfaisants. Ils peuvent être évalués approximativement à un tiers de poissons vivants, relativement à la quantité d'œufs récoltés.
Uemploi des poissons a eu lieu de manière à poursuivre simultanément l'élevage dans des espaces clos, et le peuplement des cours d'eau, Jacs ,. étangs et réservoirs de grandes dimensions.
Au bout de quelques années seulement on a déjà reconnu l'efficacité des moyens pratiqués. La croissance des poissons dans les bassins fermés, leur acclimatation dans les eaux courantes se trouvent affirmées par de nombreux témoignages.
Indépendanunent des particuliers qui opèrent isolément, des établissements locaux se sont formés avec l'assistance et le patronage de quelques départements , de quelques villes, et de plusieurs sociétés de pisciculture, d'acclimatation ou de sciences ; le nombre de ces établissements a rapidement augmenté.
L'établissement de Huningue a exercé une influence marquée nonseulement en France, mais à l'étranger, en propageant le goût de la pisciculture, en faisant étudier la question économique du peuplement de toutes les eaux, en appelant l'attention sur les perfectionnements devenus indispensables dans la législation de la pêche et dans la réglementation des cours d'eau.
L'œuvre commencée est en bonne voie; elle a simplement besoin d'être affermie et développée.
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