Ecole primaire gratuite
A Boulaq.—RÉSIDENCE: paroisse : aumônerie des religieuses Franciscaines.
A Mansourah.— RÉSIDENCE : paroisse : etc.
A Damiette.— RÉSIDENCE: paroisse : école :
aumônerie des religieuses Franciscaines.
Fe. : EME LE LONG DU CANAL MARITIME.
A Port-Said.—RÉSIDENCE (sur la Méditerranée) : paroisse (de 4 à 5,000 âmes) : école primaire pour les garcons: aumônerie de l’établisse-
su ment des religieuses du Bon-Pasteur et de l’'H6- ” pital-Général qu’elles desservent.
A Ismailia (au centre de l’Isthme). “hé DENCE : paroisse : école primaire pour les garçons, es aumônerie des religieuses Franciscaines.
). A Suez (sur la mer Rouge).— RESIDENCE : pai- roisse : école primaire : aumônerie de l’établisse- : ment des religieuses du Bon-Pasteur et de l’'HÔvi pital-Général qu’elles desservent.
Cette longue liste qui mentionne le service et l'entretien de plus de quarante sanctuaires, de e trente-huit paroisses et de près d’une quarantaine
d'écoles, orphelinats etc. etc. fait assez deviner que pour une si vaste administration, 1l faut des sommes relativement considérables. Or, à l’exception des grandes paroisses de l'Egypte qui se
< - suffisent à peu près à elles-mêmes, toutes les autres sont généralement pauvres et n’offrent aucun revenu, de sorte que c’est uniquement avec l'obole de la quête du Vendredi-Saint que nous
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les scutenons et que nous les conservons ainsi à l'église catholique.
Toutefois, une réflexion pourra assez facilement se présenter ici au lecteur attentif; il pourra se dire, par exemple: puisque ces places-là sont si pauvres, pourquoi n'y crée-t-on pas quelque industrie, et pourquoi, surtout, ne s’y met-on pas à cultiver la terre ?
Des personnes (d’ailleurs) bien intentionnées, mais trop précipitées dans leur jugement, nous ont fait directement le reproche de maiutenir ainsi, avec les aumônes des fidèles d'Occident, dans une regrettable oisiveté, toutes ces populations déjà si indolentes de l'Orient.
Ce reproche est aussi grave qu’il est peu mérité ; c'est nourquoi le lecteur bienveiïllant nous pardonnera d'y répondre ici d’une manière très sommaire, et à titre de simple éclaircissement. Créer quelque industrie nouvelle. Est-ce donc chose si facile, est-ce possible même dans les circonstances exceptionnelles où se trouvent actuellement placées nos pauvres populations latines, en Orient ?
Le peu d'industrie qui se trouve dans ce pays de désolation, appartient tout naturellement aux Musulmans, les Maîtres de ces contrées : il se trouve ensuite entre les mains des Schismatiques qui ont incomparablement plus de ressources que nous, Si nos Catholiques Latins voulaient, au préjudice de leur Foi réclamer les faveurs des
Tures ou des Grecs, ceux-ci fourniraient avec empressement à tous leurs besoins. Mais comme, grâces à Dieu, nos Latins veulent conserver la foi de leurs Pères, . ils restent dans leur médiocrité, nos ressources trop restreintes ne nous ayant pas permis, jusqu’à cette heurs, de créer pour eux des industries nouvelles. Quant à la culture de la terre, il faut bien s'entendre auparavant. Si cela s'adresse aux Latins de Jérusalem, qui sont de beaucoup les plus pauvres, l’on doit se rappeler que la Ville Sainte est assise au milieu d’une chaîne de montagnes rocheuses et stériles et qu'elles n’ont, ces montagnes, pour fertiliser de çà et de là les rares vallons qu’elles renferment, que la pluie du ciel qui tombe seulement en hiver et qui laisse durant les huit ou neuf autres mois de l’année, toute cette nature désolée sous les rayons brûlants d’un soleil qui la dévore. La culture, au moins sur une vaste échelle, n’y est donc pas possible, Il faudrait faire déserter la ville et en transporter la population dans la plaine. Cela pourra peut-être se faire peu à peu, nous en avons le plus vif désir, avec un ferme motif d'espérance : mais, l'on ne doit pas se le dissimuler, ce sera une œuvre difficile et qui demandera du temps, œuvre dont nousréservons les prémisses à des colons Canadiens,
si Diew daigne bénir notre entreprise, et qui eût été “absolument. impraticable par le passé,. par manque.de sécuxité.et.à cause d’une foule d’autres
obstacles qu’il serait inutile d'énumérer ici. Que le lecteur juge d’après cela si nous méritons réellement le reproche de maintenir ces pauvres Latins de Jérusalem dans une regrettable oisiveté.
Veut-on parler de Bethléem? Mais alors le reproche tombe encore plus complètement à faux, et 1l faudrait plus jue l'ignorance pour le formuler ; car l’activité de nos Bethlémitains est devenue proverbiale. C’est un petit peuple singulièrement industrieux et qui vit avec une économie et une sobriété extrêmes. Nous le soutenons de notre mieux et nous l’encourageons de toutes nos forces, et nous avons la consolation d'y voir beaucoup moins de nécessiteux qu'à Jérusalem, la ville de la tristesse et de la pauvreté.
Ces quelques considérations sur Bethléem et sur Jérusalem s'appliquent, proportion gardée, à toutes les autres paroisses de la Terre-Sainte, et elles sont suffisantes, croyons-nous, pour convaincre tout lecteur impartial de la trop grande sévérité du reproche formulé plus haut contre nous.
Ici, bienveillants lecteurs, se place un autre reproche à notre humble avis, encore plus grave que celui qui précède: nous avons été accusés (Dieu le permet ainsi pour notre plus grand bien !) d’être mauvais administraieurs, et par conséquent de mal employer les offrandes des fidèles ! Aux personnes qui l'ont fait avec une étourderie que l’ignorance seule explique, nous avons le déplaisir de
devoir répondre que ce reproche, tel que formulé, s'adresse non à nous, mais directement à la Sacrée Congrégation de la Propagande: car c’est cette Congrégation qui nous dirige, qui revise tous nos comptes en les contrôlant jusqu’au dernier cent et qui, de cette manière, autorise et très généralement ordonne les entreprises que nous devons faire et les dépenses qu’elles doivent nécessairement entrainer, Siréellement nous méritions ce reproche, est-ce que la Cour Romaine tolérerait un tel abus depuis siæ siècles qu’elle nous dirige ? Cependant ce préjugé existe, et nous le disons ici à notre propre confusion, nous le partagions nous-même, avant notre entrée en charge, comme vicaire de la Custodie de Terre-Sainte. Heureusement depuis il nous à is possible de ramener insensiblement le public à un jugement moins défavorable en l’appelant lui-même comme examinateur et comme juge dans toutes nos principales entreprises : c’est ce que nous fimes entre autre tout dernièrement,
pour une des plus importantes. Chargé au nom du ?
Conseil de Terre-Sainte, de la direction des travaux de la nouvelle église paroissiale de Bethléem, attenante à l’Auguste Sanctuaire, nous appelâmes après plusieurs mois d’un immense travail de fouilles et de déblais, et lorsque déjà sortaient de terre les fondations qui atteignent à certains endroits une profondeur de vingt-cinq à trente pieds, nous appelâmes une personne des plus
entendues en ces sortes d'ouvrages, et nous la priâmes au nom de tous, de dire, sans parti pris, à quelle somme elle évaluait la dépense déjà faite pour les susdits travaux (y compris également une grande quantité de belles pierres déjà taillées pour Les pilastres).—Au moins huit mille piastres ditelle, et ce ne scrait pas trop cher !—Or, notre dépense n’arrivait pas même à trois mille | Aussi personne ne voulut y croire; mais les chiffres étaient là, il fallait bien se rendre à leur témoignage.
Nous sommes entrés dans ces détails pour mettre en garde nos Bienfaiteurs du Canada contre certains dires, qui, malgré tout, courent encore le monde et qu'il leur serait trop pénible d'entendre s'ils devaient les croire réellement fondés.
Le bon Dieu qui lit au fond des cœurs Deus autem intuetur cor, daïignera, nous en avons la plus douce espérance, faire accueillir par les populations canadiennes la sincérité de notre témoignage, avec la même bienveillance et la même sÿmpathie qu’elles accueillaient naguère notre humble personne, et sa Providence toujours si miséricordieuse ne permettra pas que leur offrande si généreuse soit jamais mal employée, ni qu’elles soient privées des grands avantages spirituels que la sainte Eglise
‘ur accorde en retour de leur aumôûne et dont nous ons dire un mot, maintenant, dans cetté 8e partie du présent opuscule.